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Découvertes le 10 mars 1535 par le frère Tomás de Berlanga, alors évêque de Panamá, les îles servent (au 17ème et 18ème siècle) de refuge aux pirates et aux boucaniers qui s’y ravitaillent en eau et en tortues géantes. Ces dernières sont embarquées sur les navires pour y être consommés ! Avant cette razzia, les tortues terrestres ne comptaient pas moins d’un demi million de spécimen. Même si l’emblème local est désormais protégé par les conventions internationales, trois des quatorze sous-espèces ont disparu et on n’en dénombrerait plus qu’une quinzaine de milliers.
Les Espagnols découvrent une similitude entre la carapace relevée à l’avant de la tortue géante et la selle de leur monture. C’est alors qu’ils nomment les îles "Galápagos", ce qui veut dire à la fois tortue et selle en espagnol.
Avec l’arrivée des chasseurs de baleines, la faune et la flore vont payer un lourd tribut à l’homme. En s’installant durablement sur l’archipel, ce dernier introduit des espèces nuisibles dans un milieu déjà fragilisé. La prédation des chèvres, des chiens, des rats ou encore des lapins entraîne un tel préjudice que des espèces locales s’éteignent irrémédiablement. On peut parler de génocide environnemental.
Mais c’est en partie grâce à un jeune naturaliste, du nom de Charles Darwin, que l’archipel obtient ses premières lettres de noblesse.
Le voyage à bord du Beagle, entre 1831 et 1836, va fournir au jeune homme curieux mais sans théorie préconçue sur la vie, son origine et son devenir, les faits et les situations qui lui permettront de s’interroger sur les préjugés de son temps puis de mûrir des idées qui vont révolutionner le monde de la science.
Son travail lui a valu de violentes critiques émanant du clergé. L’élaboration de la théorie de l’évolution constitue la grande révolution de la pensée scientifique du 19ème siècle et bouleverse totalement la représentation que l’homme se faisait de lui-même. Jusqu'à notre époque, les recherches dans ce domaine n’ont cessé de progresser, remettant en cause certains principes originels, tout comme n’ont jamais cessé les débats sur les interprétations philosophiques de la théorie scientifique.
La flore et plus particulièrement la faune y sont uniques : tortues géantes, fous à pattes bleues ou fous masqués, cormorans aptères, iguanes marins et terrestres, reptiles endémiques, pinsons de Darwin, baleines à bosses, orques, requins corail… On parle de ces îles comme d’un territoire enchanté ou d'un paradis oublié par le temps, peuplé de créatures uniques au monde. Depuis Charles Darwin, c'est un irremplaçable laboratoire naturel, hélas menacé par les activités humaines.
Texte et Photos de Stéphane Cabaret
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