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Accueil arrow Canada arrow Souveraineté dans l’Arctique – Les Inuits pourraient être des alliés
Souveraineté dans l’Arctique – Les Inuits pourraient être des alliés Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Sharda Vaidyanath, La Grande Époque - Ottawa   
31-08-2007


Les 155 membres de la CNUDM, sans oublier l’entrée prochaine des États-Unis, ont jusqu’à dix ans pour entreprendre des recherches et présenter leurs revendications. La date limite du Canada pour présenter une revendication est l’année 2013.

Cependant, en sus de se pencher sur la possibilité de développer une voie navigable dans le Passage du Nord-Ouest pour le transport international à vocation commerciale et des avantages que procurent des voies navigables plus courtes en destination de l’Asie et la côte Atlantique pour des pays côtiers, il y a d’autres questions à régler.

Aux dires de M. Byers, les pays sont principalement intéressées par les gisements de pétrole et de gaz au-dessous de l’océan Arctique et selon les estimations, un pourcentage de 25 % est à extraire. Mais l’impact environnemental causé par l’accélération et l’ampleur de ces activités dans le fragile écosystème demeure une préoccupation capitale pour les Inuits qui y ont vécu depuis des milliers d’années.

Le Canada a deux différends à régler. Tout d’abord, il doit arriver à un accord avec les États-Unis qui avancent que le Passage du Nord-Ouest ne se trouve pas dans les eaux intérieures canadiennes. Deuxièmement, il doit aussi établir des droits sur la dorsale de Lomonosov, longue de 1800 km, entre la Sibérie et l’île Ellesmere du Canada. Cette dorsale est également revendiquée par la Russie et le Danemark qui considèrent qu’elle fait partie de leurs plateaux continentaux.

Le Canada a créé conjointement avec le Danemark un programme d’acquisition sismique sur la dorsale de Lomonosov, au début de 2006, dans la région au nord du Groenland et de l’île Ellesmere, dont les résultats seront publiés d’ici six mois. Actuellement, le Canada participe à une expédition danoise/suédoise dans la même région pour acquérir d’autres données sismiques.

Pendant ce temps, l’opération Nanook 07, la plus grosse opération des Forces canadiennes menée dans le Nord jusqu’à aujourd’hui, qui a pour objectif de «protéger et défendre la souveraineté canadienne dans le nord du Canada», selon un communiqué de presse, a terminé son entraînement là-bas récemment.

L’opération Nanook, une opération conjointe impliquant le déploiement du personnel et des ressources de la Marine, de l’armée de terre et de l’armée de l’air, est dirigée en étroite coopération avec la Gendarmerie royale du Canada et la Garde côtière canadienne.

«Avec une activité accrue dans l’Arctique, la contrebande de drogue et le déversement accidentel de pétrole sont des scénarios potentiels sérieux […] nous devons développer et maintenir certaines mesures [pour parer à toute éventualité]», commente Diane Grover, lieutenant de la Marine et officier des Affaires publiques de Commandement Canada, de Iqualiut.

Iqualiut est un «monde très différent», souligne lieutenant Grover. Il n’y a pas de routes reliant la ville à d’autres lieux, et tout doit venir par bateau ou par avion. Sans technologie, le commandement compte énormément sur ses soldats inuits.

«Les téléphones cellulaires, les radios et les blackberry ne fonctionnent pas ici parce qu’il n’y a aucune infrastructure, alors nous ne pouvons simplement pas compter sur la technologie. Les Rangers canadiens, une unité de réserve composée de soldats inuits locaux, est essentiellement nos yeux et nos oreilles, notre système de surveillance.»

«Dans un sens, ceci est une façon merveilleuse de leur donner [aux Inuits] une nouvelle raison d’être dans leur pays», dit M. Byers, auteur de Intent for a Nation: What is Canada For?

L’année dernière, le gouvernement canadien a remplacé les deux ambassadeurs inuits au Conseil de l’Arctique par une bureaucrate senior, Adèle Dion, du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international. Et même si Mme Dion est également directrice générale de la Direction générale de la Sécurité humaine et des droits de l’homme, le Canada n’a pas signé le projet de déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. La Russie non plus.

«Malheureusement, quelques parties de l’actuelle déclaration ne donnent pas de conseil pratique aux États, aux peuples autochtones ni aux organisations multilatérales puisque, à certains endroits, le texte est vague et ambigu, laissant la place à des interprétations différentes et possiblement contradictoires», explique le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien sur son site Internet.

«Nous tentons toujours de les encourager à voter pour nos droits», déclare M. Smith.





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