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Apprivoisement entre Harper et les médias Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Sharda Vaidyanath, La Grande Époque - Ottawa   
11-08-2007

Micros représentant les médias
En exerçant un contrôle plus sévère sur les communications avec les médias nationaux, le premier ministre Stephen Harper pourrait inciter les journalistes à écrire de meilleurs reportages sur la politique, disent les experts. Pierre Elliott Trudeau a aussi eu des différends avec la tribune de presse alors qu’il était premier ministre. (Simon Hayter/Getty Images)
Les restrictions d’Ottawa visant la presse auraient un effet positif sur la démocratie et le journalisme, disent certains

La mésentente entre la tribune de la presse au Parlement et le nouveau premier ministre Stephen Harper a atteint un seuil critique, il y a un an, quand des journalistes des médias nationaux en colère ont quitté une conférence de presse à Ottawa.

M. Harper a présenté un nouveau système pour les reporters de la colline parlementaire donnant la prérogative au bureau du premier ministre de décider qui pose une question, causant ainsi la frustration des journalistes qui ont accusé Harper de favoritisme et d’exclure les organisations médiatiques qu’il n’approuvait pas.

Le premier ministre a déclaré que les médias nationaux agissaient comme l’opposition et les a accusés, dans une interview avec A-Channel en mai dernier, d’avoir des «vues anti-conservatrices» et d’avoir un penchant pour les libéraux.

Le peu ou le manque d’expérience des ministres au cabinet est aussi un facteur, aux dires des sympathisants du bureau du premier ministre, qui explique pourquoi M. Harper veut un contrôle plus sévère sur les communications avec la presse

Les critiques, cependant, disent que l’imposition des restrictions par M. Harper sur la tribune de la presse représente non seulement une régression de la démocratie, mais va également à l’encontre de son engagement fait avant les élections d’être un gouvernement responsable. Certains experts arguent, toutefois, qu’il y a de bons côtés.

Lloyd Mackey, un membre de longue date de la tribune de la presse et auteur de Stephen Harper: The Case for Collaborative Governance, dit que tout comme il peut y avoir quelques journalistes qui considèrent le gouvernement conservateur comme «maléfique» et méritant une défaite dès que possible, il y a tout aussi bien quelques politiciens qui croient que certains journalistes sont des «vautours» qui doivent être purgés le plus rapidement possible.

Mais en général, M. Mackey croit que le conflit a trait à des «objectifs différents» entre la tribune de la presse et le bureau du premier ministre. Afin de ne pas perdre leur lectorat, les journalistes du Parlement travaillant sur des horaires serrés doivent produire des articles dans lesquels le conflit est un ingrédient de base.

«De façon analogue, avec un gouvernement minoritaire relativement nouveau, il est nécessaire d’avoir une stratégie de communication qui laisse les joueurs importants jouer les mêmes notes. Ne pas tenir compte de l’objectif en définissant le premier ministre comme un despote ou un fanatique du contrôle est faire injustice à l’objectif sous-jacent.»

M. Mackey souligne que M. Harper est le seul premier ministre qui a reçu quelques reporters de la tribune de la presse dans sa résidence, et ceux-ci ont rencontré sa famille à Noël, un geste qui «favorise une bonne volonté des deux côtés».

Maple Leaf Web, un site Internet sur l’éducation politique canadienne, explique que les politiciens fédéraux et la tribune de la presse ont une relation «très compliquée», chacun dépendant de l’autre pour sa subsistance, ce qui engendre un «grand potentiel» de conflit.

En exerçant sa fonction de premier ministre, Pierre Elliott Trudeau, un libéral, avait souvent de «fortes divergences» avec la tribune de la presse, et c’est pourquoi il tentait de contrôler les questions des reporters lors des conférences de presse et avait de vifs échanges avec eux.

Le président de la tribune de la presse nationale, Richard Brennan, ainsi que des sources dans la tribune, disent que les rapports entre le bureau du premier ministre et les médias se sont aggravés depuis les années de Trudeau et de Mulroney.

M. Brennan dit cependant qu’il y a récemment eu «un dégel dans les relations», apportant «un peu d’optimisme» à la situation. Mary Agnes Welch, présidente de l’Association canadienne des journalistes, voit le conflit comme ayant un effet secondaire positif.

Reporter pour le Winnipeg Free Press, Mme Welch soutient que même s’il faut «développer un peu les relations» avec le gouvernement conservateur, les journalistes sont devenus trop dépendants des porte-parole du gouvernement, des ministres et des secrétaires de presse pour faire leur travail.

«Le meilleur journalisme se fait à travers les demandes d’accès», dit-elle. Klaus Pohle est d’accord. Spécialiste de la loi et de l’éthique des médias à l’école de journalisme de Carleton à Ottawa, il croit que les restrictions de M. Harper signifient que les reporters devront faire des recherches plus approfondies et faire plus d’efforts pour rédiger leurs articles.




 
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