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Attentats au Royaume-Uni : deux ans après |
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11-07-2007 |
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Une question importante perturbe encore le Royaume-Uni aujourd’hui.
Pourquoi un bon vivant, connu par ses pairs comme «Sid», a décidé de se
faire exploser dans le métro de Londres afin de tuer le maximum de ses
concitoyens?
À présent, après deux ans et une nouvelle vague d’attentats
terroristes, les Britanniques sont toujours hantés par la même question. |
Des femmes musulmanes manifestent, le 15 juin 2007, à Londres. (Adrian Dennis/AFP/Getty Images) | | Sid
était bien entendu Mohammad Sidique Khan, un professeur de la ville de
Leeds (au nord de l’Angleterre). Dans la communauté, on le connaissait
comme un aimable farceur. En effet, ce n’est qu’après le visionnement
de son effrayant monologue sur vidéo sorti après sa mort que ses
proches amis ont finalement pu accepter la vérité.
Alors que le Royaume-Uni s’apprêtait à commémorer les attentats du 7
juillet 2005, encore peu de gens arrivaient à établir un parallèle
entre les événements des dernières semaines et ceux d’il y a deux ans.
Il y a deux ans, le cerveau était Sidique Khan, un musulman paraissant
bien intégré. La semaine dernière, le suspect principal des attentats à
la voiture piégée à Londres et à l’aéroport de Glasgow était Mohammed
Asha, un neurochirurgien «brillant» de Jordanie.
Il y a tout juste deux mois, l’homme de 26 ans avait reçu une ovation
debout de ses pairs lorsqu’il avait pris la parole dans une conférence
médicale à Hammersmith, Londres.
Le 30 juin dernier, il était appréhendé avec sa femme sur l’autoroute
M6 concernant deux engins explosifs destinés à causer le plus de morts
possibles à l’extérieur de la boîte de nuit Tiger Tiger à Haymarket,
Londres.
Sept autres individus ont été arrêtés en relation avec les attentats
manqués. Les huit suspects sont tous originaires du Moyen-Orient et
travaillaient pour des hôpitaux britanniques, avec des carrières
prometteuses devant eux.
Il y a peut-être actuellement moins de désarroi chez les Britanniques
que lorsque 52 personnes ont été tuées sans avertissement le 7 juillet
2005.
Bob Ayers, un expert sur la sécurité intérieure au centre d’analyse
Chatham House, explique : «Avant le 7/7, nous opérions en supposant que
le terrorisme se produit ailleurs dans le monde plutôt qu’en sol
britannique. À présent, notre réticence à agir à l’encontre de certains
incitateurs de la haine a disparu et nous sommes confrontés à la
réalité que cela constitue un problème domestique.»
Les deux dernières années, depuis la mort des quatre terroristes
kamikazes, ont été marquées par des relations tendues entre le
gouvernement et la communauté musulmane.
Tout d’abord, il y a eu Jean Charles de Menezes, un Brésilien tué par
la police qui l’a pris pour un kamikaze deux semaines après le 7
juillet.
Ensuite, il y a eu Forest Gate, où la police a fait une descente dans
le domicile d’une famille musulmane sur la base de renseignements
erronés et a tiré sur un jeune homme à l’épaule.
Plus tard, il y a eu la loi sur le terrorisme qui a proposé que les
suspects puissent être détenus pendant 90 jours sans procès, et la
dispute quant à savoir si le Royaume-Uni a permis aux avions de la CIA
de passer par ses aéroports.
Plus récemment, il y a eu le titre de chevalier décerné à l’écrivain Salman Rushdie (dont une fatwa de la théocratie iranienne pesait déjà au-dessus de sa tête pour l’écriture des Versets sataniques), ce qui a été perçu comme une insulte pour beaucoup de musulmans britanniques.
«Nous avons certainement subi une série de changements dans notre
système juridique qui ont érodé les libertés civiles. La détention sans
procès, cela représente définitivement une érosion des libertés
civiles», estime M. Ayers.
Le centre d’analyse des politiques, Institute for Public Policy
Research (IPPR) a déjà mis en garde contre l’autoritarisme rampant, sur
la base qu’il pourrait attiser davantage les jeunes musulmans.
Toutefois, l’élément déclencheur derrière les tentatives d’attentat de
la semaine dernière était sans aucun doute l’Irak, tout comme il y a
deux ans.
Le genre d’engins explosifs, une voiture remplie de bidons d’essence et
de bombes de fabrication artisanale, ressemblent à ceux utilisés en
Irak par les insurgés.
Dans sa déclaration la plus forte contre le terrorisme jusqu’à
maintenant, le secrétaire général du Conseil musulman britannique, Dr
Muhammad Abdul Bari, a dit : «Il n’y a aucune cause qui pourrait
justifier une telle barbarie.»
«Ceux qui participent à de telles actions meurtrières et ceux qui leur
fournissent de l’assistance sont les ennemis de tous, musulmans et non
musulmans, et ils s’opposent à nos valeurs partagées au Royaume-Uni.»
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