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Accueil arrow L'actualité arrow International arrow Hugo Chavez mène le Venezuela à la dictature, selon Mgr Porras
Hugo Chavez mène le Venezuela à la dictature, selon Mgr Porras Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
19-07-2007

 

LA HAVANE – Le président du Venezuela, Hugo Chavez, dirige son pays «vers une dictature» marxiste-léniniste tout en confisquant le discours religieux, a estimé à La Havane l'évêque Baltazar Porras, le prélat vénézuélien accusé par le chef de l'État de cacher «le diable sous sa soutane».

Au Venezuela «toute institution ou personne qui ne cadre pas avec le processus révolutionnaire est considérée comme un ennemi», a déclaré l'évêque de Merida (ouest), qui a présidé de 1999 à 2006 la conférence épiscopale du Venezuela, dans une interview accordée à l'AFP.

L'évêque vénézuélien Baltazar Porras
L'évêque vénézuélien Baltazar Porras estime que Hugo Chavez mène son pays vers la dictature. (Adalberto Roque/AFP/Getty Images)
 

Le prélat participait à Cuba avec 70 autres évêques et cardinaux à l'Assemblée générale du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM), qui s’est tenu pour la première fois dans l'île communiste.

Après une année d'apaisement, les relations de l'Église avec le régime du dirigeant Chavez, «fils spirituel» de Fidel Castro, se sont à nouveau tendues cette année, raconte l'évêque, élu premier vice-président de la CELAM le 10 juillet dernier.

«Il y a un énorme climat de tension, d'exclusion, dont l'Église fait l'objet […] À partir des élections en décembre dernier, le processus révolutionnaire s'est accéléré, et l'intransigeance et le rouleau compresseur du gouvernement se sont fait sentir. Il y a une confiscation de tous les pouvoirs publics de la part de l'exécutif. Il n'existe plus qu'un seul pouvoir», a déploré l'évêque.

«Indiscutablement, ils ont redoublé non seulement les attaques, mais aussi les insultes contre l'Église», selon le prélat.

La polémique s'est envenimée cette semaine, après que le chef de la diplomatie d'Hugo Chavez, Nicolas Maduro, eut accusé la Conférence épiscopale du Venezuela (CEV) d'être «une nouvelle Inquisition avec les vieux manuels de la Guerre froide», et de «préparer un plan de déstabilisation» du pays.

La CEV a publié un document avertissant que Hugo Chavez dirigeait le pays vers «un système marxiste-léniniste», sur le modèle de Cuba.

«Nous y allons. Il [Hugo Chavez] l'a dit publiquement, l'exemple, c'est Cuba. La répétition est permanente : la société vers laquelle nous voulons aller est la cubaine, ou celle de la Corée du Nord, ou d'Iran. Au final, les modèles à suivre sont ceux qui sont le plus questionnés aujourd'hui», selon l'évêque.

«Si toute forme de désaccord est pénalisée, inquiétée, pourchassée de diverses façons, alors indubitablement il s'agit d'une démocratie formelle», a-t-il ajouté.

Mgr Porras s'est élevé également contre les références aux Évangiles ou au Christ, auxquelles Hugo Chavez a régulièrement recours pour justifier son action.

«Il y une appropriation, un détournement du langage religieux commun», a affirmé le religieux, selon qui il s'agit d'un trait «des régimes de type fasciste ou nazi».

Le président Chavez avait accusé Mgr Porras de cacher «un diable sous sa soutane» quand il présidait la CEV.

«J'ai tout écrit, depuis la première insulte qu'il m'a lancée le 13 décembre 1999 jusqu'à aujourd'hui. C'est le même schéma, le même cliché qui se répète, avec des épithètes de plus en plus fortes», a raconté en riant l'évêque, dont le bureau est orné des caricatures sur son affrontement avec le chef de l'État.

Hugo Chavez, au pouvoir depuis 1999, a accusé la hiérarchie catholique, et notamment le cardinal José Ignacio Velasco, décédé depuis, d'avoir participé à l'éphémère coup d'État d'avril 2002 qui l'a renversé durant 48 heures.

Fin 2005, la nomination du nouvel archevêque de Caracas, le cardinal Jorge Urosa, avait permis une détente dans les relations de l'Église avec l'État.

Le nouveau mandat présidentiel (2007-2013), placé sous le signe de la radicalisation de la révolution et la construction du «socialisme du XXIe siècle», a mis fin à cette embellie.
 

 

 




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