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RANGOUN – Aux cris de «Libérez Aung San Suu Kyi», des centaines de sympathisants de l'opposante birmane ont manifesté, le dimanche 27 mai, à Rangoun à l'occasion du 17e anniversaire de la victoire de son parti aux élections de 1990 dont les résultats ont été rejetés par la junte militaire.
Alors que la tension était perceptible, les autorités ont procédé à de nouvelles interpellations, au moins trois selon des opposants.
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es membres de la Ligue nationale pour la démocratie manifestent pour la libération de leur chef emprisonnée, Aung San Suu Kyi, le 27 mai 2007, à Rangoun, Birmanie. (Khin Maung Win/AFP/Getty Images) | |
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Des membres de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) avaient commencé à se réunir dans la matinée au siège du parti cofondé par Mme Suu Kyi, dont l'ordre d'assignation à résidence avait été prorogé d'un an, le 25 mai, suscitant de vives condamnations dans le monde.
Dans la nuit de samedi à dimanche, les forces de sécurité avaient posé des fils de fer barbelés autour de la demeure du Prix Nobel de la Paix pour empêcher ses sympathisants d'approcher, selon des témoins.
Le 27 mai, vers midi, heure locale, plusieurs centaines de personnes – principalement des partisans de Mme Suu Kyi, mais aussi des diplomates, notamment des États-Unis, de France et d'Australie – se sont rassemblées au siège de la LND, situé non loin de la résidence de «La Dame» de Rangoun.
Au moins 50 policiers en civil étaient également présents autour du bâtiment de la LND et prenaient des photos ou filmaient l'arrivée des militants prodémocratie, dont certains portaient des tee-shirts à l'effigie de Mme Suu Kyi.
«Libérez Suu Kyi», «Libérez Aung San Suu Kyi», ont scandé ses partisans, tandis que des bougies étaient allumées et des ballons lâchés dans le ciel devant le siège du parti.
Des membres de la LND, appuyés par un groupe d'anciens étudiants, ont ensuite tenté de se rendre à la célèbre pagode Shwedagon – complexe de temples bouddhistes situé au coeur de Rangoun – pour prier en faveur de la libération de l'opposante, mais cette foule estimée à 300 personnes a été bloquée sur une avenue par un groupe de partisans musclés du régime.
Selon la correspondante de l'AFP, la situation s'est tendue, mais les manifestants pro-Suu Kyi ont finalement fait demi-tour.
«Nous avons décidé de retourner au siège de la LND parce que nous ne voulons pas gaspiller notre force sans raison», a déclaré un militant.
Les opposants se rassemblent régulièrement au siège du parti, mais il est rare qu'ils défient les autorités en tentant de marcher à travers la ville.
Au moins 54 partisans de Mme Suu Kyi, interpellés au cours de la semaine écoulée à Rangoun, restaient détenus le 27 mai, selon des militants prodémocratie.
Dimanche, dans une déclaration, la LND a une nouvelle fois appelé à la libération de sa dirigeante et des quelque 1200 autres détenus politiques, tout en se déclarant prête à des discussions, dans le cadre d'un «dialogue honnête et franc», avec le régime et les groupes ethniques du pays.
La détention actuelle de Mme Suu Kyi (61 ans) se poursuit depuis le 30 mai 2003 mais, sur les 17 dernières années, elle en a passé plus de onze privée de liberté.
Dimanche a marqué le 17e anniversaire des élections législatives du 27 mai 1990 qui avaient vu la victoire écrasante de la LND. Cependant, ce parti n'a jamais pu accéder au pouvoir, détenu par des juntes successives depuis 1962.
D'autres manifestations pro-Suu Kyi se sont déroulées ailleurs dans le monde, notamment au Japon où quelque 150 personnes se sont rassemblées devant l'ambassade de Birmanie à Tokyo.
La Thaïlande voisine s'est déclarée «déçue» par la décision du gouvernement birman, ajoutant que la libération de Mme Suu Kyi aurait donné de meilleures chances au processus nécessaire de «réconciliation nationale».
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