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«Après l'élection de Sarkozy, je m'attends à une clarification rapide
du traité de l'UE», a lancé le premier ministre libéral danois, Anders
Fogh Rasmussen, et son homologue belge, le libéral flamand Guy
Verhofstadt, a invité le président élu français à se rendre à Bruxelles
«le plus rapidement possible».
«J'ai l'espoir de pouvoir travailler avec lui à une Europe où les gens
se font confiance», a commenté le premier ministre chrétien démocrate
néerlandais, Jan Peter Balkenende.
La France et les Pays Bas ont rejeté, par référendum, le projet de
constitution européenne, plongeant l'Union européenne dans une grave
crise.
Les dirigeants européens de gauche ont également salué la victoire du candidat de la droite française.
Nicolas Sarkozy incarne «une droite ouverte et moderne capable de
canaliser les désirs de changement d'un pays appelé à retrouver sa
confiance en lui et à continuer à faire partie de la locomotive de
l'Europe», a ainsi déclaré le chef du gouvernement socialiste espagnol,
José Luis Rodriguez Zapatero.
«Mon pays, son gouvernement et moi continuerons à considérer la France
comme un allié central», a pour sa part assuré Romano Prodi, le chef du
gouvernement de centre-gauche italien.
Nicolas Sarkozy a assuré les États-Unis de l'amitié de la France, mais
leur a demandé «d'accepter que des amis puissent penser différemment»
et les a invités à ne «pas faire obstacle à la lutte contre le
réchauffement climatique».
De nombreux messages de félicitations sont également arrivés du Proche-Orient et du continent africain.
«Je suis convaincu que notre coopération sera fructueuse et que nous
pourrons oeuvrer à une politique de paix dans notre région», a affirmé
le premier ministre israélien, Ehud Olmert.
Le président égyptien, Hosni Moubarak, a quant à lui assuré M. Sarkozy
de la «poursuite de l'excellence de la relation franco-égyptienne».
Réactions dans la rue
À l'annonce des résultats, des militants UMP, en majorité des jeunes,
ont hurlé de joie, sauté en l'air, applaudi, puis se sont embrassés, à
la Concorde. Quelque 30 000 partisans de Nicolas Sarkozy fêtaient,
dimanche soir, place de la Concorde la victoire à la présidentielle du
candidat UMP, qui est resté dans un restaurant de luxe des
Champs-Élysées jusqu'à 22 h 55, tandis que des heurts ont eu lieu à la
Bastille et en province.
Si l'ouest de Paris semblait triompher, à l'est en revanche, désarroi et colère étaient visibles.
Les forces de l'ordre ont chargé à coups de grenades lacrymogènes,
dimanche soir, place de la Bastille à Paris, des manifestants
anti-Sarkozy qui leur lançaient pavés et projectiles.
Tous les accès à la place ont été bouclés par les gendarmes mobiles et
les CRS en tenue anti-émeutes, qui faisaient usage d'un canon à eau peu
après 22 h 30 à l'entrée du boulevard Beaumarchais où étaient
rassemblés les manifestants.
Place de la République, plusieurs centaines de manifestants, dont une
majorité de jeunes et de lycéens, déçus de l'élection de Nicolas
Sarkozy, manifestaient dimanche peu après 23 h 15. Certains arboraient
des autocollants hostiles au président de la République élu ainsi que
des autocollants du Mouvement des jeunes socialistes (MJS).
«La France n'a pas compris le message de ce qui s'est passé en
octobre-novembre 2005 [émeutes]», a réagi pour sa part le président
d'AC le Feu, Mohamed Mechmache, à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).
Le collectif a néanmoins appelé les banlieues à ne pas «répondre par la
violence» à la victoire de Nicolas Sarkozy, alors que plusieurs
dizaines de voitures ont été brûlées, notamment dans le Val-de-Marne et
dans le Val-d'Oise.
Des conteneurs à poubelles et plusieurs véhicules ont été incendiés et
des projectiles ont été lancés par des jeunes sur les forces de l'ordre
également en Seine-et-Marne.
En province, à Toulouse, environ 2500 personnes, selon des
journalistes, 1000 à 1200 selon la police, surtout des jeunes, ont
manifesté dimanche soir leur hostilité à Nicolas Sarkozy, tandis que
des incidents éclataient dans le centre-ville.
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