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Rationnement d’essence au pays du pétrole... |
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Écrit par Aurélien Girard, La Grande Époque
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12-07-2007 |
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Mercredi 27 juin dans la nuit, une douzaine de stations services ont été brûlées à Téhéran au refrain de «À mort Ahmadinejad». Quelques heures auparavant, le gouvernement iranien avait annoncé le début du rationnement d’essence à partir du lendemain : cent litres d’essence par véhicule et par mois – huit cent pour les taxis. Quelle explication au rationnement d’essence chez le 4e plus grand producteur de pétrole au monde ?
On touche au vieux dicton du cordonnier mal chaussé. Le géant iranien, dont le pétrole et l’ambition nucléaire sont au centre de toutes les discussions géopolitiques du moment, doit rationner la consommation de sa propre population.
Défauts d'infrastructure
L’Iran produit environ 4 millions de barils de pétrole, qu’il exporte principalement vers l’Europe et l’Asie. C’est à la fois une manne financière et diplomatique pour le régime ultra-radical de Mahmoud Ahmadinejad, et son talon d’Achille : l’Iran produit beaucoup mais raffine peu depuis la fin de la guerre Iran-Irak, au point que près de la moitié des 80 millions de litres d’essence consommés chaque jour en Iran sont tout simplement importés.
L’essence en Iran, qui reste à un prix dérisoire presque cinq fois inférieur au cours international (pour référence, les Iraniens paient 1 000 rials le litre d’essence, soit moins de 10 centimes d’euros), doit donc être largement subventionnée par Téhéran. Or, Téhéran qui est en pleine escalade militaire ne veut plus faire face à ces coûts.
Le président Ahmadinejad cible des critiques
En choisissant de mettre en place le rationnement, Ahmadinejad va directement contre la base populaire qui l’a porté au pouvoir et à qui il avait promis de mettre «l’argent du pétrole sur la table». Il va avec cette mesure à l’encontre d’une tradition d’essence bon marché considérée comme un acquis par les Iraniens, et va mettre en difficulté toute une partie du peuple qui se crée des revenus d’appoint en faisant le taxi collectif. Jeudi dernier, la police patrouillait dans les rues de Téhéran pour anticiper les possibles débordements, tandis que les Iraniens commençaient à faire des heures de queue devant les stations-services non détruites la veille, et dont la presse locale a illustré ses Une.
Le quotidien conservateur Kayhan, favorable à Ahmadinejad, accuse d’après l’AFP «la mafia du trafic d’essence d’avoir provoqué les attaques contre les stations-services». Mais la population n’a pas de mots assez durs contre le Gouvernement. Le plan de rationnement, prévu pour durer initialement quatre mois, a été annoncé par surprise mardi soir, quelques heures seulement avant son entrée en vigueur.
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