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Les pays du G7 ont maintenu le 16 septembre 2006 la pression sur la Chine pour qu'elle réévalue sa monnaie, dont le bas niveau est perçu comme une concurrence commerciale déloyale, et ont évoqué des risques pesant sur la croissance mondiale qui reste encore aujourd'hui solide. «Nous réaffirmons que les taux de change devraient refléter les fondamentaux économiques», ont souligné les ministres des Finances et banquier centraux des États-Unis, du Japon, de la France, de l'Allemagne, du Royaume-Uni, du Canada et de l'Italie dans un communiqué publié à l'issue de leur réunion de Singapour. «Une plus grande flexibilité de taux de change est souhaitable dans les économies émergentes qui affichent d'importants excédents de comptes courants, en particulier la Chine», ajoutent les ministres. Le forum des pays riches, réuni en marge des assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, a ainsi réitéré un appel qu'il avait lancé lors de sa précédente réunion, en avril dernier à Washington. En revanche, il ne fait pas mention du yen japonais, bien qu'il se soit considérablement affaibli ces derniers mois par rapport à l'euro. La plupart des ministres se sont montrés confiants que le yen finirait par remonter, reflétant la vigueur retrouvée de l'économie japonaise. Et le G7 s'est également abstenu cette fois d'ajouter en annexe à son communiqué, comme il l'avait fait en avril dernier, qu'il jugeait une plus grande flexibilité chinoise «essentielle pour permettre des appréciations nécessaires». Les pays industrialisés accusent Beijing de maintenir sa monnaie, le yuan, à un niveau artificiellement bas pour doper ses exportations. Les États-Unis en particulier affichent un déficit commercial avec la Chine qui sera supérieur à 200 milliards de dollars cette année. Il est toutefois peu probable que les exhortations des pays industrialisés à Singapour soient davantage suivies d'effet que celles de leur réunion au printemps. Invité par les ministres à un déjeuner de travail samedi, le gouverneur de la banque centrale du pays, Zhou Xiaochuan, a réaffirmé la position de principe prudente de son pays, qui consiste à promettre d'avancer «progressivement» vers un régime de change plus flexible. «Si les marchés financiers nous demandent d'avoir une bande de fluctuation [du yuan] plus large, alors nous envisagerons une bande plus large», a-t-il ajouté. En juillet 2005, Beijing avait abandonné le lien fixe qui reliait le yuan au dollar, mais ce geste avait été jugé très insuffisant par les Occidentaux. Le nouveau secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, a appuyé le message du G7 à Singapour en appelant lui aussi à ce que la Chine, où il doit effectuer une première cette semaine, adopte un système de change plus flexible. Il a dans la même veine jugé «essentiel» que le FMI «renforce» la surveillance des politiques de changes de ses pays membres. Le Fonds doit entériner lors de son assemblée une première réforme allant dans ce sens. Globalement, les ministres du G7 se sont dits optimistes concernant les perspectives économiques mondiales. «La performance de nos économies reste solide», ont-ils souligné dans leur texte. Ils estiment que si la croissance est «modérée aux États-Unis», où le marché de l'immobilier a nettement ralenti, celle de la zone euro a «accéléré» et «devrait rester vigoureuse et plus équilibrée au second semestre de cette année». Le Fonds monétaire international prévoit 2,4 % de croissance en 2006 pour la zone euro, après 1,3 % en 2005. Toutefois, le G7, après déjà le FMI en début de semaine, s'est inquiété de plusieurs menaces pesant pour l'avenir : les prix toujours élevés de l'énergie, en dépit d'un récent reflux, l'accélération de l'inflation et les tendances protectionnistes.
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