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Affaire de l’ex-espion russe assassiné
LONDRES – Le parquet britannique a démenti, le 20 mai dernier, avoir subi des pressions de la ministre des Affaires étrangères, Margaret Beckett, pour bloquer des poursuites contre deux Russes dans l'affaire Litvinenko, afin de s'éviter les foudres de Moscou.
Alexandre Litvinenko, ex-agent russe de 43 ans, est mort en novembre 2006 dans un hôpital de la capitale britannique, après avoir été empoisonné par du polonium 210, une substance hautement radioactive.
Le parquet a démenti les informations du journal tabloïd News of the World, qui affirmait, le 20 mai dernier, que Mme Beckett a refusé de poursuivre et de délivrer des mandats d'arrêt contre les riches hommes d'affaires et anciens agents du KGB, Andreï Lougovoï et Dimitri Kovtun.
Ces deux hommes, ainsi que Viatcheslav Sokolenko, avaient rencontré Alexandre Litvinenko trois semaines avant son décès et nient avoir un lien quelconque avec cette mort.
«Il est complètement faux de dire que le CPS [Crown prosecution service, ministère public] ait subi une quelconque pression du ministère des Affaires étrangères dans l'affaire Litvinenko. Aucune décision n'a encore été prise dans cette affaire, nous continuons à chercher des preuves», a déclaré dans un communiqué Sir Ken MacDonald, le directeur du CPS.
Le News of the World affirme que Mme Beckett est intervenue pour éviter une plus grande détérioration des relations déjà tendues avec Moscou.
«Nous avons de bonnes relations avec les Russes actuellement et ne pouvons nous permettre de les contrarier», aurait déclaré Mme Beckett à des membres de son équipe chargée de la crise, selon l'hebdomadaire.
Une source au sein du parquet a fait état d'un désaccord de certains membres du CPS avec cette ligne, estimant qu'une suspension des mandats d'arrêts contre les ex-agents russes pourrait être perçue comme «une porte ouverte à la Russie pour perpétrer d'autres assassinats au Royaume-Uni... et constituer un précédent très dangereux».
Selon la même source, la justice britannique a suspendu toute décision dans cette affaire jusqu'à la nomination de Gordon Brown au poste de premier ministre et la formation de son gouvernement à la fin de juin.
Les relations entre la Russie et la Grande-Bretagne se sont nettement détériorées depuis le meurtre non élucidé de Litvinenko et le refus de Londres d'accéder à la demande de Moscou d'extrader l'oligarque russe en exil, Boris Berezovski, un virulent opposant au président Vladimir Poutine.
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