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Souveraineté dans l’Arctique – Les Inuits pourraient être des alliés Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Sharda Vaidyanath, La Grande Époque - Ottawa   
31-08-2007

la partie la plus septentrionale de l’île Ellesmere,
Un CP-140 Aurora des Forces aériennes canadiennes patrouille la partie la plus septentrionale de l’île Ellesmere, près du pôle Nord. (Corporal Evan Kuelz)
La semaine dernière à Montebello, Québec, le premier ministre Stephen Harper a rappelé au président Bush que le légendaire Passage du Nord-Ouest appartient au Canada. Mais est-ce qu’une solution au différend avec les États-Unis sur le statut international du passage pourrait se trouver à l’intérieur de nos frontières?

Selon les critiques, l’établissement de la souveraineté canadienne sur l’Arctique a pour objectif principal de s’attaquer aux questions telles que l’impact du changement climatique en Arctique et l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut.

Mais le gouvernement conservateur a été lent à reconnaître le rôle historique des Inuits du Canada sur les questions de souveraineté.

Le 9 juillet dernier, alors que le premier ministre Harper annonçait l’octroi d’une subvention de trois milliards de dollars pour la construction de bateaux de patrouilles côtières et d’un port en eau profonde à Nanisivik, Nunavut, il avait dit que le Canada avait un choix lorsqu’il s’agissait de «défendre notre souveraineté dans l’Arctique».

«Ou bien on l’utilise, ou bien on le perd… au fur et à mesure que les voies navigables pour le commerce mondial tracent un parcours vers le nord du Canada et au fur et à mesure que le pétrole, le gaz et les minéraux de cette région acquièrent de la valeur, le développement dans le Nord deviendra plus crucial dans notre pays.»

Paul Kaludjak, président de Nunavut Tunngavik Inc., l’organisation qui se penche sur les préoccupations des Inuits dans l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut, a répliqué dans le Hill Times : «L’Arctique n’est pas une zone sauvage inhabitée. C’est notre terre natale et elle l’est depuis des siècles. Plus de 50 000 Inuits – de fiers Canadiens – vivent dans l’Arctique canadien.»

Michael Byers, le président de la chaire de recherche canadienne en politiques mondiales et lois internationales à l’Université de Colombie-Britannique, dit que les leaders inuits «ne sont pas enthousiasmés» par le développement militaire dans l’Arctique au Canada; ils veulent une présence de surveillance, explique-t-il, ainsi qu’un développement social et économique et une protection environnementale.

Nous ne pouvons pas avoir une politique à responsabilité sur l’Arctique sans parler du changement climatique. La situation des Inuits est embarrassante pour le Canada… En tant que pays développé, le Canada a une nation en voie de développement dans ses frontières.»

En mai, Michael Mifflin, qui travaille pour le gouvernement territorial au Nunavut, a écrit dans le magazine Policy Options que «le Canada aura de la difficulté à affirmer sa revendication sur la souveraineté si ses citoyens dans l’Arctique ne jouissent pas d’un niveau de vie en parité avec celui des Canadiens du sud.»

Duane Smith, président de la Conférence circumpolaire Inuite, énonce que le gouvernement Harper est «distant» dans son approche en faisant affaire avec les Inuits. Il fait remarquer que dans des traités et des revendications sur le territoire du Nunavut, il y a des clauses et des procédures sur la souveraineté, mais elles «ne sont pas mises en application».

C’est pourquoi les Inuits au Nunavut ont entamé une poursuite judiciaire de 1 milliard de dollars contre le gouvernement fédéral en décembre dernier.

En 1969, les Inuits ont eu un rôle de premier plan dans l’affirmation de la souveraineté canadienne en empêchant un pétrolier américain, Le Manhattan, de traverser le Passage du Nord-Ouest. En 1986, lorsque le brise-glace américain, Polar Sea, a traversé le Passage du Nord-Ouest, le gouvernement canadien a tracé une ligne de démarcation autour de l’archipel arctique – une mesure légale affirmant que les eaux à l’intérieur de la ligne appartenaient au Canada.

«L’utilisation et l’occupation par les Inuits du Passage du Nord-Ouest, qui a été cartographié avec beaucoup de détails dans les années 70, ont soutenu et permis de prendre cette mesure légale», a écrit M. Kaludjak. L’article fait état également des recommandations en 2003 du vérificateur général stipulant que l’accord sur les revendications territoriales doit être appliqué.

Depuis que le rapport très révélateur de 2004 sur l’évaluation de l’impact du climat dans l’Arctique a indiqué que le réchauffement planétaire tend à faire fondre des calottes glacières, les pays font la course pour établir des droits de navigation internationale dans le Passage du Nord-Ouest et rivalisent pour s’accaparer une plus grande part du fond de la mer de l’Arctique, riche en ressources.

D’après la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) de 1982, qui est entrée en vigueur en 1994, les pays côtiers – incluant le Canada qui a ratifié le traité en 2003 – doivent établir des revendications liées à leur plateau continental au-delà de 320 kilomètres du littoral.




 
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