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Six ans après, l’Amérique n’est pas plus sûre |
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Écrit par Noé Chartier, La Grande Époque – Montréal
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11-09-2007 |
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La statue de la Liberté, avec en arrière-plan Manhattan, site des attentats du 11 septembre 2001. (AFP/Getty Images) Osera-t-elle changer de cap ?
Le triste anniversaire du 11-septembre est maintenant devenu un rituel pour évaluer les progrès réalisés depuis les attaques contre le World Trade Center (WTC). D’année en année, les Américains se posent la même question: est-ce que notre pays est plus sûr? S’ils peuvent déclarer qu’aucun autre acte terroriste d’envergure n’a été perpétré depuis, grâce à une sécurité intérieure renforcée, le portrait à l’extérieur des frontières est des plus sombres et la menace toujours aussi élevée.
Faillite annoncée La déclaration de «guerre à la terreur» du président américain, George W. Bush, quelques heures après les attentats contre le WTC, était un présage des années de chaos à venir : une solution militaire contre un ennemi non défini. Les résultats concrets de cette stratégie après six ans parlent d’eux-mêmes.
Philip H. Gordon, analyste senior chez le think tank de Washington Brookings Institution et ex-membre du Conseil de sécurité nationale américain, trace un portrait clair et cinglant des échecs ou défaillances des politiques de l’administration Bush dans son livre récemment paru, Winning the Right War: The Path to Security for America and the World.
«Six ans après le début de la “guerre contre la terreur”, les Américains sont moins en sécurité, nos ennemis sont plus forts et le point focal géographique du champ de bataille – le Moyen-Orient – est dangereusement instable», écrit-il.
Pour illustrer son point, il mentionne la guerre en Irak, qui coûte 300 millions de dollars par jour, où les pertes de tous les côtés montent toujours en flèche et où les États-Unis doivent maîtriser une insurrection en plus d’une guerre civile; le régime fondamentaliste en Iran est toujours bien en place, cherchant à se doter d’armes nucléaires, alimentant les conflits irakien et afghan et commanditant des groupes terroristes; la bande de Gaza est sous le contrôle du Hamas, organisation islamiste radicale; le Hezbollah est populaire au Liban, ayant déclaré sa «victoire» sur Israël à l’été 2006; la Syrie est dominée par une dictature antiaméricaine, alliée de l’Iran; et Israël n’a pas amélioré les relations avec aucun de ses voisins, les possibilités de paix étant bien loin.
À travers tout cela, M. Gordon remarque la faillite de l’autorité morale des États-Unis, qui sont de moins en moins respectés partout dans le monde, même par leurs alliés, et de plus en plus viscéralement détestés dans le monde arabo-musulman.
Thomas H. Kean et Lee H. Hamilton, respectivement ex-président et ex-vice-président de la commission américaine sur le 11-septembre, arrivent aux mêmes conclusions dans un article publié, le 9 septembre 2007, dans le Washington Post.
Ils écrivent : «Le progrès à domicile – dans notre capacité de détecter, prévenir et répondre aux attaques terroristes – a été difficile, incomplet et lent, mais il a été réel. À l’extérieur de nos frontières, toutefois, la menace d’un échec pèse [sur nous]. Nous faisons face à une vague de radicalisation et de rage dans le monde musulman, une tendance à laquelle nos propres actions ont contribué. La menace continuelle ne vient pas d’Oussama Ben Ladena, mais des jeunes musulmans sans travail ni espoir, qui en ont contre leurs propres gouvernements et qui voient de plus en plus les États-Unis comme un ennemi de l’Islam.»
Autorité morale La perte d’autorité morale est aussi abordée par MM. Kean et Hamilton dans leur essai. Pour eux, elle a un nom : Guantanamo. «Aucun mot n’est plus empoisonné pour la réputation des États-Unis que Guantanamo», estiment-ils. Les deux hommes affirment que la prison devrait être fermée immédiatement et qu’une politique légale et viable internationalement devrait être instaurée pour restaurer la crédibilité américaine.
Mais au-delà de Guantanamo, il y a la guerre d’Irak déclenchée sans l’accord de la communauté internationale, le scandale de la prison d’Abu Ghraïb pour lequel aucune justice réelle n’a été accomplie et d’autres dérapages moindres ou inconnus.
Pour les critiques plus sévères, c’est un demi-siècle de politique étrangère questionnable, avec le soutien de régimes totalitaires en Amérique du Sud et ailleurs.
L’Amérique est-elle devenue «faible», comme le prétend Oussama Ben Laden dans sa dernière vidéo?
L’Irak draine Une chose est certaine, l’Irak est en train de drainer les ressources américaines. Ces derniers jours ont été particulièrement périlleux, alors que tous attendaient le bilan du général Petraeus, en charge des forces américaines en Irak, supposé être déterminant dans la planification de la prochaine marche à suivre.
On se bat à Washington et dans les pages des grands quotidiens pour déterminer si la surge (surtension, augmentation drastique) de troupes à Bagdad a réussi à réduire les pertes de la coalition et les attaques interconfessionnelles. Car il s’agissait d’un tour de force, ou d’une obstination, que d’envoyer des milliers de soldats en plus en Irak alors qu’un mouvement très fort demande une réduction planifiée ou un retrait total.
On commence à critiquer aussi cette stratégie de mettre tous les œufs dans le même panier, tandis que des foyers terroristes comme l’Afghanistan sont aux prises avec un manque d’effectifs. L’importance accordée à l’Irak est aussi en train de rendre les États-Unis aveugles ou impuissants face à d’autres facteurs pouvant leur causer problème.
Par exemple, la politique de détente avec la Chine est peut-être ce qui pourrait faire le plus grand tort aux États-Unis. Le déficit commercial entre les pays est immense (200 milliards en 2005), en faveur de la Chine, et cette dernière possède un surplus de devises américaines d’environ 700 milliards. Non seulement l’économie américaine se voit-elle fragilisée, ou même projetée dans un état de dépendance, mais les investissements américains en Chine financent le réarmement de Pékin, elle qui vend massivement du matériel militaire aux pays ennemis des États-Unis, l’Iran en tête. Ces armes se retrouvent ensuite dans les mains d’insurgés qui tuent les soldats américains ou de l’OTAN.
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