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BOGOTA – Le président colombien, Alvaro Uribe, a choisi la manière forte en prônant l'option militaire au détriment de la négociation pour libérer les otages des guérilleros des FARC (marxistes), notamment la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.
Le chef de l'État a ordonné, le 18 avril dernier, aux responsables de l'armée de «libérer par les moyens militaires» Ingrid Betancourt ainsi que les trois Américains détenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).
À Paris, le ministère français des Affaires étrangères s'est déclaré «opposé à une action militaire qui risque de mettre en péril la vie des otages».
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Photo prise d’une vidéo montrant les Forces armées révolutionnaires colombiennes (FARC). Le président colombien envisage une opération militaire pour libérer les otages détenus par les rebelles.(AFP/Getty Images) | |
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«Messieurs les généraux, nous allons libérer Ingrid Betancourt et les trois Américains», a déclaré le président Uribe au cours d'une cérémonie en présence de hauts responsables de la police et de l'armée.
«Nous avons l'ordre présidentiel de réaliser les opérations nécessaires» pour libérer les détenus, avait indiqué peu auparavant le commandant des forces militaires colombiennes, le général Freddy Padilla.
Selon le président, «les FARC ne veulent pas d'accord humanitaire, c'est pourquoi nous insistons sur la libération par des moyens militaires». «Ici, il n'y aura pas de petits jeux avec ces bandits des FARC, ici il n'y a pas de zone démilitarisée», a-t-il poursuivi.
En 2005, la France, la Suisse et l'Espagne avaient proposé des négociations à Pradera et à Florida, dans une zone démilitarisée de 480 kilomètres carrés à créer, en vue d'un «échange humanitaire» d'otages contre des guérilleros incarcérés.
Le chef de la diplomatie colombienne, Fernando Araujo, a également durci le ton alors que jusqu'à présent le pouvoir paraissait osciller entre une solution négociée avec la guérilla et une offensive militaire sans dialogue préalable.
Que les otages «profitent de la moindre négligence de leurs geôliers et s'échappent», a lancé M. Araujo après avoir rencontré le sous-officier de la police John Frank Pinchao Blanco, otage pendant près de neuf ans récemment évadé et ancien compagnon de détention d'Ingrid Betancourt.
«J'ai été séquestré pendant six ans avec l'illusion permanente de pouvoir m'échapper ou d'être libéré par l'armée. J'invite tous les séquestrés de Colombie à profiter de cette possibilité», a affirmé le ministre, qui a lui-même fui d'un camp de détention des FARC en janvier dernier.
Selon le policier Pinchao, Ingrid Betancourt et les trois Américains ont été tous détenus dans le même camp des rebelles, situé à la frontière avec le Brésil. De plus, il a révélé, le 17 avril dernier, à l'AFP que Mme Betancourt avait effectué cinq tentatives d'évasion ratées.
Les familles d'otages, notamment celle d'Ingrid Betancourt, redoutent l'option militaire. «Je supplie qu'il n'y ait pas de libération par la force», a déclaré à l'AFP le mari d'Ingrid Betancourt, Juan Carlos Lecompte, qui affirme que dans ce cas «les FARC tueront tous les otages».
Dans le passé, plusieurs opérations de l'armée se sont soldées par la mort des prisonniers.
La fille de Mme Betancourt, Mélanie, qui vit en France, a estimé, le 18 avril, qu'Uribe «se moque du président» français, Nicolas Sarkozy, alors qu'ils ont longuement discuté de l'affaire la veille par téléphone. «Le président Sarkozy a dit au président Uribe à quel point il croyait fermement à une solution négociée et surtout pas à une libération par la force qui, on le sait, est un échec», a-t-elle déclaré.
Ingrid Betancourt, ancienne candidate écologiste à la présidence colombienne, et son adjointe Clara Rojas, sont des otages des FARC depuis le 23 février 2002. Les Américains, Marc Gonsalves, Keith Stansell et Thomas Howes, avaient été capturés le 13 février 2003 quand l'avion dans lequel ils effectuaient une mission antidrogue avait été abattu par les rebelles.
Les FARC, première guérilla de Colombie avec 17 000 hommes, réclament la libération de 500 de leurs hommes incarcérés en échange de 56 otages qu'elles détiennent.
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