| Dans son dernier rapport, le Fonds des Nations unies pour la Population (UNFPA) annonce qu’«en 2008, pour la première fois de l’histoire de l’humanité, plus de la moitié de la population de notre planète vivra en milieu urbain. D’ici à 2030, le nombre de citadins devrait avoisiner les 5 milliards, soit 60 % de la population mondiale». L’annonce est assortie d’un ensemble de conseils de l’agence pour prévenir les effets potentiellement dévastateurs, que ce soit dans le domaine de l’environnement ou dans le domaine social, de ce futur en «tout ville» qui nous est annoncé. | Passage de chameliers devant la nouvelle «skyline» du centre ville de Dubai, aux Émirats arabes unis. (Karim Sahib/AFP/Getty Images) |
| Le rapport affirme qu’il est inutile de lutter contre une tendance quasi-inéluctable, comme tentent de le faire certains gouvernements. Il indique que contrairement aux idées reçues, la croissance de la population urbaine à l’échelle planétaire a des origines démographiques plutôt que migratoires (en excluant les exodes ruraux massifs en Chine, au Vietnam, en Amérique du Sud… ). «La croissance démographique future aura lieu entièrement dans les villes du monde, grandes et petites, et, pour sa quasi-totalité, dans les villes des pays en développement d’aujourd’hui», souligne la directrice de l’UNFPA, Thoraya Obaid. D’après elle, le point clé va donc être d’accompagner cette croissance par des efforts structurels, sachant que d’ici à 2030, les villes du monde en développement, grandes et petites, abriteront 81 % de la population urbaine de la planète. «Beaucoup de ces villes font déjà face à des problèmes pressants : pauvreté, manque d’eau potable et d’assainissement et expansion non planifiée des zones de taudis. Mais ces problèmes sont minimes au regard de ceux que pourrait susciter la croissance à venir», souligne Thoraya Obaid. En Afrique et en Asie en particulier, la population urbaine va quasiment doubler dans les 25 prochaines années, une croissance «sans précédent». Investir dans l'infrastructure, promouvoir l'égalité des sexes L’UNFPA considère que les villes, même si elles concentrent aujourd’hui la pauvreté, pourraient devenir le meilleur espoir d’y échapper si des efforts de planification et d’investissement sont faits à temps. Alors qu’un milliard de personnes vivent dans des bidonvilles qui augmentent sans cesse, «la mise à disposition de parcelles minimalement viabilisées pour les pauvres contribuerait à répondre aux besoins présents et à venir. Assurés de leur droit de propriété, avec des rues, alimentés en eau et en électricité, avec des systèmes d’assainissement et d’enlèvement des ordures, les pauvres se chargent de construire leur logement. Une adresse fixe constitue pour eux la première étape de la libération de la pauvreté». L’UNFPA se positionne clairement à l’opposé des mesures généralement prises pour lutter contre l’exode rural, qui incluent l’expulsion des squatters et le refus de fournir les bidonvilles en eau et en électricité. L’agence recommande de plus, pour contrôler cette explosion démographique et la dégradation de l’environnement qu’elle annonce, un effort massif dans l’éducation au planning familial et la promotion de l’égalité des sexes, pour permettre aux femmes d’éviter des grossesses non désirées. L’agence considère que la pleine mesure du danger n’a pas été prise par les gouvernements. Elle indique que dans un souci d’efficacité, l’action à mettre en place au plus vite devrait se focaliser sur les agglomérations de 500 000 habitants ou moins. Ainsi elles concentreront l’essentiel de la croissance démographique à venir, plutôt que développer des mégalopoles dont les bidonvilles sont la marque la plus visible de l’urbanisation anarchique.
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