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Bush panse ses plaies au bord de la mer en attendant d'autres coups durs Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
05-07-2007

 

 

 

 

 

KENNEBUNKPORT (États-Unis) – George W. Bush n'a pas traîné pour partir pêcher à peine arrivé à la résidence familiale de Kennebunkport. Poissonneuses ou pas, les eaux de l'Atlantique valaient apparemment mieux que les hauts-fonds de Washington.

Pour M. Bush, les incertitudes d'une partie de pêche, le 29 juin dernier, aux côtés de son père pouvaient difficilement lui valoir plus de déconvenues que la cohabitation avec un Congrès démocrate hostile ou le spectacle de ses amis républicains en train de le lâcher.

La veille encore, il avait vu le Sénat pratiquement enterrer ce qui pouvait être la dernière grande réforme de sa présidence : celle des lois de l'immigration.

Le président américain, George W. Bush, pêche avec sa fille,
Le président américain, George W. Bush, pêche avec sa fille, Barbara, à Kennebunkport. (Jim Watson/AFP/Getty Images)
 


M. Bush, visiblement amer, donnait alors rendez-vous au Congrès après la fête nationale du 4 juillet, en offrant de coopérer au budget.

Mais, avec un Congrès de plus en plus agressif, la coopération semble être devenue un voeu pieux.

Et M. Bush ne doit pas seulement à ses adversaires démocrates, mais aussi de plus en plus à ses alliés républicains, les ennuis qui donnent corps à l'image d'un président impopulaire réduit à une relative impuissance jusqu'à la fin de son mandat, en janvier 2009.

M. Bush répète à qui mieux mieux qu'il sprintera jusqu'à la ligne finale de 2009. Mais le capital dont il disait disposer après sa réélection a périclité avec la guerre en Irak et la défaite des républicains aux élections parlementaires de 2006.

Un sondage pour Fox News, chaîne pourtant favorable au président, vient de le créditer de 31 % d'opinions favorables, moins qu'il n'en a jamais eu.

En quelques jours, M. Bush a vu des soutiens républicains, réputés sûrs, émettre plus que des réserves sur sa stratégie en Irak et ajouter à l'impatience grandissante de voir les soldats rentrer.

Il a vu les objections d'autres républicains se conjuguer à celles de démocrates pour porter un coup probablement fatal à la réforme des lois de l'immigration.

Il a vu la majorité démocrate choisir la confrontation frontale en délivrant des sommations à l'administration pour obtenir des éclaircissements sur l'un des programmes antiterroristes les plus controversés : les écoutes sans mandat de la justice.

Il a aussi vu se préciser la menace d'un affrontement avec les démocrates devant les tribunaux parce que la Maison-Blanche a refusé d'accéder à d'autres sommations délivrées par le Congrès pour savoir si l'administration avait ou non évincé de hauts magistrats pour des raisons purement politiques.

Le vice-président, Dick Cheney, a scandalisé le Congrès en refusant de se prêter à un contrôle des informations classées confidentielles dans ses services.

Le Congrès a laissé expirer une autorité qui lui permettait de négocier plus aisément des accords commerciaux internationaux.

M. Bush a montré la haute main qu'il conserve sur la politique étrangère en se servant de son veto contre un texte du Congrès liant le financement de la guerre à un calendrier de retrait.

Le débat sur l'argent de la guerre pour l'année prochaine va s'ouvrir sous peu. Pour espérer bloquer à nouveau les menées des démocrates, M. Bush doit pouvoir escompter que les républicains ne le laisseront pas tomber si le Congrès conteste son veto. Les signes de défection de la part des républicains n'augurent rien de bon.

«Le moment est venu de commencer à parler de l'Irak», a dit le chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, après l'échec de la réforme des lois de l'immigration.

 

 

 




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