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MONTRÉAL – Pauline Marois, favorite et seule candidate en lice actuellement pour la direction du Parti québécois, a appelé, le 13 mai dernier, à «rompre avec le piège» consistant à tout miser sur l'organisation d'un référendum pour réaliser la souveraineté du Québec.
«Le Parti québécois doit rompre avec le piège d'échéanciers ou d'obligations référendaires, il faut arrêter la fuite en avant», a affirmé Mme Marois lors d'une conférence de presse organisée pour annoncer officiellement sa candidature à la direction du parti.
Il faut, a-t-elle insisté, «mettre de côté l'échéancier référendaire pour travailler sur le projet de pays» et «écouter la façon dont les gens le voient».
«Si on me choisit comme chef de ce parti, c'est aussi cette orientation-là qu'on choisit», a indiqué Mme Marois, qui avait annoncé sa candidature le 11 mai.
Elle est actuellement seule dans la course après le retrait, le 12 mai, de Gilles Duceppe, chef du Bloc québécois.
La direction du Parti québécois est vacante depuis la démission d'André Boisclair le 8 mai. Celui-ci avait jeté l'éponge face aux critiques de plus en plus insistantes après le revers cuisant subi par son parti aux élections législatives du 26 mars dernier, où il a réalisé son pire score depuis plus de 30 ans.
Analysant la défaite de son parti, Mme Marois a déclaré : «Les Québécois ne nous ont pas dit qu'ils étaient contre la souveraineté, mais ils nous ont dit qu'ils n'étaient pas prêts maintenant à tenir un référendum.»
Tout en réaffirmant que les deux piliers du PQ étaient la souveraineté et la social-démocratie, la candidate a appelé à «renouveler l'approche» du parti et à favoriser «un immense travail d'écoute» des Québécois.
De nombreux observateurs expliquaient la défaite du PQ au dernier scrutin par un trop grand éloignement des préoccupations des électeurs et par le manque de charisme de son chef, André Boisclair.
Considérée comme la femme politique la plus expérimentée du Québec, Mme Marois, 58 ans, avait été battue par M. Boisclair dans la course à la direction de la formation en novembre 2005 et avait officiellement quitté la politique en mars 2006. Ce sera sa troisième tentative pour diriger le PQ.
Gilles Duceppe, 59 ans, avait annoncé sa candidature à la direction du Parti québécois le 11 mai. Mais il l'a retirée, le lendemain, après avoir pris la mesure de l'ampleur du soutien dont dispose Mme Marois et pour ne pas diviser les souverainistes. Il s'est rallié à Mme Marois, ainsi que de nombreux autres ténors du parti.
À la suite de l'annonce du changement à la tête du PQ, un sondage de l'institut CROP, publié le 12 mai, indique que celui-ci remonterait dans les intentions de vote, dépassant de plusieurs points les 28% obtenus au dernier scrutin. Si Pauline Marois se retrouvait à sa direction, 40 % des sondés seraient prêts à appuyer le PQ.
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