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Kyoto : Al Gore accuse Ottawa de «tromper» les Canadiens |
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Écrit par Agence France-Presse
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05-05-2007 |
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MONTRÉAL – L'ancien vice-président démocrate américain, Al Gore a accusé le gouvernement canadien de «tromper» la population avec son nouveau plan pour réduire les gaz à effet de serre (GES), une prise de position jugée «regrettable» par Ottawa.
Venu présenter à Toronto Une vérité qui dérange, son
documentaire sur le réchauffement climatique, M. Gore a vivement
critiqué ce plan présenté, le 26 avril dernier, par le ministre
canadien de l'Environnement, John Baird.
Le plan d'Ottawa vise à réduire les émissions du pays de 20 % ou 150
mégatonnes d'ici 2020 par rapport à leur niveau de 2006, plutôt que
1990, année de référence du protocole de Kyoto.
M. Gore a critiqué le fait qu'il ne contient pas d'objectifs absolus de
réduction des émissions, mais vise une simple diminution de leur
«intensité».
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Al Gore, ancien vice-président américain devenu militant écologiste. (Evan Agostini/Getty Images) |
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Les écologistes canadiens ont déjà fait savoir que si l'on diminue les
émissions de GES pour produire un baril de pétrole par exemple, cela
n'empêche pas d'augmenter le nombre de barils.
«On me dit qu'une réduction de l'intensité [des émissions] va être présentée aux Canadiens comme une politique légitime. À mon avis, c'est une tromperie sur toute la ligne. Cela a pour but de tromper le peuple canadien», a déclaré M. Gore, tout en se défendant de vouloir s'ingérer dans les affaires canadiennes.
Le ministre canadien a jugé dans un communiqué «regrettable que M. Gore ait décidé de se prononcer sur notre plan avant même d'avoir été informé de son contenu».
«Il est difficile de se faire critiquer par quelqu'un qui aime bien parler de changements climatiques, mais qui n'a jamais soumis le protocole de Kyoto à un vote au Sénat des États-Unis», a-t-il ajouté.
M. Baird s'est dit «prêt à rencontrer M. Gore n'importe quand pour discuter de la menace que posent les changements climatiques» ainsi que du plan du Canada.
Auparavant, Greenpeace Canada, branche de l'organisation écologiste internationale, avait estimé que la prise de position de M. Gore est «inquiétante pour le Canada», «désolante pour notre image» et «affligeante pour tous les Canadiens qui veulent que l'on respecte nos engagements internationaux».
En vertu du protocole, le Canada devrait réduire de 6 %, d'ici 2012, ses émissions de GES par rapport à leur niveau de 1990, alors qu'elles ont au contraire augmenté de quelque 30 %.
M. Baird a réaffirmé, le 26 avril, que le Canada ne pourrait atteindre les objectifs fixés par le protocole de Kyoto, signé en 1997 par un précédent gouvernement. |
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