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BOGOTA (Colombie) – Rodrigo Granda, responsable de la guérilla des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) libéré au début de juin, a annoncé dans une entrevue accordée à l'AFP, le 15 juin dernier à Bogota, qu'il allait quitter la Colombie dans les jours qui viennent pour se rendre à Cuba où il poursuivra sa mission de médiateur pour la paix au service des FARC.
«Je vais quitter le pays [la Colombie] et me rendre à la Havane, bien que je ne connaisse pas encore le jour et l'heure du départ», a déclaré M. Granda au siège de la Conférence épiscopale de Bogota où il séjourne depuis sa libération.
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Rodrigo Granda, rebelle des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), récemment libéré par Bogota. (Mauricio Duenas/AFP/Getty Images) | |
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Rodrigo Granda, qui purgeait une peine de 21 ans de prison, a été remis en liberté par le président colombien Alvaro Uribe, le 4 juin dernier, à la demande du président français Sarkozy, dans le but d'aider à la libération d'otages retenus par les FARC, parmi lesquels la franco-colombienne Ingrid Betancourt.
M. Granda a implicitement confirmé que son départ vers Cuba répondait à une demande du Secrétariat (organe dirigeant) des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC - marxiste).
Le 3 juin, des diplomates cubains avaient rencontré Granda dans la prison colombienne La Dorada (centre-ouest) et, selon des sources bien informées, l'unique condition pour l'accueillir était qu'il obtienne l'accord de l'état-major des FARC.
L'homme, qui se définit comme un «simple guérillero discipliné au service des FARC» et souvent présenté comme «le ministre des Affaires étrangères de la guérilla», précise qu'il a oeuvré toute sa vie comme «médiateur pour la paix, respectueux des ordres de son organisation».
Toutefois, souligne-t-il, «l'accord humanitaire se négociera dans les municipalités colombiennes de Pradera et Florida, pas à Cuba», une exigence de la guérilla de démilitariser ces deux municipalités étant un préalable à toute négociation sur les otages.
Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), première guérilla de Colombie avec 17 000 soldats, réclament la libération par le gouvernement colombien de 500 des leurs en échange de 56 otages, dont Ingrid Betancourt et trois Américains.
«Juan Carlos Restrepo [le haut commissaire du gouvernement pour la paix] m'avait proposé lorsque j'étais encore en prison de m'envoyer en France où le gouvernement français me recevrait temporairement avant de partir pour la Suisse», a précisé Granda.
«L'autre option était Cuba», dit-il, ajoutant que ses demandes de se rendre au Brésil, en Équateur ou au Venezuela n'avaient pas été acceptées par le gouvernement de Bogota.
Le 1er juin, un responsable de la présidence colombienne, qui avait requis l'anonymat, avait révélé à l'AFP que Granda (qui était à cette date encore en prison) allait être libéré afin d'apporter à la France, au président Sarkozy, des «preuves de vie» d'Ingrid Betancourt.
Par ailleurs, le guérillero, qui est entouré d'une forte présence policière, affirme craindre pour sa vie à Bogota. Le rebelle soutient être espionné en permanence par les autorités et ne pas pouvoir prendre contact avec son organisation.
Interrogé sur l'inquiétude de la famille d'Ingrid Betancourt, Granda est formel : «Elle n'est pas morte. Le commandant Raul Reyes [numéro deux des FARC] a dit qu'elle était en bonne santé physiquement et intellectuellement et qu'il n'a pas été possible d'envoyer des preuves de vie à cause des opérations terrestres et aériennes.»
«Dans les campements, dans les montagnes, pour envoyer une carte, une photo, une vidéo, il faut marcher des centaines de kilomètres et passer les barrages de l'armée», a-t-il ajouté.
Les dernières preuves de vie d'Ingrid Betancourt datent du mois d'août 2003.
Fabrice Delloye, l'ex-mari d'Ingrid, avait estimé, le 14 juin, que si des «preuves de vie» de la jeune femme n'étaient pas «rapidement» apportées, ses proches seraient «réduits à penser» qu'elle est morte.
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