Accueil
Nos derniers articles
Salle de redaction
Jeux gratuits
Flash special
Histoires à suivre
Jeux Olympiques de Pékin 2008
Violences et propagande Made in China
9 Commentaires sur le Parti communiste
Camps et trafic d'organes en Chine
Shen Yun Celebration du Nouvel An chinois
Gao Zhisheng
Instant terrestre
Culture chinoise traditionnelle
VIDEOS - 9 commentaires sur le Parti communiste
Archives
Divine Performing Arts
Voyage



New Tang Dynasty Television

Radio Son de l'espoir

Powered by  MyPagerank.Net

RSS Newsfeed

Monitor website

Accueil arrow Asie arrow Shanghai, mon amour ou la face obscure de l'économie chinoise
Shanghai, mon amour ou la face obscure de l'économie chinoise Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
24-04-2007

 

La publication d’un article sur les dangers d’investir en Chine a entraîné la censure complète d’un site Internet étranger par le gouvernement chinois. L’auteur de l’article, Didier Heiderich, est spécialiste de la communication de crise, enseignant, directeur de la publication du Magazine de la communication de crise et sensible et auteur du livre Rumeur sur Internet. Enfin, il est le président de l’Observatoire international des crises (OIC), association basée en France qui fait le lien entre les travaux des chercheurs et la société civile.

Son article écrit en français, intitulé Shanghai, mon amour, a été repéré par les censeurs du régime communiste chinois qui ont mis le site Internet du magazine de l’OIC sur la liste noire. M. Heiderich a répondu aux questions de La Grande Époque.

Une femme porte un masque en raison de l’intense pollution à Shanghai.
Une femme porte un masque en raison de l’intense pollution à Shanghai. Sommes-nous victimes de la pensée unique véhiculée par les médias en ce qui concerne le miracle économique chinois? Le spécialiste Didier Heiderich, président de l’Observatoire international des crises, croit que oui. (China Photos/Getty Images)
 

La Grande Époque (LGÉ) : Pouvez-vous nous présenter l'Observatoire international des crises? Quels sont sa vocation et ses objectifs?

Didier Heiderich (D. H.) : Notre association a pour but d’aider les industriels et les entrepreneurs à comprendre ce qu’est la gestion de crise et la communication de crise. Ses membres ont la double casquette d’enseignant universitaire et de consultant dans le domaine de la gestion et de la communication de crise.

LGÉ : À quel moment avez-vous appris que votre article avait été censuré et que votre site avait été bloqué?

D. H. : On l’a appris par des correspondants en Chine à la fin de février 2007. Reporters sans frontières a vérifié et c’est bien cet article qui est la source du blocage.

LGÉ : Comment en êtes-vous arrivé aux conclusions de cet article? Est-ce que vous avez fait des enquêtes en Chine?

D. H. : Ça vient de gens que j’ai rencontrés qui connaissent bien la Chine et des articles que j’ai lus. Par rapport à cette pensée commune selon laquelle la Chine serait un terrain de jeu extraordinaire pour le libéralisme et pour l’industrie, c’est concomitant à d’autres choses. Entre la situation extraordinaire de la Chine et la situation des droits de l’homme sous le régime actuel, il y a un risque pour tous les industriels de devenir autistes et de refuser de voir tous les petits désagréments qu’il peut y avoir soit en achetant, soit en investissant en Chine. Par rapport à toutes les entreprises en Occident qui parlent toutes de responsabilité sociale et de responsabilité environnementale, ça montre un décalage considérable entre ce discours qui veut qu’une entreprise soit plus responsable et de l’autre côté oublier totalement cette responsabilité-là, à partir du moment où vous investissez en Chine.

LGÉ : Pourquoi le gouvernement français ne s’aperçoit-il pas de la situation «autistique» de ces entreprises en Chine?

D. H. : Il y a un décalage dans le discours parce que ce que le régime chinois est capable de leur montrer lors de visites à Shanghai est mis en scène et les investisseurs français refusent de voir ce qui est en périphérie, et ce qu’on ne veut pas leur montrer et qui est nettement moins bien. Je dirais que la réalité chinoise est plus complexe, plus difficile, plus dure que ce qu’on imagine. Elle est moins respectueuse des droits de l’homme et de l’environnement que ce qu’ils veulent bien montrer aux investisseurs. Finalement, là où il y a de l’autisme, c’est dans le refus de voir ce qu’il peut y avoir en périphérie.

LGÉ : Pouvez-vous nous dire ce que vous connaissez de cette périphérie?

D. H. : Tout d’abord, il y a la problématique des déplacements massifs de population avec un appauvrissement des paysans qui, pour vouloir survivre, acceptent de travailler dans les grandes villes dans des conditions de travail extrêmement difficiles, qui sont très loin du minimum du Bureau international du travail. C’est la pollution et la désertification qui continuent à avancer, ce sont toutes les difficultés que vont rencontrer ceux qui vont travailler dans des usines qui travaillent pour des Occidentaux, c’est la pénibilité du travail, ce sont des conditions qui sont totalement inacceptables.

LGÉ : Quelle est votre motivation?

D. H. : Ma motivation vient du fait de vouloir prévenir [les industriels et les entrepreneurs] qu’une pensée commune aussi forte et fermée est une erreur. Et de croire qu’en acceptant une part du capitalisme, la Chine deviendra plus démocratique, je pense que c’est totalement faux. Je pense que c’est une erreur de ne pas contester, de ne pas dénoncer ce régime-là en espérant obtenir des marchés importants pour nos grandes entreprises.

LGÉ : Économiquement, ce n’est pas sûr que ce soit profitable pour les Occidentaux.

D. H. : Absolument, je pense que même économiquement c’est une erreur.

LGÉ : Et comment en arrivez-vous à cette conclusion?

D. H. : Parce qu’à un moment donné, qu’on le veuille ou pas, il y a la «morale des affaires». La problématique de la liberté d’expression et des libertés d’une façon générale posera un problème qui finira par toucher très directement les problématiques économiques, ne serait-ce que par le respect du contrat, etc. Il n’y a pas seulement des informations concernant des sujets très sensibles du type dissidence, contestation du régime, etc. qui sont filtrées, mais également l’information de type économique. En travaillant sur la base d’informations qui ne sont pas les vraies ou les bonnes informations, on finit par faire certainement des erreurs d’ordre économique.

LGÉ : Est-ce que vous pensez que, depuis 1989, la nature du régime chinois a changé?

D. H. : La nature n’a pas changé et on n’a pas le droit de cautionner ce régime qui est une dictature. Vous savez, ça choque beaucoup les Français quand je le dis, surtout les industriels qui refusent, qui sont incapables d’entendre autre chose que ce qu’ils ont envie d’entendre. Chaque fois que j’en parle, et j’en parle souvent avec des nouveaux industriels qui ont investi en Chine, ils refusent d’entendre que c’est une dictature. Ils semblent, comme les Chinois le sont, sous l’emprise du régime communiste qui bloque leur compréhension.

 

 


 
< Précédent   Suivant >
Nos derniers articles

Recevez $20 en clicks CADEAUX pour votre publicité !

Recevez $20 en clicks CADEAUX pour votre publicité !

Recevez $20 en clicks CADEAUX pour votre publicité !

Cached by PHP-Hypercacher