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BRASILIA – Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, en campagne pour sa réélection, a présenté la semaine dernière un plan stratégique de développement du Brésil sur quinze ans, dans lequel il mise sur un taux de croissance du PIB d'environ 6 % jusqu'en 2022. Le président brésilien Lula.Photo de Evaristo Sa (AFP/Getty Images) | Ce plan pour 2008-2022, présenté à un mois et demi de la présidentielle, a été élaboré par le Conseil économique et social, formé par des représentants du gouvernement et des secteurs privé et social. Il prévoit de multiplier par deux le PIB par habitant sur cette période, pour atteindre 21 000 réals (9800 dollars au change actuel). Jusqu'à présent, le président Lula est le grand favori des sondages, qui prévoient sa réélection dès le premier tour, le 1er octobre. «Quel que soit le résultat des élections, je serai en première ligne pour construire une grande entente nationale pour l'avenir de notre pays», a promis Lula. Le plan fixe l'excédent budgétaire à 4,25 % du PIB jusqu'en 2010, le même taux record qu'actuellement. Lula a d'ailleurs appelé à poursuivre «les efforts» engagés depuis le début de son mandat en 2003 pour juguler l'inflation et stabiliser les comptes du pays. La croissance devrait être encouragée par la baisse prévue des taux d'intérêt, actuellement à plus de 10 % en termes réels (inflation décomptée) et qui devraient chuter à 8 % en 2007, 6 % en 2008, 4,50 % en 2009 et 3 % en 2010, selon le plan. Le PIB devrait connaître une expansion de 4,5 % cette année, 4,75 % en 2007 et de 6 % à partir de 2008. Toutefois, les marchés tablent sur une croissance du PIB plus modeste : 3,55 % cette année et 3,7 % en 2007, selon des estimations diffusés le 21 août par la Banque centrale. Dans ce contexte, les industriels ont réclamé une accélération de la croissance, dans une lettre envoyée le 24 août aux candidats à la présidentielle. La Confédération nationale de l'industrie (CNI) a souligné qu'au cours «des dix dernières années, le PIB brésilien a augmenté de 22,4 %, bien en deçà de la moyenne mondiale de 45,63 %». «De 1994 à 2006, l'industrie brésilienne a connu une expansion de 2 % l'an, la moitié de celle du Mexique, trois fois moins que l'Inde et cinq fois inférieure à celle de la Chine», ajoute le texte. «Alors que nous patinons, d'autres pays avancent rapidement», a déploré dans la lettre le président de la CNI, Carlos Eduardo Moreira Ferreira. Au rythme actuel, le «Brésil mettra cent ans pour atteindre le revenu par habitant du Portugal aujourd'hui», selon le directeur exécutif de la CNI, José Augusto Fernandes.
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