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MONTRÉAL – Des étangs millénaires de la toundra arctique, dans le Grand
Nord du Canada, se sont partiellement asséchés et certains ont même
disparu en moins de 25 ans en raison des changements climatiques, selon
une étude publiée le 3 juillet dernier.
«Nos données montrent que les écosystèmes des étangs de la toundra du
Haut-Arctique, qui constituent l'habitat naturel le plus commun de
plusieurs régions polaires, se sont asséchés à la suite du changement
climatique», souligne l'étude publiée par des chercheurs canadiens dans
Proceedings of the National Academy of Science (PNAS).
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Cette photo, prise le 21 mai 2007, montre la fissure de l'île de glace Ayles qui s'est créée lorsque cette île de 16 km de long et de 5 km de large s'est détachée de l'île d'Ellesmere. C'est sur cette île d'Ellesmere que des étangs millénaires de la toundra arctique se sont partiellement asséchés et certains ont même disparu. (Mark Georgiou/BBC/AFP) |
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Les biologistes John P. Smol, de l'Université Queen's (Ontario), et Marianne Douglas, de l'Université d'Alberta, ont compilé des données sur les étangs de la côte orientale de l'île d'Ellesmere, près du 80e parallèle, du début des années 80 jusqu'en 2006. Selon eux, il s'agit de «la plus longue collecte d'informations systématique» du genre sur ces étangs vieux de 6000 ans.
C'est de cette même île d'Ellesmere, la plus nordique de l'archipel Arctique canadien, qu'une plateforme de glace géante de la taille de l'île de Manhattan s'était détachée en août 2005, selon les recherches récentes du professeur Luke Copland, de l'Université d'Ottawa.
La température moyenne en Arctique a augmenté deux fois plus que la moyenne mondiale au cours des 100 dernières années et, d'ici 2100, l'épaisseur et l'étendue des glaciers de cette région polaire subiront d'«importantes diminutions», selon le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC).
Les étangs nordiques sont des écosystèmes particulièrement sensibles aux effets des variations de température, en raison de leur faible volume d'eau et de leur surface étendue.
«En juillet 2006, plusieurs des étangs étudiés avaient disparu, alors que le niveau d'eau de certains autres avait énormément baissé», notent les auteurs de l'étude.
«Si les étangs s'étaient asséchés en août ou septembre, cela aurait déjà été un point de rupture, mais ce qui est étonnant, c’est que certains étangs étaient déjà secs au début juillet», remarquent les chercheurs canadiens.
L'étang de «Beach Ridge», dont la surface avoisinait celle d'un terrain de football lors de la période estivale au début des années 80, était «complètement asséché» en juillet 2006, ont constaté les chercheurs «inquiets» de la situation.
«Je me souviens que lorsque j'ai mis les pieds au sol en sortant de l'hélicoptère, je me suis dit: "Mais qu'est-ce qui se passe donc ici?"», a déclaré le professeur Smol au quotidien The Globe and Mail.
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