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Accueil arrow Economie arrow Chavez propose la création de la Banque du Sud
Chavez propose la création de la Banque du Sud Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
09-05-2007
CARACAS – Le président vénézuélien, Hugo Chavez, a annoncé à grand fracas tout récemment la sortie de son pays du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale pour créer une Banque du Sud, censée être plus juste et adaptée aux réalités des pays de la région.

«Quel besoin avons-nous de la Banque mondiale ou du FMI? Absolument aucun. Nous allons créer notre propre banque et y déposerons nos réserves. Nous devons briser les chaînes imposées par le Nord, par ces institutions créées pour dominer le monde», a affirmé Chavez, en annonçant en début de semaine la sortie du système FMI/BM.

Fort des énormes recettes générées par le pétrole, M. Chavez propose l'idée d'une Banque du Sud, comme alternative à FMI et BM. Son allié, le président équatorien et économiste, Rafael Correa, lui a fait écho, ajoutant l'idée d'un Fonds du Sud.

«Il s'agit d'une réponse politique au Fonds monétaire international qui a été un désastre pour les pays du tiers monde et l'homme de main des créanciers», a-t-il estimé.

M. Correa a récemment expulsé le représentant de la Banque mondiale à Quito, Eduardo Somensatto, qu'il a accusé de «chantage». Ex-ministre de l'Économie, M. Correa s'est engagé en janvier dernier à renégocier l'énorme dette extérieure de son pays.

Selon M. Correa, le Fonds du Sud pourrait fédérer les réserves monétaires de la région et offrir son appui avec des financements de court terme aux pays traversant des crises.

La Banque du Sud, projet lancé par M. Chavez il y a environ un an, devrait voir le jour d'ici juin avec des capitaux apportés par l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, l’Équateur, le Paraguay et le Venezuela, ont décidé cette semaine à Quito les ministres de l'Économie et des Finances de ces pays.

L'organisme, qui aura surtout pour rôle de soutenir des projets de développement et d'infrastructures, veut «reconstruire depuis le bas l'architecture financière internationale», a indiqué à l'AFP l'économiste Tobias Nobrega, ex-ministre des Finances de M. Chavez.

«Il ne s'agit pas que d'une question bancaire et financière mais d'un choix de société : il s'agit d'approfondir de manière radicale l'implantation d'un système socialiste», a renchéri Emeterio Gomez, également économiste.

Depuis avril, le Venezuela a remboursé toutes ses dettes à la BM et au FMI. C'est le cas aussi d'autres grands pays de la région comme l'Argentine et le Brésil.

Pourtant, selon l'économiste José Guerra, «le Venezuela est l'un des pays latino-américains où le FMI a eu le moins de poids sur la conception des politiques économiques».

Le Venezuela était membre du FMI depuis 1945 et seulement pendant deux ans (1989/90), il a suivi un programme mis en place par l'institution en contrepartie d'un crédit de 3 milliards de dollars.

Selon M. Guerra, la sortie du Venezuela du FMI n'aura pas d'impact important à court terme, car le Venezuela traverse une période de forte croissance et le Fonds monétaire «est un organisme qui a perdu beaucoup de son prestige surtout depuis les crises asiatique et argentine».

En revanche, la sortie de la Banque mondiale «ferme une voie de financement qui pourrait être utile au pays à un certain moment», a-t-il estimé.

En outre, cela peut rendre plus difficile l'obtention de crédits accordés par des banques étrangères et le placement d'obligations vénézuéliennes sur les marchés internationaux, selon certains spécialistes.

Dans l'immédiat, l'économiste Nobrega ne voit pas de danger de ce type car, «en raison d'un énorme excès de liquidités, les investisseurs sont avides de titres à haut rendement» et parce que «les obligations de pays émergents sont un bien rare».





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