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Pour une prison plus humaine Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Frédérique Privat, La Grande Époque - Guadeloupe   
25-07-2007

 

 

 

Le succès de la série américaine Prison break, qui dépeint à travers l’évasion de deux frères la sombre réalité des prisons américaines, aura fait bien des émules.

 

En novembre dernier déjà, avec l’émission sur Canal+  Prisons, la honte de la République, où furent exposés aux yeux du spectateur encore peu convaincu, les viols, suicides, ou encore dans le meilleur des cas, la surpopulation chronique que connaissent les établissements pénitentiaires de France.


 

Des alternatives aux prisons traditionnelles « emmurées » dans la violence et la promiscuité existent
Des alternatives aux prisons traditionnelles « emmurées » dans la violence et la promiscuité existent. (Photos.com)
 

 

Bref, le tableau semble bien sombre et comme le concluait Joël Thoraval, président de la Commission nationale des droits de l’Homme  en fin des Etats Généraux qui se déroulèrent dans la même période (novembre 2007), «il faudrait provoquer un débat à contre-courant pour que la prison cesse d’être le miroir des dysfonctionnements de notre société».
Une société qui possède des solutions puisque des actions sont déjà mises en place, mais elles sont encore minimes au vu de l’ampleur et de l’urgence de la situation.


Aux Etats-Unis, où un Américain sur cent est emprisonné (soit 3 millions de détenus), il existe ainsi des petites structures qui tentent d’apporter des réponses humaines à ces problèmes. C’est ainsi que Abraham House a vu le jour à New-York en 1993, sur l’initiative du Père Pierre Raphaël, ceci afin d’endiguer le taux de récidive incroyablement haut (70 %) dans cet état. Dans cette maison neuve, on y trouve des chambres spacieuses et bien aménagées, une salle à manger, une salle de télévision… Les détenus partagent leur peine entre cette résidence et des séjours dans leur famille. Mais en contre partie, ils devront terminer leurs études, trouver une activité sociale, chercher un travail… tout un programme, qui depuis 1999, s’est encore étoffé avec une aide aux devoirs pour les enfants des résidents, des cours d’anglais pour les hispanophones, des distributions de nourriture. Seulement, ce type de structure a un coût non négligeable, et  il n’y a que douze «élus» devrait-on dire, qui peuvent, sur décision du juge, bénéficier en même temps de ce type d’incarcération.


Mais, les résultats sont là, car sur 100 détenus passés par Abraham House, seul un d’entre eux est retourné en prison. Coup de chance ou réponse de compassion face aux erreurs humaines? La question est plus que jamais d’actualité.


Pour sa part, la France ne reste pas en marge, puisque depuis plusieurs années, des cours de théâtre, d’art littéraire ou plastique animent le quotidien de nombre de détenus. C’est ainsi qu’à Séquedin dans le Nord-Pas-de-Calais, une chorégraphe, Aude Berlin, vient chaque semaine, apporter une bouffée de vie à des femmes détenues, sous forme d’expression corporelle et de danse. En effet, selon l’Observatoire international des prisons, en juillet 2003 par exemple, le nombre de détenues en France s’élevait à 2 275 (soit 3,7% de la population carcérale), un chiffre qui a doublé depuis 1980 (1 159). Or, psychologiquement, le sentiment de honte et de culpabilité lié à la détention est particulièrement intense chez les femmes. Elles somatisent, tombent malades, connaissent des troubles alimentaires ou digestifs. Elles n’ont plus de menstruation, parfois durant toute leur détention. Les états de prostration ou de dépression grave, les taux de suicide ou d’automutilation sont très élevés. Une centaine de suicides de détenues sont annuellement répertoriés par l’administration pénitentiaire. Dans les établissements non spécialisés pour accueillir des femmes, très peu d’activités sont proposées. Les détenues passent presque toute la journée en cellule, à l’exception de l’heure de promenade quotidienne.


C’est pour cette raison que le service pénitentiaire d’insertion et de probation de Loos (59) contacta en 2004, Aude Berlin, danseuse professionnelle et chorégraphe de la compagnie Maestria, pour donner des cours de stretching et de danse aux détenues. L’objectif était de les réconcilier avec leur corps. Les résultats, bien sûr, ne peuvent être perçus «à chaud» mais il est sûr que ces femmes ont pu exprimer à travers ces séances et ceci, pendant 3 ans, leurs souffrances, leurs espoirs et leur identité propre…

 

Merci aux Reporters d’Espoirs

 

à consulter :

le site de l'initiative "Abraham House"
l’ouvrage de Pierre Raphaël  L’appel du Bronx

 

 




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