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Les États-Unis d’Afrique? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
06-07-2007

 

 

 

 

Ouverture du 9e sommet de l'Union africaine sur le gouvernement de l'Union

ACCRA – Le 9e sommet des chefs d'État et des gouvernements de 53 pays membres de l'Union africaine (UA) a abordé – dès son ouverture, le 1er juillet, à Accra – la création des États-Unis d'Afrique et la mise en place d'un gouvernement unique de l'Union, mais également le dossier du Darfour.

Les dirigeants africains au Ghana pour un sommet de l’Union africaine
Les dirigeants africains au Ghana pour un sommet de l’Union africaine. (Issouf Sanogo/AFP/Getty Images)
 

Dans son discours d'ouverture, le président de la Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré, a énoncé les arguments en faveur du renforcement de l'intégration du continent et tenté de convaincre les plus réticents.

«Aujourd'hui, nous avons besoin d'une décision politique forte parce que l'intégration est une action politique forte», a-t-il dit.

«Un leadership africain fort devrait se saisir de toutes les questions [que l'Afrique doit résoudre] pour permettre l'accélération du processus d'intégration», a-t-il ajouté, évoquant la possibilité que «deux, trois ou cinq pays puissent décider de se fédérer pour accélérer l'intégration».

Principal partisan des États-Unis d'Afrique, le chef de l'État libyen, Mouammar Kadhafi, s'est efforcé en juin de rallier ses pairs à la cause de l'unité africaine. Mais il a boudé l'ouverture du sommet dimanche.

Arrivé à Accra par la route, il venait de Côte d'Ivoire, après avoir traversé la Sierra Leone, le Liberia et la Guinée. Au début du mois, il avait organisé un sommet de l'organisation régionale qu'il avait lancée en 1998, la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD, 25 pays) pour tenter de dégager une voix unanime sur le sujet.

Dans les couloirs de la conférence, des délégués expliquent que la tension est grande entre le «Guide» libyen, qui voulait prononcer un discours à l'ouverture du sommet mais en a semble-t-il été empêché, et les adversaires du projet des États-Unis d'Afrique, au premier rang desquels on trouve le Sud-Africain Thabo Mbeki.

Sur cette question, «il y a deux écoles, la maximaliste incarnée par la Libye et le Sénégal par exemple qui veulent créer un gouvernement immédiatement avec des ministres de l'Afrique», explique Delphine Lecoutre, chercheuse au Centre français des études éthiopiennes à Addis Abeba et collaboratrice de l'Institut des études stratégiques sud-africain.

«L'autre école, c'est l'approche gradualiste : renforcer l'intégration sous-régionale d'abord et, si ça marche, entreprendre l'intégration continentale», ajoute-t-elle.

Pour l'hôte du sommet et président en exercice de l'UA, le Ghanéen John Kufuor, «la question de l'unification n'est pas mise en doute. Nous devrions être capables d'un accord sur la sorte de gouvernement que nous voulons et sur une feuille de route avec des dates pour sa réalisation». Il a également prôné un «renforcement de la Commission de l'UA».

De nombreux présidents ont fait le déplacement à Accra, mais le grand absent est le Soudanais Omar el-Béchir, alors que le conflit au Darfour (province de l'ouest du Soudan) a été abordé dès l'ouverture du sommet.

«Des progrès ont été faits dans la situation au Soudan avec l'acceptation par Khartoum de la force hybride (UA-ONU). Ce qui nous manque aujourd'hui, c'est une résolution de l'ONU, ce sont les finances et les troupes», a-t-il lancé.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, s'est engagé à poursuivre l'aide financière à la force de paix de l'UA au Darfour, l'AMIS, jusqu'au déploiement de la force hybride UA-ONU qui doit à terme compter 20 000 hommes.

Un impressionnant dispositif de sécurité a été mis en place : les abords du centre de conférence ont été fermés à la circulation, le gouvernement ghanéen a interdit toute manifestation pendant les trois jours que dure le sommet et la salle de réunion est interdite à la presse, les journalistes parqués dans une tente où la diffusion du discours de M. Konaré a été interrompue pendant plusieurs minutes.

Plus de 150 journalistes ont signé une pétition pour se plaindre, alors que des échauffourées ont été constatées entre des gardes du corps de délégations et les agents de sécurité ghanéens, désorganisés.

 

 

 




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