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Aires protégées en voie de disparition Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Marijo Gauthier-Bérubé, Collaboration spéciale   
12-09-2007
Photo d'une forêt québécoises
Les aires protégées favorisent aussi grandement l’économie locale et régionale, mais seulement 3% des forêts québécoises sont protégées, selon certains groupes gouvernementaux. (Daniel Bérubé)
Couvrant près de la moitié de la province, les forêts québécoises font partie du décor depuis fort longtemps. Jacques Cartier déclara même dans son journal : «Ces îles sont les meilleures terres que nous eussions jamais vues, nous les trouvâmes pleines de grands arbres […]» Pourtant, aujourd’hui, les grandes forêts qu’il a aperçues en arrivant ici sont menacées par l’exploitation et la présence de l’humain. Seulement 3 % du territoire serait réellement protégé, une situation grave pour la survie de nos arbres.

Juin 2000 : le gouvernement du Québec s'engage à protéger 8 % du territoire québécois d'ici 2005. Nous sommes aujourd'hui en 2007 et, officiellement, il n’y a que 5,4 % de la superficie du Québec qui porte le nom d'aires protégées. Nous sommes bien loin du 8 % promis par le gouvernement, et encore plus loin du 12 % d'aires protégées que la Commission mondiale sur l'environnement et le développement (Rapport Brundtland déposé en 1987) recommandait pour chaque État du monde. La commission Coulombe, elle, spécifiait que 12 % de la forêt boréale devait être protégée d’ici 2010 afin de préserver l’écosystème.

«La commission Coulombe a définitivement eu l’effet d’un électrochoc sur le monde forestier québécois. Depuis, les volumes de bois ont baissé, certes, mais nous sommes encore très loin de la réelle mise en œuvre de la recommandation du rapport Coulombe», selon Adeline Bazoge, chargée de projet Aires protégées chez Nature Québec et coordonnatrice de l’initiative Aux arbres citoyens!

En 1994, l'Union mondiale pour la nature (UICN) définissait clairement ce qu'était une aire protégée et c'est cette définition que le gouvernement du Québec a utilisée en décembre 2002 pour créer la Loi sur la conservation du patrimoine naturel, donnant ainsi une définition québécoise d'aire protégée : «Un territoire, en milieu terrestre ou aquatique, géographiquement délimité, dont l'encadrement juridique et l'administration visent spécifiquement à assurer la protection et le maintien de la diversité biologique et des ressources naturelles et culturelles associées».  

Seulement 3 % d’aires protégées

Cette définition exclut donc totalement toutes les zones où l’on pratique une exploitation de la nature (minière, forestière, hydroélectrique, etc.) et c'est pourquoi certains groupes environnementaux, comme le Fond mondial pour la nature (WWF-Canada) et la Société pour la nature et les parcs du Canada, dénoncent le gouvernement. Selon eux, le total de territoire protégé serait plutôt de 3 % et non de 5,4 %. Ils expliquent cette différence par la présence d'exploitation minière et forestière dans deux zones supposément protégées : une aire dans le Grand Nord et l'autre sur l'île d'Anticosti.

Plusieurs organismes pressent le gouvernement d’agir le plus rapidement possible afin de respecter l’engagement qu’il avait pris en 2000, soit protéger 8 % du territoire. Pour Nature Québec, il est primordial de s’assurer de la protection des territoires de la forêt boréale encore intacte : «C’est pour cela que l’initiative Aux Arbres citoyens! demande au gouvernement de protéger deux immenses sites, soit Vallée des Montagnes Blanches et Pascagama en priorité. […] Il est urgent de voir ces joyaux protégés avant qu’ils ne soient réduits à néant par l’exploitation forestière, qui a malheureusement commencé son œuvre sur le site de Pascagama.»

L’importance des aires protégées

Les aires protégées sont vues comme des laboratoires à ciel ouvert par les scientifiques. Elles leur permettent d’étudier la nature et le fonctionnement des écosystèmes dans lesquels les hommes ne sont pas présents. Elles permettent aussi de protéger les espèces animales et végétales et de préserver les habitats naturels (sans intervention humaine) qui accueillent ces espèces.

Les aires protégées favorisent aussi grandement l’économie locale et régionale puisqu’elles attirent de plus en plus de touristes ou de Québécois amateurs de chasse, de pêche ou encore de plein air. Selon les statistiques tenues par le gouvernement du Québec, les dix-sept parcs québécois auraient accueilli près de 4,2 millions de visiteurs en 1997-1998 et ce chiffre continue d’augmenter d’à peu près 4,7 % par année en plus de rapporter annuellement près de 193,8 millions de dollars.

La protection des zones forestières a donc une importance capitale pour le bien-être de l’écosystème québécois en plus de protéger l’économie future de la province.




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