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Hitler contre Staline, un mal contre un mal. L'Armée rouge soviétique,
qui avait mis en déroute une partie des armées hitlériennes, peut-elle
être qualifiée de «libératrice», à l'ombre des régimes communistes
d'oppression qui ont terrorisé les populations des pays d'Europe de
l'Est dans la période post-1945?
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La police affronte des émeutiers dans la capitale de l'Estonie, Tallinn. (Raigo Pajula/AFP/Getty Images) |
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Une question historique, mais un débat qui est toujours d’actualité, alors que l’interprétation du passé diffère et que les tensionsentre Moscou et l’Occident ne se sont pas dissipées.
L’Estonie, ancienne république soviétique, est actuellement en pleine tourmente suite à la décision du gouvernement de déplacer hors du centre-ville, le 27 avril dernier, un monument érigé en 1947 comprenant une statue de bronze représentant un soldat de l’Armée rouge. Pour Moscou et une partie de la population estonienne, surtout les russophones qui sont arrivés durant la période communiste et qui comptent pour le quart de la population du pays de 1,3 million d’habitants, la statue du soldat est à l’honneur des braves hommes ayant combattu le fascisme durant la Seconde Guerre mondiale.
Pour l’autre partie de la population, le monument ne représente que l’annexion forcée de leur pays en 1940 par l’Armée rouge et un demi-siècle d’occupation soviétique.
Depuis sa libération en 1991, avec l’effondrement du bloc soviétique et le retrait des troupes russes en 1994, l’Estonie a marché vers la démocratie et s’est jointe à l’Union européenne et l’OTAN en 2004. Ce penchant vers l’Occident pour les anciennes républiques demeure un irritant pour Moscou, particulièrement sous le régime du président russe, Vladimir Poutine, qui cherche à maintenir sa zone d’influence d’autrefois.
Les tensions entre Tallinn et Moscou sont amplifiées par une question d’ethnicité et de citoyenneté, la Russie accusant l’Estonie de ne pas respecter les droits de la minorité russe sur son territoire.
La réponse de la classe politique russe au déplacement du monument a été virulente. Sergeï Mironov, président du Conseil russe de la fédération, a proposé aux sénateurs une résolution visant à rompre tous liens diplomatiques avec l’Estonie. La proposition a été acceptée à l’unanimité.
Poutine a, quant à lui, fait part de ses «vives inquiétudes» à la chancelière allemande, Angela Merkel, qui est actuellement à la présidence de l’Union européenne. «Vladimir Poutine a exprimé sa plus vive inquiétude sur le déroulement dramatique des événements à Tallinn après les actions entreprises par les autorités estoniennes pour le démontage du monument», a indiqué à l'AFP le Kremlin.
Mme Merkel aurait tenté de calmer le jeu. Selon un communiqué du gouvernement allemand, «Angela Merkel a téléphoné au premier ministre [estonien], Andrus Ansip, et au président russe, Vladimir Poutine. La chancelière a appelé à la retenue et à éviter toute escalade.»
Le monument à l’honneur du soldat de l’Armée rouge aurait été déplacé pour procéder à une excavation des lieux pour déterminer si des soldats y étaient enterrés afin de les déplacer dans un cimetière et pour empêcher l’escalade d’un conflit déjà palpable entre les nationalistes estoniens et russes. Mais son retrait effectif a été, pour les jeunes pro-Moscou, l’insulte finale ou l’excuse idéale les poussant à l’émeute. Durant la fin de semaine, des centaines d’arrestations ont été effectuées et plusieurs blessés ont été recensés suite aux violents affrontements comprenant canons à eau, balle de plastique et cocktails molotovs. De nombreux commerces et établissements ont été pillés.
Le président estonien, Toomas Hendrik Ilves, a qualifié les troubles de «pillage, bagarres et vols». «C'était un crime et ceux qui y ont participé sont des criminels», a-t-il déclaré à la télévision publique. «Les criminels qui ont frappé la nuit dernière n'étaient pas unis par leur nationalité mais par la volonté de troubler, démolir et voler. Cela n'a rien à voir avec la paix d'une sépulture ou la préservation de la mémoire de ceux qui sont morts pendant la Deuxième Guerre mondiale» a-t-il ajouté.
Moscou a pour sa part accusé Tallinn d’«avoir recouru de manière excessive à la force contre des manifestants qui défendaient un mémorial dédié à ceux qui ont combattu le fascisme».
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