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Il apparaît que le suicide, qui concerne tous les âges, a augmenté de
40 % de 1976 à 1985, pour ensuite décliner à 20 % en 1998. Mais cette
baisse va rapidement s’estomper avec une remontée du taux dès
1992-1993, qui ne cessera de connaître une évolution regrettable de son
chiffre.
Le suicide est la conséquence du désarroi d’un être qui vit une situation très difficile, dont la douleur dépasse ses capacités à y faire face. Si certains analysent cet acte, largement décrié par la société, comme une sorte de fuite voire une forme de lâcheté, d’autres le perçoivent comme un moyen d’éliminer une très grande souffrance. C’est du reste ce dernier concept qui prévaut dans la pensée et l’imaginaire du suicidaire.
L’état des lieux dressé en France, sur ce phénomène, laisse apparaître selon le journal Le Point qu’«en 30 ans le taux de suicide est passé de 1,73 à 2,13 pour 10 000 habitants». Les études de la SOFRES constatent qu’en l’an 2000 : «35 % des Français ont vécu la mort d’un proche par suicide». Ces chiffres sont importants et démontrent qu’il est nécessaire de se préoccuper de cette question.
Les causes du suicide sont multiples : dépression, chômage, problèmes familiaux, perte d’un être cher, mauvaises conditions de travail, harcèlement sont les principaux facteurs déclenchants. Mais les causes peuvent également provenir d’une plus grande fragilité de la personne, sujette à des maladies mentales comme la maniaco-dépression ou la schizophrénie, qui entraînent, pour ceux qui arrêtent leur traitement, des risques de mortalité par suicide. Hors ces cas exceptionnels de personnes malades, il faut rappeler que le suicide a une dimension individuelle marquée. Il est surtout le reflet de l’échec, échec de la relation à autrui, échec de l’attention des autres, échec enfin de son intégration sociale où la montée de la précarisation tant sur le plan affectif, psychologique que social, sera de plus en plus pressante et inquiétante.
Ainsi à la fragilité de la personne concernée viendra s’ajouter un contexte social peu favorable, qui va accroître l’angoisse et l’instabilité du sujet. Il y a très souvent un faisceau d’indices et de causes qui suscitent le désarroi du suicidaire, qui en sus sera très souvent en mal d’écoute et ne verra dans sa tête qu’une seule issue, la mort.
Les instances de l’État, des collectivités locales, des associations et organismes privés se sont penchés avec détermination sur les différentes étapes visant à prévenir la mort par suicide. Un important travail est actuellement en cours pour faire reculer ce fléau qui gangrène notre société. La politique de lutte contre le suicide, menée par les différents organismes publics et privés met l’accent sur la nécessité «d’une prévention par l’information, la mutualisation des expériences». Il est nécessaire que les professionnels, aux différents échelons de l’appareil administratif et des instances privées, mais aussi le citoyen et dans une plus large mesure la communauté, montrent leur disponibilité et solidarité à travers l’écoute et l’attention de l’autre.
La façon la plus efficace de lutter contre les tentatives de suicide consiste bien à être à l’écoute des autres en ouvrant son coeur et en donnant son temps à des personnes en détresse morale, quand on a la possibilité de détecter une anomalie dans leur comportement. Ainsi, la solidarité envers l’autre et l’attention qu’on lui apporte sont les atouts majeurs de la prévention de cette maladie. Nous parlons de maladie, car, quelles qu’en soient les causes, la démarche de celui qui souhaite s’engager dans cette voie, s’apparente très souvent à une maladie mentale d’un moment, ou d’une situation donnée.
Les associations qui se sont investies dans cet important labeur, travaillent à la notion d’accompagnement pour éviter les récidives ; et cela passe par des analyses à la fois sociologiques et psychologiques des causes et une amélioration de la qualité de la prise en charge et du suivi.
La compréhension de cette problématique nécessite une analyse plus large des phénomènes bloquants des sociétés qui de jour en jour perdent leurs repères, leurs valeurs morales de solidarité, de respect, d’humanité, qui jadis ont fait la fierté des différents États. Nous assistons à une dégradation totale de nos références de base, à une décadence des mœurs qui conduit inévitablement la société dans le gouffre de la maladie de l’angoisse.
Les analyses faites pour éradiquer le suicide se sont penchées sur ces questions qui appellent de très longs débats.
Associations d'aide :
Belgique
www.preventionsuicide.be Centre de prévention du suicide, une écoute téléphonique 24h/24, dans l’anonymat, au 0800 32 123 (appel gratuit)
France
http://suicide.ecoute.free.fr/ : l’association à votre écoute 24h/24, tél. : 01 45 39 40 00
http://www.infosuicide.org/
http://www.sos-suicide-phenix.org/ SOS Suicide Phénix est une fédération d’associations, type loi 1901, dont l’objectif est la prévention du suicide chez les jeunes et les adultes en France. Ligne nationale d’écoute : 0825 120 364
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