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LE CAIRE – La momie d'Hatchepsout, la plus célèbre reine de l'Égypte pharaonique, a été identifiée, en partie grâce à une molaire brisée, a annoncé, le 27 juin 2007, au musée du Caire, le patron des antiquités égyptiennes, Zahi Hawass.
Simultanément, devant une foule de journalistes, il affirmait que la
momie jusque-là considérée comme celle de Thoutmôsis I, grand
conquérant de la 18e dynastie et père d'Hatchepsout, ne l'était
finalement pas. |
Hatchepsout (1540 à 1481 av. J.-C.), reine d’Égypte, présente une obole à Horus, le dieu à la tête de faucon. Des archéologues affirment avoir trouvé le corps de cette reine égyptienne. (Photos.com) | |
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Dans une mise en scène digne d'un péplum, Zahi Hawass a retiré d'un geste vif un des drapeaux égyptiens qui masquaient deux momies dans des vitres. «Et voilà Hatchepsout!», a-t-il dit en désignant celle de droite.
La veille, la chaîne américaine Discovery Channel, associée à la découverte, avait grillé la politesse à Hawass, dévoilant l'histoire de la quête de la momie d'Hatchepsout.
Fille de Thoutmôsis I, Hatchepsout régna 21 ans, de 1479 à 1458 av. J.-C. sous la brillante 18e dynastie. Elle fit bâtir l'extraordinaire temple de Deir al Bahari, sur la rive ouest du Nil, théâtre d'un sanglant attentat en 1997.
Grâce à une molaire brisée et un scanner en 3-D, la preuve a été apportée que la momie royale, selon Hawass, est l'une des deux momies retrouvées il y a un siècle dans une tombe, la KV60, de la vallée des Rois, à Louxor.
La première reposait dans un sarcophage et avait été identifiée comme la nourrice d'Hatchepsout, Sitre-In, et l'autre corps embaumé gisait à même le sol de la cache funéraire découverte en 1903 par le Britannique Howard Carter.
Laissée sur place avant d'être transférée, il y a un an, au Musée du Caire, il s'agissait en fait de la momie de la souveraine, «une femme dans la cinquantaine, obèse, et probablement morte d'un cancer», a dit Hawass.
Ainsi a été confirmée, par Hawass – qui pourtant n'y croyait pas – et une équipe scientifique égyptienne, l'hypothèse émise avec prudence par une grande égyptologue américaine, Elizabeth Thomas, aujourd'hui décédée.
Comme un casse-tête, la pièce manquante «décisive» a été un fragment millimétrique d'une dent repéré, grâce aux rayons X, dans une boîte funéraire frappée du sceau Hatchepsout trouvée en 1881 dans le temple Deir el-Bahari.
«Il correspondait exactement avec une molaire brisée de la momie inconnue de la KV60», a dit Hawass, alors que le ministre de la Culture, Farouk Hosni, disait à l'AFP, «un mal de dent peut tout changer!».
Pour un archéologue célèbre, mais qui a requis l'anonymat, «cet élément rend l'identification possible, mais ce n'est pas encore la preuve définitive».
Découvreur de la fastueuse tombe de Toutânkhamon, Carter avait aussi fouillé la tombe, connue sous le code KV20, qu'avait fait construire Thoutmôsis I pour lui-même et sa fille Hatchepsout, dans la vallée des Rois.
Il n'est pas sûr que leurs momies n'y aient jamais séjourné, et on pensait avoir retrouvé la dépouille mortelle de Thoutmôsis I, premier grand conquérant du Nouvel Empire, dans une cache du temple de Deir el-Bahari.
«Nous avons découvert grâce au CT scan qu'il ne s'agit pas de la momie de Thoutmôsis I», a affirmé Zahi Hawass le 27 juin dernier. «C'est du 100 %, ce n'est pas sa momie», a-t-il insisté auprès de l'AFP.
Une flèche a été repérée dans son corps grâce à l'imagerie médicale – ainsi que d'autres indices, tels que son âge et la position de ses mains – et les sarcophages qui contenaient la momie rendraient impossible une telle identification.
«Nous avons prouvé qu'il s'agissait de la momie d'un homme d'une trentaine d'années, alors que Thoutmôsis I est mort plus âgé», a-t-il affirmé.
Des tests ADN devraient être faits sur les momies royales grâce à un laboratoire financé et équipé par Discovery Channel pour un montant de 5 millions de dollars. |