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Accueil arrow L'actualité arrow Canada - Quebec arrow La coopérative Tibet Libre voit le jour
La coopérative Tibet Libre voit le jour Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Patrice-Hans Perrier, Collaboration spéciale   
22-06-2007

 

 

 

 

 

 

 

 

Mouvement coopératif

Le mouvement coopératif n’est pas né de la dernière pluie. En effet, une Alliance coopérative internationale était mise sur pied à Genève dès 1895 afin de codifier les lignes directrices qui permettent aux coopératives de mettre leurs valeurs en pratique. Certaines coopératives, à l’instar du Mouvement Desjardins au Québec, ont fait leurs preuves dans le monde de la haute finance en proposant un modèle de développement plus équitable en bout de ligne. 

Buffet à la coopérative Tibet Libre, Montréal
Buffet à la coopérative Tibet Libre dans la Petite Italie. (Patrice-Hans Perrier)
 

Le directeur général de l’Alliance coopérative internationale, Iain Macdonald, de passage à l’Université de Sherbrooke la semaine dernière, estime que «les coopératives génèrent plus de 100 millions d’emplois dans le monde, plus que toutes les grandes multinationales réunies». Pourtant, à une échelle plus locale, les coopératives sont loin de faire l’unanimité parmi les consommateurs et les travailleurs qui préfèrent s’en remettre aux entreprises privées pour la plupart de leurs transactions. Malgré tout, les 2200 coopératives du Québec sont responsables du maintien de presque 30 000 emplois.

Plus près de nous, à Montréal, une nouvelle coopérative de solidarité vient de voir le jour dans le quartier de la Petite Italie. Fruit de la débrouillardise et de l’esprit de ses membres fondateurs, Les cuisines Tibet Libre vise à promouvoir la lutte des peuples en péril tout en proposant une gastronomie végétarienne originale à sa clientèle. Nichée dans un petit local, cette coopérative de solidarité tente de recruter de nouveaux membres afin de pouvoir déménager dans un espace plus généreux et, chemin faisant, mieux s’acquitter de son mandat de «carrefour d’informations et d’échanges». Une coopérative de solidarité a ceci de particulier, ses membres peuvent appartenir à différentes catégories (consommateurs, producteurs ou travailleurs), tout en ayant un intérêt commun.

Chez Les cuisines Tibet Libre, c’est la cause des cultures en péril avec, aux premières loges, le terrible destin du peuple tibétain, qui a motivé les fondateurs. Cassandre Choquette-Sauvageau, une des membres fondateurs, souhaite que sa coopérative puisse se développer au point de devenir un relais de solidarité indispensable pour les gens du quartier. Ce petit restaurant-traiteur procure des emplois stables à certains de ses membres, favorise l’intégration des immigrants du quartier, s’occupe de faire des levées de fonds pour la cause des peuples menacés d’extinction et tient lieu, à l’occasion, de véritable salle communautaire.

Déjà, durant les années 1930, un intellectuel québécois renommé, Gérard Filion, estimait que «la coopération jouera dans un avenir prochain un rôle de premier plan dans l'organisation économique du Québec, car elle est la formule économique de l'avenir». M. Filion, prenant faits et causes pour l’autonomie du Québec, avait déduit, dans le sillage de la lutte des petits producteurs agricoles, qu’il fallait échapper à l’emprise des grands trusts de l’alimentation afin de ne plus dépendre «du bon vouloir de quelques grosses entreprises qui pourraient, s’il leur en prenait fantaisie, nous mettre à la diète et qui, en tout cas, nous exploitent odieusement». Au-delà de la réorganisation de la production et des réseaux de distribution des denrées alimentaires, M. Filion croyait qu’ultimement «l’organisation des citadins en sociétés coopératives de consommation serait le seul et unique moyen de renverser la dictature des monopoles».

C’est ici qu’interviennent les coopératives de solidarité qui, à l’instar de Les cuisines Tibet Libre, tentent de fédérer les citoyens d’un quartier donné en favorisant une convergence des intérêts de tous. Car, pourquoi les producteurs, les travailleurs et les consommateurs n’uniraient pas leurs forces, le temps de remettre en question la machine néolibérale?

 

Informations : Les Cuisines Tibet Libre

 

 

 




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