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La plus grande centrale du monde ne redémarrera pas avant des mois Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Karyn Poupee, Agence France-Presse   
18-08-2007
Des membres de l’AIEA inspectant la centrale nucléaire Kashiwazaki-Kariwa
Des membres de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) inspectant la centrale nucléaire Kashiwazaki-Kariwa qui a été affectée par un violent séisme en juillet dernier. Elle ne sera pas remise en marche avant plusieurs mois. (Yoshikazu Tsuno/AFP/Getty Images)
Japon

TOKYO – La centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa (centre du Japon), la plus grande du monde, ne redémarrera pas avant plusieurs mois, en raison des leçons à tirer du violent séisme qui l'a endommagée à la mi-juillet, selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

La relance des activités du site, stoppées par mesure de sécurité, «ne pourra pas se faire très rapidement», a confirmé le 10 août dernier à Tokyo le chef d'une délégation de l'AIEA, Philippe Jamet, au terme de quatre jours d'inspection sur place. M. Jamet a évoqué un délai de «plusieurs mois, sinon d'une année».
 
«Quand on décide de mettre en service ce genre de centrale, il faut étudier très précisément ce qui doit être vérifié, démontrer où sont les priorités, quels sont désormais les niveaux maximums de séismes à prendre en compte. Il faut élaborer une méthodologie», a plaidé l'expert français de l'AIEA.

«Je pense que c'est une des tâches que nous devrons conduire dans les prochains mois ou d'ici une année, je ne sais pas exactement, avant que l'usine ne redémarre», a-t-il précisé.

La centrale de Kashiwazaki-Kariwa a été ébranlée le 16 juillet dernier par un tremblement de terre de magnitude 6,8 sur l'échelle ouverte de Richter, dont l'épicentre était situé à neuf kilomètres seulement.

La secousse tellurique avait déclenché un incendie dans un transformateur et de légères fuites d'eau radioactive, sans danger pour la santé selon la compagnie exploitante Tokyo Electric Power (Tepco) et les autorités nippones.

Depuis, les sept réacteurs de Kashiwazaki sont à l'arrêt pour une période indéterminée.

De l'aveu de Tepco, première compagnie privée d'électricité du monde, la centrale n'était pas conçue pour résister à une telle secousse.

Critiquée pour avoir tardé à faire état des anomalies consécutives au séisme, Tepco a dû solliciter d'autres compagnies électriques pour compenser la paralysie de ce complexe qui alimentait en courant la mégalopole de Tokyo.

Dépourvu de ressources naturelles, le Japon, deuxième économie mondiale, ne peut guère se passer de l'énergie nucléaire qui couvre un quart de sa consommation électrique.

Les inspecteurs de l'AIEA avaient été invités par le gouvernement de Tokyo afin de répondre à des rumeurs alarmistes, en particulier à l'étranger, sur les fuites radioactives.

«Je ne suis pas trop inquiet», a déclaré M. Jamet. «Nous étions en confiance, nous nous sommes sentis libres d'aller où nous voulions, d'enquêter sur tout», a-t-il ajouté, précisant que les inspecteurs avaient mangé sur place des sushis (spécialité de riz et de poisson cru) sans crainte.

«Cette mission est extrêmement importante. Il est essentiel que tous les pays puissent tirer des enseignements de ce séisme, de la façon dont il a été géré, à partir de l'état de la centrale», a expliqué M. Jamet.

Le responsable de l'AIEA a trouvé «particulièrement positif» que le Japon veuille partager les leçons de cette expérience avec la communauté internationale.

«Je ne peux pas dire que nous soyons d'accord sur tout, mais nous avons eu des discussions techniques très approfondies», s'est félicité M. Jamet.

Il a présenté ses premières conclusions «totalement indépendantes», le 13 août, au directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, «qui va les passer en revue, et ensuite le rapport sera publié».

Le chef de la mission de l'AIEA n'a pas donné de date de publication.




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