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Les secousses du système financier mondial Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Hanna L. Szmytko   
06-09-2007

 

Le subprime ou crédit à risque est un crédit qui est accordé aux ménages très modestes pour l’achat d’un bien immobilier
Le subprime ou crédit à risque est un crédit qui est accordé aux ménages très modestes pour l’achat d’un bien immobilier. Sa caractéristique principale est que le taux d’intérêt dépend de la valeur de la maison. (William Thomas Cain/Getty Images)
La crise des prêts immobiliers à risque américains (subprime) continue à faire des ravages. L’ampleur exacte de cette crise reste encore à évaluer. Les incertitudes sur l’identité des acteurs les plus impliqués dans cette crise font que toute nouvelle négative a un impact fort. L’aversion au risque grandit de jour en jour.

En effet, la crise de confiance provoque des dégâts en cascade avec des révélations incessantes sur des faillites de sociétés de crédits hypothécaires, des engagements dans le subprime des institutions financières ou des difficultés de fonds d’investissement à travers toute la planète.

Les acteurs du crédit hypothécaire américain font faillite
Outre-Atlantique, de nombreux spécialistes des prêts hypothécaires à risques sont en dépôt de bilan ou réduisent la voilure. «La crise des prêts immobiliers à risque a déjà entraîné la faillite ou la fermeture de plus de 84 sociétés du secteur», selon le site spécialisé mortgagedaily.com, cité par l’AFP. Après des rumeurs de défaut possible de Countrywide Financial Corporation, le numéro un américain du crédit immobilier, le dernier de la liste est First Magnus Financial Corp, l’un des plus importants prêteurs immobiliers non cotés aux États-Unis. Le distributeur vient de déposer son bilan, attribuant ces faillites à la crise de liquidité intervenue sur le marché secondaire de crédits hypothécaires. «C’est le quatorzième établissement du secteur à déposer son bilan, cette année», précise le quotidien L’Agefi. Autre société dans la tourmente : la société de prêts hypothécaires Accredited Home Lenders qui décide de réduire considérablement son activité et de supprimer plus de 60 % de ses effectifs du fait des difficultés dans le secteur des prêts à risques.


De grands établissements bancaires sont aussi touchés. Capital One Financial, l'une des grosses sociétés américaines de prêts hypothécaires, met fin à l’activité de crédit immobilier de sa filiale GreenPoint Morgage, racheté il y a moins d’un an. Lehman Brother, l’une de grande banque d’investissement américaine, ferme sa filiale de crédits à risque BNC Mortgage en expliquant dans un communiqué que «les conditions actuelles du marché de crédit nécessitent une forte réduction des ressources et des capacités dans le segment du crédits à risque dit subprime».

Les instances publiques volent à la rescousse des banques allemandes

La première victime européenne de la détérioration du marché subprime a été la banque étatique allemande IKB. Après avoir lancé un avertissement sur ses résultats – en raison de sa forte exposition sur le marché du crédit immobilier à risque – qui sont estimés à plus de 8 milliards d’euros d’après KFW, son actionnaire de référence, IKB est sauvé par ses homologues à hauteur de 3,5 milliards d’euros. Peu après une autre victime de subprime fait surface, il s’agit de la banque de Saxe, la SachsenLB, qui menacée de faillite est cédée in extremis à la banque du Bade-WurtembergLBBW, le numéro un des Landesbanken, pour la modique somme de 300 millions d’euros. Puis, une autre banque publique régionale bavaroise BayernLB vient de reconnaître son implication dans les actifs liés au subprime sans donner plus de précisions. WestLB allonge la liste des établissements emportés dans la tourmente de crédits immobiliers à risque avec plus de 1,2 milliard d’euros d’exposition au subprime. La banque britannique Barclays serait exposée à hauteur de plusieurs centaines de millions de dollars d'exposition à des dettes en défaut, selon le Financial Times qui cite des sources proches du dossier.

Les fonds d'investissement sont entraînés dans la tourmente
Les fonds d’investissement spécialisés dans les opérations spéculatives sur le subprime américain ont également pris la crise de plein fouet. Depuis la liquidation de deux  hedge funds  appartenant à la banque d’investissement Bear Stearns, les annonces de pertes importantes des autres hedge funds se multiplient. Un hedge fund français, Discus Master Fund, géré par Capital Fund Management (CFM) risque de perdre près de 30 % de son actif, la gestion de leurs liquidités étant confiée à la société d’investissement américaine Sentinel qui a déposé son bilan. Les autres gérants français ont également annoncé qu’ils sont touchés par la crise de subprime : Oddo Asset Management, Axa Investment Manager et BNP Paribas Asset Management. Le hedge fund de Cheyne Capital Management, fondé par des anciens banquiers de Morgan Stanley, n’est pas épargné par la crise, car il pourrait liquider 6,6 milliards des actifs en raison de difficulté de refinancement. De même, la première banque d’affaires australienne Macquarie a déjà averti qu’elle était sévèrement affectée par deux de ses fonds obligataires, l’un deux perdant 25 % de sa valeur.

Le spectre de crédit crunch apparaît imminent
Le manque de liquidité s’est propagé à l’ensemble du marché financier et est devenu un problème aigu. Le spectre de credit crunch  apparaît imminent. Les banques centrales volent au secours des marchés. Elles ont injecté plusieurs milliards de dollars dans le circuit monétaire afin de permettre aux banques et autres institutions d’avoir accès à des liquidités. Pourront-elles déjouer le risque systémique ? Le 10 août dernier la Banque centrale européenne (BCE) a injecté un montant historique record de 94,8 milliards d’euros en un seul jour dans le circuit monétaire pour normaliser le fonctionnement du marché monétaire européen. Le précèdent record datait du 12 septembre 2001 et s’élevait à 69,3 milliards d’euros. Depuis le 9 août la Banque Fédérale  américaine (FED) a déjà injecté 132 milliards de dollars.
Les nombreux analystes annoncent qu’il faut s’attendre à  de nouvelles dégradations. «Malheureusement, le pire est à venir», estime Nigel Gault du cabinet Global Insight, qui prévoit l’aggravation de la crise jusqu’à la mi-2008, selon l’AFP.
 





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