«De nombreux pays cherchent des solutions énergétiques dans l'importation alors que les solutions se trouvent parfois au niveau national», a souligné le vice-président d'ONU-Énergie, Gustavo Best, lors d'une conférence de presse de lancement du rapport Énergie durable : un cadre pour les dirigeants.
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Une vieille pompe à gaz sert maintenant à pomper du biodiesel au Biofuel Oasis à Berkeley, dans l’État américain de la Californie. (Justin Sullivan/Getty Images) | |
Gustavo Best a notamment appelé les pays à développer en tout premier
lieu leur savoir sur la question des bioénergies, notamment en termes
de potentialités au niveau national, et à mener des politiques
impliquant à la fois les secteurs de l'énergie et de l'agriculture.
«Chaque décision devra être prise en regard de la complexité des
secteurs de l'énergie et de l'agriculture, c'est là toute la
difficulté», a-t-il insisté.
Pour les agriculteurs, «il y aura des gagnants et des perdants, c'est
une réalité qu'il faudra prendre en considération dans la prise
décision», a-t-il aussi déclaré.
Le rapport aborde neuf questions sur la durabilité liées aux
bioénergies : la pauvreté, le développement agro-industriel, la santé,
l'agriculture, la sécurité alimentaire, le financement, le commerce, la
biodiversité et les changements climatiques.
«La question de l'énergie nous met face à de nombreux défis, nous avons
donc essayé de réunir les différentes perspectives utiles aux preneurs
de décision», a précisé Mats Karlsson, président d'ONU-Énergie,
rappelant que cet organisme avait été mis en place lors de la
conférence de Johannesbourg en 2002 afin de concentrer toutes les
informations du système de l'ONU concernant l'énergie, illustrant la
volonté d'avoir une ONU parlant d'une seule voix.
«L'énergie ne fait pas partie à proprement parler des Objectifs du
Millénaire pour le développement (OMD), mais aucun progrès ne peut être
réalisé vers ces objectifs sans l'énergie», a-t-il souligné.
Alexandre Muller, sous-directeur général de l'Organisation des Nations
Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et responsable du
Département de la gestion des ressources naturelles et de
l'environnement de l'organisation, a rappelé que 1,6 milliard de
personnes n'ont pas accès à l'électricité dans le monde et que 2,4
milliards dépendent de la biomasse traditionnelle, principalement le
pétrole et le charbon, des énergies qui en plus d'être polluantes et
fossiles nécessitent des coupes de bois.
Il a notamment rappelé qu'avec l'augmentation du prix du pétrole, les
50 pays les plus pauvres du monde dépensaient en moyenne six fois plus
en énergie que pour la santé.
«Les bioénergies constituent une énorme opportunité pour avancer mais
il nous faut un cadre politique, pas seulement pour les pays développés
ou en vue d'atténuer les effets du changement climatique, mais pour les
pays pauvres», a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de définir «des
indicateurs internationaux de durabilité».
Dans un communiqué publié il y a deux semaines à Rome, la FAO estimait
que les bioénergies pouvaient devenir le moteur du développement rural
à l'avenir.
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