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KHARTOUM – Le Soudan reste sourd aux pressions de la communauté internationale qui réclame la comparution devant la Cour pénale internationale (CPI) d'un haut responsable et d'un chef milicien pour crimes de guerre au Darfour, région de l'ouest du pays en guerre civile.
Plus généralement, les autorités soudanaises voient dans ces pressions l'expression d'une «campagne hostile» de l'Occident, visant à les contraindre à accepter une force internationale solide au Darfour, dont elles acceptent vaguement le principe mais veulent discuter le mandat.
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Le président soudanais, Omar el-Béchir, sourd aux pressions de la communauté internationale. (Mahmud Turkia/AFP/Getty Images) | |
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«La position du gouvernement concernant les personnes recherchées par la Cour pénale internationale est claire et il n'y a de place à aucun marchandage à ce sujet», a déclaré un assistant présidentiel, Nafaa Ali Nafaa, à l'agence de presse SMC, proche des autorités.
Le Soudan s'en tient, a-t-il ajouté, à la position annoncée par le président Omar el-Béchir qui s'est prononcé contre une remise à la justice internationale du secrétaire d'État aux Affaires humanitaires, Ahmed Haroun, et d'Ali Kosheib, un chef de la milice progouvernementale des Janjawids. Seul M. Kosheib est actuellement, selon des sources officielles, détenu par le Soudan.
Cette déclaration intervient après que les pays du G8 se sont dits favorables, le 8 juin dernier, à ce que les auteurs d'«atrocités» commises contre les civils au Darfour soient traduits en justice.
Elle fait également suite à un appel, le 7 juin, du procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, au Conseil de sécurité de l'ONU à faire pression sur le Soudan pour obtenir l'arrestation d'Ahmed Haroun, qui avait occupé le poste de secrétaire d'État à l'Intérieur, et d'Ali Kosheib, un chef de miliciens Janjawids accusés d'exactions contre les populations civiles du Darfour, et leur comparution devant la CPI.
Le Soudan considère qu'il revient à sa propre justice de poursuivre tout Soudanais enfreignant la loi, a rappelé M. Nafaa, également vice-président du Congrès national, le parti du président Béchir.
Il a affirmé que les appels à son pays à ce sujet faisaient partie des pressions américaines qui se sont concrétisées, selon lui, par de nouvelles sanctions et «une campagne menée par des parties hostiles au Soudan».
Pour sa part, le ministre de l'Intérieur, Zoubeir Béchir Taha, s'est livré à une violente attaque contre M. Moreno-Ocampo, en déclarant à la presse que s'il était à la recherche de la justice, ce dernier aurait pu s'occuper des «auteurs de crimes de guerre à Guantanamo, en Irak, au Liban et en Palestine».
«Je dis à tout le monde que Haroun et Kosheib sont entre de bonnes mains et qu'ils ne seront nullement inquiétés», a-t-il ajouté.
Le Soudan, qui n'a pas accepté l'acte créatif de la CPI, estime que sa compétence ne peut s'appliquer à ses citoyens.
Il ne cesse d'affirmer que sa justice est assez indépendante pour juger les auteurs d'exactions au Darfour, où la guerre civile et ses conséquences ont fait 200 000 morts en quatre ans et 2,1 millions de déplacés, selon des organisations internationales.
Le Soudan conteste l'ampleur des conséquences de la guerre du Darfour qu'il présente comme un simple conflit tribal et non comme un génocide contre les populations africaines, comme l'affirme Washington.
Dans son bras de fer avec la communauté internationale autour de la sécurisation du Darfour, le Soudan tient à ce que la force de 23 000 soldats appelée à remplacer celle de l'Union africaine (UA), qui compte 7000 hommes et est jugée inefficace, reste sous commandement africain.
Or, les Nations Unies souhaitent que cette force, qu'elles vont financer, ait son système de commandement et de contrôle. Ces questions devaient être tranchées lors d'une réunion entre le Soudan, l'UA et l'ONU, prévue les 11 et 12 juin à Addis Abeba.
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