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Opposition des universités canadiennes au boycottage des universités israéliennes Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Joan Delaney, La Grande Époque - Victoria   
16-08-2007

Boycottage des universités israéliennes.
Boycottage des universités israéliennes. (Gali Tibbon/AFP/Getty Images)
On s’attend à ce que le débat s’intensifie avec le retour des étudiants à l’automne

Indignées, des milliers d’institutions académiques au Canada et dans le monde ont manifesté leur opposition à une proposition d’un syndicat britannique de boycotter les universités israéliennes.

Le boycottage envisagé par le syndicat britannique University and College Union (UCU) demande la suspension des liens avec les établissements d’enseignement supérieur israéliens, ce qui pourrait affecter les activités comme les échanges ou visites d’étudiants, les allocations de bourses d’études, les publications des documents de recherche et la présence aux conférences.

La résolution de UCU est basée sur l’argument que les universités israéliennes sont complices, par leur silence ou autrement, en refusant aux Palestiniens le droit de recevoir de l’enseignement.

Mais le boycottage proposé a été critiqué comme étant une violation de la liberté de l’enseignement par un très grand nombre de professeurs internationaux, et des condamnations plus sévères venaient de l’administration universitaire canadienne.

Jusqu’à présent, 23 universités canadiennes, incluant York, McGill et celle de Colombie-Britannique, ont émis des déclarations s’opposant à tout boycottage, de pair avec plusieurs autres universités ayant insisté que UCU reconsidère la résolution.

Parmi les premières à publier une déclaration, il y avait l’Université de Colombie-Britannique, dont le président, Stephen Toope, a dit que la tentative «d’un groupe d’érudits de réprimer les points de vue d’un autre est un affront à la société moderne et doit être condamné, quelle que soit la provenance».

Mais McMaster Solidarity for Palestinian Human Rights (MSPHR), un groupe propalestinien basé à l’Université McMaster à Hamilton, croit qu’un boycottage «académique et culturel» renforcerait la liberté académique plutôt que de la réprimer. Le groupe espère motiver les universitaires de McMaster à soutenir le boycottage.

«La position qu’a prise notre président [de l’université] à McMaster, Peter George, est que le boycottage empêchera les étudiants israéliens d’accéder à l’éducation et à la liberté académique», déclare Manal Khader de MSPHR. «Mais en même temps, il ne semble pas aborder le fait que l’occupation israélienne, en elle-même, a empêché les étudiants palestiniens d’avoir ces même droits.»

Selon les explications de Mme Khader, comme «il est stipulé dans la loi internationale» que la liberté académique doit être défendue, en tant que signataire de la loi internationale, il est de la responsabilité du Canada de s’engager dans le boycottage. Elle a fait remarquer qu’un boycottage similaire a contribué à mettre un terme à l’apartheid en Afrique du Sud.

Le fait que la plupart des présidents d’universités aient condamné le boycottage équivaut à «un abus de pouvoir» par l’administration, croit Mme Khader. «Cela devrait revenir aux professeurs, aux étudiants et aux chercheurs au sein de l’université de décider s’ils veulent ou non s’y joindre. Ces décisions ne relèvent pas de l’administration.»

Plus de 10 000 universitaires dans le monde, incluant des lauréats du prix Nobel et des présidents d’universités, ont signé une pétition initiée par Scholars for Peace in the Middle East (SPME) basé aux États-Unis, faisant appel à UCU pour qu’elle renverse sa décision d’envisager une interdiction. SPME a l’intention de soumettre la pétition à UCU «en tant que manifestation de leur outrage face au boycottage».

Alan Dershowitz, un professeur en droit à Harvard, s’affichant comme un défenseur d’Israël, dit dans une virulente déclaration que si le boycottage de UCU va de l’avant, «le résultat final nuira lui-même au monde universitaire britannique».

Anita Bromberg, de B'nai Brith Canada, pour sa part, croit que l’objectif du boycottage est d’«encourager la propagande» contre l’État d’Israël et, par implication, la communauté juive plus élargie qui soutient Israël.

«Ces boycottages ont vraiment un effet», soutient Mme Bromberg. «Cela n’est peut-être pas évident, mais ils sont en train de légitimer quelque peu ce qui est essentiellement une propagande. Toutes sortes d’outils de propagande ont été utilisés pour tenter d’attaquer Israël et le mouvement de boycottage n’est qu’une des nouvelles façons de le faire.»

La secrétaire générale de UCU, Sally Hunt, a pressé, auparavant, les membres du syndicat de rejeter l’appel au boycottage, en croyant que la majorité des 120 000 membres n’appuyait pas une telle action. Mais lors de son congrès annuel en mai dernier, les délégués ont voté en faveur d’une résolution visant à débattre un boycottage complet.

Les critiques du boycottage proposé se demandent pourquoi, de tous les pays dans le monde où existent des problèmes de répression, de génocide et de militarisme, Israël était choisi, et certains ont lancé des accusations d’antisémitisme contre les universitaires britanniques. Mais Mme Khader n’est pas d’accord avec les critiques.

«C’est complètement erroné de dire que c’est une campagne d’intolérance ou d’antisémitisme. Il semblerait que lorsque les gens se positionnent et soutiennent les Palestiniens, la question de racisme est habituellement soulevée, et ce n’est jamais le cas», estime Yakov Rabkin, professeur d’histoire à l’Université de Montréal.

Selon M. Rabkin, le fait qu’il y ait de l’antisémitisme ou non derrière le boycottage est sans importance; les accusations d’antisémitisme doivent être mises de côté parce qu’elles servent seulement à réprimer un débat profitable.

«C’est une question complexe, mais vous ne pouvez discuter d’Israël en termes normaux si toute critique d’Israël est perçue comme de l’antisémitisme», fait valoir M. Rabkin. «L’État d’Israël a été créé comme une réponse à l’antisémitisme et, en fait, il a tiré avantage de l’antisémitisme à un certain degré, alors il devrait être traité comme n’importe quel autre État sans aucune allusion malveillante à l’antisémitisme.»




 
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