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Etat d’alerte pour les produits «Made in China» Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Hanna L. Szmytko, La Grande Époque   
26-08-2007

 

Les jouets «Made in China», un danger pour nos enfants?
Depuis plusieurs mois la «liste noire» des produits chinois s’allonge et les scandales en série défraient la chronique aux quatre coins de la planète. Des composants nocifs sont découverts dans des jouets, des médicaments, des cosmétiques ou de la nourriture. La qualité des produits chinois inquiète et appelle à la vigilance. Certains produits ont déjà fait l’objet d’interdiction aux Etats-Unis, en Asie et l’Europe.

Une série de scandales                                                        
Dès 2004, l’AFP annonce que des analyses effectuées par le ministère de la Santé de Madagascar sur des yoyos chinois contiennent des bactéries inquiétantes pour la santé. Le liquide contenu dans les yoyos fabriqués en Chine avait provoqué l’hospitalisation d’une dizaine d’enfants.


Fin août 2006, une société de San Francisco rappelle plus de 270 000 pistolets à eau susceptibles de blesser des enfants. Selon Reuters, en 2006 toujours, une centaine de personnes seraient mortes au Panama après ingestion d’un sirop contre la toux contenant du glycol de diéthylène. En novembre de la même année, suite à des blessures infligées à trois enfants par des aimants mal fixés, Mattel, le numéro un mondial du jouet, le fabricant de la célèbre Barbie, basé en Californie, rappelle plus de quatre millions de jouets Polly Pocket., la populaire poupée miniature. «Nous avons décidé que c’était dans l’intérêt du consommateur», a ajouté Robert A. Eckert, le PDG de Mattel. «En fait, ces petits aimants très puissants deviennent un sérieux problème lorsqu’ils sont ingérés par les enfants», a-t-il ajouté. «S’ils sont avalés, les aimants peuvent s’attirer entre eux et causer une perforation intestinale, une infection ou une obstruction, potentiellement mortelles», rapporte l’AFP.


En mars 2007, c’est le tour d’une société canadienne, basée en Colombie britannique, qui rappelle soixante millions de boîtes de nourriture pour animaux, après la mort suspecte de plusieurs milliers de chiens et chats en Amérique du Nord ayant consommé des produits contaminés avec de la mélamine (un composant chimique utilisé dans les plastiques), qui combinée à un acide, provoque la formation de cristaux conduisant à des défaillances rénales. Ces boîtes de nourriture utilisaient de la farine du blé contenant cette toxine.
En juin dernier, RC2, un importateur américain de jouets, rappelle 1,5 million de petits trains en bois  Thomas and Friends, dont la vente avait eu lieu de janvier 2005 à juin 2007, en raison des craintes de peinture au plomb. Des produits alimentaires contenant des substances pharmaceutiques non autorisées ont aussi été repérées, comme des lottes et anguilles congelées couverts de toxines, ou des champignons remplis de pesticides interdits.


Début juillet, la Suisse découvre que le gluten de maïs utilisé dans la nourriture pour animaux contient de l’urée injectée frauduleusement. Puis à la mi-juillet, c’est le tour de la Food and Drug Administration (FDA). L’autorité américaine de surveillance de la santé publique, qui avertit que le dentifrice produit en Chine pourrait contenir du diéthylène glycol, une substance extrêmement nocive pouvant provoquer une intoxication en cas d’ingestion, et serait donc potentiellement mortelle. Des cas récents de mort par dentifrice chinois ont été rapportés en Australie. Fin juillet 2007, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), un organisme français de défense des consommateurs  rattaché au ministère de l’Économie, pointe à son tour le dentifrice chinois de la marque Toothpaste New 4U, contenant du diéthylène glycol.


Puis au début d’août, Fisher Price, la filiale du groupe Mattel, toujours aussi inquiet de la présence de plomb dans certains de ses jouets, en rappelle plus d’un million dont les personnages de la série télévisée La rue Sezame et la très populaire poupée Dora l’Exploratrice, vendus aux Etats-Unis entre mai et août cette année. «La peinture utilisée pour ces deux modèles est susceptible de contenir un niveau de plomb au-dessus des normes autorisées», a déclaré la compagnie dans un communiqué. Le plomb peut entraîner des problèmes de saturnisme chez les enfants, la peinture au plomb ayant généralement un goût sucré, les enfants sont tentés de mettre ces jouets à la bouche. D’autre pays que les Etats-Unis sont concernés comme le Royaume-Uni, le Canada , le Mexique, l’Australie, l’Espagne, le Portugal et la France, a précisé le groupe. A peine une semaine plus tard, la société Schylling rappelle 24 000 jouets Thomas and Friends pour les mêmes raisons, et un autre importateur américain rappelle 250 000 pneus pour des raisons de sécurité. A la mi-août, Mattel rappelle dix huit millions de jouets soupçonnés de contenir du plomb.
Le point commun de tous ces rappels ? Le pays d’origine de certains de leurs composants, fabriqués en République Populaire de Chine. 

Les perspectives ne sont pas optimistes
Le problème ne date pas d’aujourd’hui, mais ne fait qu’empirer. Les autorités chinoises, face au risque de phobie du «Made in China», multiplient les opérations de communication destinées à  rassurer les consommateurs occidentaux. Pékin vient d’annoncer la publication d’une liste noire de 429 entreprises, tout en annonçant que 99 % des produits exportés par la Chine sont bons et sûrs. Mais comment y croire ? Que représentent 429 entreprises sur les centaines de milliers qui travaillent pour l’exportation et ne sont pas du tout contrôlées, et alors que la corruption est monnaie courante en Chine ? La poursuite de l’objectif de diminution des coûts à tout prix pousse de nombreuses compagnies à travailler avec des camps de travaux forcés et des centres de détention où les conditions de production sont déplorables. Le culte du ‘secret’ des dirigeants du Parti communiste chinois et leur impunité associée à la corruption généralisée et à la censure de presse aggravent la situation.


Le constat est que la Chine est omniprésente dans la chaîne de production mondiale et que les normes, tant au niveau de la qualité des produits fabriqués que des conditions de travail des ouvriers et de leur sécurité, sont peu appliquées. Les produits de mauvaise qualité affectent depuis longtemps la santé des Chinois. Ce risque est en train de s’étendre dans le monde entier. Il n’est pas exclu que des nouveaux problèmes apparaissent. La méfiance à l’égard «Made in China» se renforce de jour en jour, au point que commencent à apparaître des produits mentionnant «China Free» et «Not made in China».
 





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