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Les problèmes de violence et de corruption incitent les Mexicains à quitter leur pays. (Dario Nolasco/AFP/Getty Images) Une augmentation des crimes, la corruption et les cartels de drogue font fuir les Mexicains Avec une population vieillissante, un taux de natalité relativement bas et un manque d’ouvriers et de travailleurs qualifiés, le Canada s’est tourné vers les immigrants de différents pays pour combler ses besoins.
Beaucoup seront étonnés que le Mexique soit devenu un de ces pays, la migration mexicaine ayant monté en flèche au Canada ces dernières années. Il est aussi surprenant de constater que les réfugiés du Mexique, un pays démocratique et pacifique, soient de plus en plus nombreux à venir au Canada.
Les demandes d’asile à titre de réfugié, adressées au Canada en 2005, provenaient principalement de cinq pays dont le Mexique, la Chine, la Colombie, le Sri Lanka et l’Inde.
Le Mexique se retrouve ainsi parmi les pays ayant des régimes répressifs ou qui sont assaillis par la guerre et les conflits, malgré que ce ne soit pas la situation dans ce pays latin situé le plus au nord du continent. Alors quelles en sont les raisons?
La violence des cartels de drogue, la corruption gouvernementale, les crimes en augmentation et le système de pots-de-vin chez les policiers sont quelques-unes des raisons, explique Francisco Rico-Martinez, codirecteur de Faithful Companions of Jesus Refugee Centre (FCJ), une organisation offrant de l’aide aux réfugiés à Toronto.
«La situation au Mexique est très chaotique et s’est graduellement détériorée, et la sécurité publique pour les citoyens est généralement très mauvaise», affirme M. Rico-Martinez.
Une autre raison, c’est que les Mexicains n’ont pas besoin de visa pour entrer au Canada. Donc, ils viennent en espérant obtenir un permis de travail et trouver un emploi, mais découvrent finalement qu’ils doivent retourner dans leur pays pour faire la demande d’un permis de travail. Ayant investi tout ce qu’ils ont pour arriver ici, ils ne peuvent se permettre d’y retourner. Alors, dans plusieurs cas, ils sont obligés de remplir une demande d’asile à titre de réfugié.
Dernièrement, nous voyons une nouvelle tendance avec un plus grand nombre de professionnels de classe moyenne instruits qui se sont présentés au FCJ pour obtenir de l’aide, ajoute M. Rico-Martinez
«Au début, la majorité des Mexicains était des pauvres qui étaient très marginalisés, venant de régions problématiques touchées par la violence et la pauvreté. Mais, récemment, même la classe moyenne éprouve de sérieux problèmes et elle prend maintenant la fuite.»
En 1996, selon la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR), 946 demandes d’asile à titre de réfugié ont été faites par des Mexicains, dont 105 ont été acceptées. Une décennie plus tard, 4948 demandes ont été remplies, avec 931 acceptées. À cause de sa guerre civile, la Colombie a le plus haut taux d’acceptation de réfugiés au Canada. Le taux d’acceptation du Mexique est d’environ 29 %, ce qui est «convenable», dit M. Rico-Martinez.
Au sud de la frontière, une loi qui aurait accordé l’amnistie à environ 12 millions d’immigrants, dont la plupart sont des Mexicains, a été rejetée par le Sénat en juin dernier. Le débat sur l’immigration avait suscité beaucoup d’émotions depuis un certain temps aux États-Unis et avait, dernièrement, pris un ton plutôt hostile envers les immigrants latins, ce qui pourrait encourager plus de Mexicains à choisir le Canada comme terre d’accueil.
Aussi, la sécurité à la frontière entre le Mexique et les États-Unis s’est renforcée après l’événement du 11 septembre, et les États-Unis ont accepté moins d’immigrants et de réfugiés mexicains, ce qui pourrait aussi influencer le fait qu’il y en ait autant qui viennent au Canada, croit Maria Christina Garcia, professeure d’histoire à l’Université Cornell de New York.
Mme Garcia pense qu’il est beaucoup plus difficile pour les réfugiés d’obtenir l’asile aux États-Unis qu’au Canada; quoique les Américains aient, historiquement, accepté plus de réfugiés, leur taux d’acceptation est bas. «Les Canadiens ont été beaucoup plus généreux que les États-Unis en offrant l’asile», dit-elle.
Des femmes fuyant la violence conjugale ou des homosexuels fuyant ce qu’ils disent être une discrimination répandue dans le pays sont nombreux à demander l’asile à titre de réfugié. Ces groupes ont un haut taux de rejet par la CISR, commente Richard Mueller, un économiste à l’Université de Lethbridge.
Dans son étude sur l’immigration mexicaine de 2005, M. Mueller a indiqué que le nombre de Mexicains au Canada a rapidement grimpé depuis le milieu des années 90, en partie à cause du retour des descendants de mennonites canadiens ayant émigré au Mexique.
Après des tentatives d’imposer la scolarisation obligatoire en langue anglaise à leurs enfants, et à cause de l’animosité au sujet de leur exemption sur les services militaires, entre 6000 et 7000 mennonites ont quitté le Canada pour le Mexique dans les années 20. Grâce aux dispositions dans l’ALENA facilitant les exigences pour l’entrée des ressortissants mexicains, plusieurs sont revenus dans les années 80 et 90.
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