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Le NCCC nie cela et affirme qu’il n’est «absolument pas contrôlé par un parti ou une force politique».
L’organisation affirme qu’elle parle au nom de la communauté chinoise
et, en 2005, elle prétendait représenter 300 000 Canadiens d’origine
chinoise, soit environ 30 % de la population chinoise au Canada. Elle
dit être une organisation qui chapeaute plusieurs autres groupes
chinois.
Mais d’autres membres de la communauté chinoise ont contesté les
allégations du NCCC. Un sondage auprès de 1000 Canadiens d’origine
chinoise en 2005 a révélé que moins de 3 % affirmaient être représentés
par le NCCC.
Les dirigeants du NCCC ont aussi refusé de fournir une liste des 280
organisations qu’ils prétendent représenter. Lorsque rejoints par La Grande Époque le
20 juin dernier, deux des dirigeants de l’organisation étaient
incapables de dire combien de groupes le NCCC représente actuellement.
«Habituellement, il s’agit seulement d’une poignée de personnes qui
gèrent ces organisations et elles travaillent avec les missions
[diplomatiques] de la Chine pour atteindre les objectifs de ces
missions à l’étranger», fait remarquer Chen Yonglin. «Certaines de ces
organisations ont moins de dix membres réels.»
Avant la chute du gouvernement libéral du Canada en novembre 2005, le
NCCC avait conclu une entente avec Paul Martin au sujet de la
compensation à accorder aux Chinois qui avaient été frappés par la taxe
d’entrée. Le NCCC devait recevoir l’argent du gouvernement par
l’entremise d’une fondation et gérer lui-même la compensation aux
Chinois. Avec l’élection des conservateurs, cette entente a été mise
aux oubliettes.
Le travail qu’effectue le NCCC pour défendre les intérêts du régime
chinois a été souligné à maintes reprises. Les sites Internet du
consulat chinois de Toronto et du ministère chinois des Affaires
étrangères ont déjà félicité le NCCC pour avoir discrédité le mouvement
d’indépendance de Taïwan.
Un festival de la culture tibétaine a déjà été organisé par Ping Tan et Hughes Eng et avait eu bonne presse dans le Quotidien du peuple.
Étaient présents, l’ambassadeur chinois de l’époque, Mei Ping, et
l’ancien consul général, Sun Shuxian, de même que différents
fonctionnaires canadiens.
Sauf que les membres de la communauté tibétaine exilée n’étaient pas invités. Ils étaient à l’extérieur en train de manifester.
Le NCCC a aussi déjà organisé un rassemblement public en 2001 pour
«dénoncer» le Falun Gong dans le quartier chinois de Toronto.
L’événement était annoncé dans le Chinese Canadian Post, et Ping Tan et Hughes Eng avaient tous deux prononcé un discours ainsi que le consul général d’alors, Zhou Xingbao.
Le SCRS sonne l’alarme au sujet des espions chinois
Les inquiétudes concernant la capacité du régime chinois d’influencer
la société et la politique canadienne ont fait surface en avril dernier
lorsque Jim Judd, le directeur de l’agence d’espionnage canadienne
(Service canadien du renseignement de sécurité – SCRS), a enfreint la
règle de ne pas nommer de pays en particulier au sujet de l’espionnage
en sol canadien. Il a révélé que près de 50 % des ressources de
contre-espionnage étaient affectées aux espions chinois au Canada.
Michel Juneau-Katsuya, ex-chef de la section Asie-Pacifique au SCRS,
affirme qu’il y a au moins deux douzaines d’«organisations façades»
contrôlées par le régime chinois au Canada.
Parmi elles, mentionne Chen Yonglin, il y a un bon nombre
d’associations étudiantes et d’organisations professionnelles. Alors
que la plupart des membres de ces groupes ne connaissent pas les liens
avec les consulats chinois, leurs dirigeants agissent sous la direction
même du régime communiste chinois.
M. Juneau-Katsuya a immédiatement reconnu le NCCC lorsqu’il a été
questionné à ce sujet, mais il a dit ne pas pouvoir commenter si
c’était une organisation qui pourrait intéresser le SCRS.
«La responsabilité du SCRS est de protéger les Canadiens et le
gouvernement du Canada. Toute organisation qui, selon notre perception,
agit pour le compte d’un gouvernement étranger afin de créer des
interférences, politiques ou autres, fera l’objet d’une enquête du
SCRS.»
M. Juneau-Katsuya a aussi lancé des avertissements quant à la
probabilité que ces efforts soient accrus en raison d’un plus important
budget accordé au Département du travail du Front uni du régime chinois
qui supervise ce genre d’opération à l’étranger.
«Le Département du travail du Front uni est très actif pour appuyer
financièrement et logistiquement plusieurs organisations de ce type,
qui sont des «organisations façades» pour promouvoir les intérêts
chinois et pour espionner les Canadiens et les Chinois à l’étranger»,
explique-t-il.
L’ex-agent du SCRS cite un article d’un journal chinois indiquant que
le Comité central du parti communiste chinois a alloué 3 milliards de
dollars de plus au ministère des Affaires étrangères et au Département
du travail du Front uni en vue «d’embellir» le régime chinois et la
Chine à l’étranger pour la prochaine année fiscale.
«Ils ont à leur portée une quantité phénoménale de ressources pour
utiliser des «organisations façades» et des gens appuyant leurs
activités», poursuit M. Juneau-Katsuya. «Toute organisation qui est
utilisée par une entité étrangère pour mener de telles activités ici
est jugée inacceptable.»
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