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Les Bourses mondiales suspendues à l'évolution de la crise des subprimes Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Agence France-Presse   
15-08-2007

 

La bourse de Wall Street à New-York
La bourse de Wall Street à New-York (Getty Images)
Les Bourses mondiales vont être suspendues, cette semaine, à l'évolution de la crise des subprimes et devraient refléter la nervosité des investisseurs qui tentent d'apprécier l'ampleur des difficultés auxquelles est confronté le marché du crédit.

Les interventions massives des banques centrales sur les marchés, la semaine dernière, ont permis d'enrayer le mouvement de panique qui s'était emparé des marchés.

Ceux-ci avaient très mal réagi à l'annonce, le 9 août dernier, par la banque française BNP Paribas qu'elle était contrainte de geler trois de ses fonds de placement investis dans le marché des subprimes aux États-Unis.

«Avec l'assèchement des liquidités à court terme, la Fed et les autres banques centrales ont eu recours à des mesures extraordinaires pour rassurer les acteurs du marché et maintenir les taux au jour le jour dans les marges qu'elles souhaitent», a souligné la banque d'investissement Goldman Sachs dans une note.

Si une autre institution financière devait annoncer à son tour, dans les prochains jours, des pertes importantes, les marchés reprendraient très certainement leur spirale négative.

Ils se tourneraient alors à nouveau vers les banques centrales dans l'attente de les voir, en particulier la Fed, baisser leurs taux pour rétablir la situation et restaurer les flux de liquidités.

Malgré le sentiment de panique qui a saisi les Bourses mondiales les 9 et 10 août derniers, la situation n'est toutefois pas encore catastrophique et leurs reculs restent modérés.

Le 10 août, Wall Street a enrayé ses pertes en fin de séance, et sur la semaine son principal indice, le DJIA, a même terminé en hausse de 0,44 %.

En Europe, le tableau est un peu plus sombre, Londres ayant perdu, sur la semaine écoulée, près de 3 %, Francfort 1,24 % et Paris près de 2,67 %. Mais les marchés européens avaient été jusqu'ici relativement préservés de la crise des subprimes avant de découvrir, avec l'annonce de BNP Paribas, qu'ils ne pouvaient plus l'ignorer.

En Asie, Tokyo a aussi perdu 1,27 % et Hong Kong 3,31 %.

Si la crise s'aggravait, les marchés financiers pourraient toutefois se rendre compte que les banques centrales ne sont pas nécessairement prêtes à assumer toutes les conséquences des excès des dernières années.

Ben Bernanke, qui préside la banque centrale américaine depuis le début 2006, se retrouve aujourd'hui confronté à sa première véritable crise. Sa marge de manoeuvre est étroite entre son souci d'empêcher toute accélération de l'inflation aux États-Unis et celui d'éviter une paralysie du marché du crédit.

S'il inonde le marché de liquidités, il contredit son message anti-inflationniste. Si, au contraire, il choisit de maintenir le cap de sa politique monétaire actuelle, il se verra reprocher par les marchés de contribuer à aggraver la crise.

«Le plus grand service qu'il pourrait se rendre à lui-même et aux marchés est de ne pas céder à la tentation de faire une faveur à Wall Street ou à d'autres et de rester fixé sur son mandat de stabilité des prix», a estimé le Wall Street Journal dans un éditorial du 11 août.

Les Américains appellent moral hazard la politique qui veut que les investisseurs soient renfloués par les institutions publiques après avoir fait des placements hasardeux, et ce mot est actuellement dans toutes les bouches.

«Les banques centrales ne ressentiront par le besoin de renflouer des banques privées qui se retrouvent en difficultés du fait de leurs mauvaises décisions. Le problème est que les banques centrales ont une marge de manoeuvre très étroite entre laisser les banques aller jusqu'à la faillite et laisser les craintes des marchés se développer jusqu'à menacer l'ensemble du système», souligne la Société Générale dans une note.





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