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Le chef de l'opération hybride au Soudan mesure la complexité de sa tâche |
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10-07-2007 |
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KHARTOUM – Le chef de la future opération hybride de l'ONU et de l'Union africaine (UA) au Darfour, dans l'ouest du Soudan, Rodolphe Adada, s'est montré optimiste sur la réussite de sa mission, tout en mesurant la complexité de la tâche qui l'attend.
Dans un entretien avec un groupe restreint de journalistes dont celui de l'AFP à Khartoum, le 6 juillet dernier, l'ancien ministre des Affaires étrangères du Congo, nommé au début de mai représentant spécial de l'ONU et de l'UA pour le Darfour, n'a pas caché la nature complexe de l'opération qu'il va diriger.
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Le chef de la future opération hybride de l'ONU et de l'Union africaine (UA) au Darfour, Rodolphe Adada. (Stuart Price/AFP/Getty Images) | | «C'est une grande mission et un défi pour l'Afrique [...] une opération lourde», a souligné M. Adada qui a dit aborder, malgré tout, ses nouvelles fonctions avec «enthousiasme et espoir».
Après l'acceptation du Soudan de cette opération, un projet de résolution est en préparation à l'ONU pour permettre son financement. L'opération hybride consistera à remplacer au Darfour la force africaine de 7000 hommes sous-équipés et jugés inefficaces par une autre de plus de 20 000 hommes, dotés de moyens plus conséquents.
Cette force est jugée nécessaire pour stabiliser le Darfour, où depuis le début de la guerre, en 2003, quelque 200 000 personnes sont mortes et où le nombre de déplacés a dépassé les 2 millions, selon des estimations d'organisations internationales, contestées par Khartoum.
M. Adada, arrivé à Khartoum le 6 juillet, est appelé à diriger la Mission de l’Union africaine au Soudan (AMIS), en attendant la mise en place de l'opération hybride.
En premier lieu, il aura à tenter de sauver la mission africaine et à assurer une transition vers l'opération hybride au milieu de craintes d'un tarissement du financement de l'opération de l'UA au Soudan, provenant essentiellement de pays européens.
Le mandat de l'AMIS a été prolongé pour six mois, et il s'agit maintenant d'assurer des aides pour qu'elle puisse aller jusqu'au bout de sa mission.
«Le soutien à l'AMIS, que nous avons déjà de nos partenaires, est aujourd'hui indispensable à la réussite de la mission», a ainsi souligné M. Adada au moment où les Africains craignent de voir les Européens rechigner à continuer le financement de cette mission.
«La chose la plus importante aujourd'hui est de soutenir l'AMIS parce que c'est ça qui va garantir la suite des opérations et le succès de l'opération hybride. Voilà le message que nous devons porter à l'attention de tous nos généreux partenaires», a-t-il insisté.
L'autre défi, aux yeux du représentant spécial de l'ONU et de l'UA, est celui d'une solution politique au Darfour, où les rebelles non signataires de la paix se sont fragmentés en une multitude de petits groupes que les deux organisations tentent de rassembler.
«Il est évident qu'une mission de maintien de la paix ne marchera correctement qu'avec un accord politique derrière», a noté M. Adada qui a estimé que les efforts de l'ONU et de l'UA pouvaient aboutir à un tel accord.
L'émissaire de l'ONU, Jan Eliasson, se trouve déjà à Khartoum pour faire le point sur les efforts visant à trouver une solution politique au Darfour, avant une réunion internationale prévue en Libye les 15 et 16 juillet prochains sur le même thème.
Son collègue africain, Salim Ahmed Salim, est arrivé le 7 juillet pour une mission semblable, la quatrième depuis que l'ONU et l'UA ont décidé de travailler ensemble sur ce dossier.
M. Adada, qui doit se rendre dans les prochains jours au Darfour pour un premier contact avec la force africaine sur le terrain, a dit également compter sur la collaboration du gouvernement soudanais pour la réussite de sa mission.
«Dans une mission comme celle-ci, rien ne peut être fait sans le soutien du gouvernement soudanais», a-t-il souligné.
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