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Moscou gèle sa participation au traité sur les Forces conventionnelles |
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17-07-2007 |
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Tensions Occident-Russie
MOSCOU – La Russie, mécontente du rapprochement de la présence militaire américaine de ses frontières, a mis ses menaces à exécution en annonçant, le 14 juillet dernier, qu'elle suspendait sa participation au traité sur les Forces conventionnelles en Europe (FCE) qui limite le déploiement d'armes.
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Soldats russes à l’entraînement. Avec la Russie qui suspend sa participation au traité sur les Forces conventionnelles en Europe, Moscou n’aura plus l’obligeance de signaler ses déplacements de troupes. (Natalia Kolesnikova/AFP/Getty Images) | | Le président russe, Vladimir Poutine, a signé un décret sur «la suspension de l'application par la Fédération de Russie du Traité sur les Forces conventionnelles en Europe et des accords internationaux qui lui sont liés», a annoncé la présidence.
Moscou avait menacé à plusieurs reprises de sortir de ce traité.
Concrètement, les Russes cesseront, entre autres, de fournir des informations à l'OTAN sur leurs forces conventionnelles et refuseront les inspections, a expliqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, en précisant que le décret avait été signé le 13 juillet dernier.
Moscou ne sera tenu par aucune limite sur ses armes conventionnelles dont la quantité dépendra de la «retenue» dont feront preuve les parties au traité, a souligné le ministère.
L'OTAN a jugé «décevante» cette décision. Les États-Unis se sont également déclarés «déçus» tandis que Berlin a exprimé sa «grande préoccupation». Déception aussi pour la Roumanie et la Pologne, qui «regrettent» cette décision.
Cette mesure «sans précédent dans l'histoire récente de la Russie [depuis la chute de l'URSS en 1991] ne signifie pas que nous avons claqué la porte du dialogue», a cependant assuré le ministère russe.
Le décret charge le ministère d'informer les pays concernés et prévoit que Moscou suspendra sa participation 150 jours après qu'ils auront reçu l'information envoyée le 14 juillet.
Moscou reproche aux pays de l'OTAN de ne pas ratifier une version du traité révisée en 1999 à Istanbul pour tenir compte de la disparition du Pacte de Varsovie qui unissait la défense de l'Union soviétique avec celle de son glacis des pays socialistes d'Europe de l'Est, tels que la Pologne, la Bulgarie ou la Hongrie.
Les pays de l'Alliance atlantique refusent de ratifier la nouvelle version tant que Moscou n'aura pas retiré ses troupes de Géorgie et de Moldavie pour se conformer aux engagements pris à Istanbul. Ils en sont donc restés au texte signé, le 19 novembre 1990 à Paris, entre l'Alliance atlantique (OTAN) et le Pacte de Varsovie.
«Le Traité dans sa forme actuelle est désespérément dépassé», a déclaré la diplomatie russe, le 14 juillet, en soulignant l'entrée dans l'OTAN d'anciens alliés de l'URSS.
«Les limitations de la quantité d'armements russes sur différentes parties de notre territoire ont perdu tout sens. Aujourd'hui, elles empêchent de lutter plus efficacement contre le terrorisme», affirme le ministère.
La Russie critique aussi le déploiement de troupes dans de nouvelles bases américaines en Roumanie et en Bulgarie.
Les projets de plus en plus concrets d'installation d'éléments d'un bouclier antimissile américain en Pologne et en République tchèque, deux pays qui, il y a à peine vingt ans, faisaient partie de la zone d'influence russe, ont avivé l'ire de Moscou.
D'autant que les récentes propositions de Vladimir Poutine à son homologue américain, George W. Bush, pour trouver une alternative à ce projet dans ces deux pays n'ébranlent pas la détermination de Washington.
Des experts russes pensent que ce geste va pousser les Européens à ratifier la nouvelle version de l'accord FCE.
«Ce geste assez dur qui montre que la Russie ne bluffe pas […] va forcer les pays européens n'ayant pas encore adapté le traité FCE à accepter les propositions de la Russie pour son adaptation», a déclaré à l'agence Interfax un membre de l'Académie des sciences militaires, Anatoli Tsyganok.
«L'Europe n'est pas contre ce Traité. Ce sont les États-Unis qui n'y ont pas intérêt, car ils projettent de déployer des troupes en Europe : en Roumanie, en Bulgarie et peut-être en Ukraine et cet accord les en empêche», selon le général Leonid Ivachov, président de l'Académie des problèmes géopolitiques, cité par Interfax.
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