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La panique se poursuit devant les succursales de la Northern Rock Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Loïc Vennin, Agence France-Presse   
18-09-2007

 

La foule anglaise se rue pour retirer son argent de la
La foule anglaise se rue pour retirer son argent de la "Northern Rock" (Getty Images)
Les files d'attente d'épargnants inquiets se sont étirées la fin de semaine dernière devant les succursales de la banque britannique Northern Rock, malgré les appels au calme après le sauvetage de l'institut par la Banque d'Angleterre.

Dès 6 h, des dizaines de personnes formaient des files d'attente partout dans le pays dans l'espoir de parvenir aux guichets avant la fermeture. Les portes devaient être closes deux heures plus tard qu'habituellement, soit à 14 h (13 h GMT), pour faire face à l'afflux de demandes, a indiqué la banque.

Certaines succursales n'ont toutefois pas respecté la consigne. À Glasgow, en Écosse, une agence de la Northern Rock, située dans le centre-ville, a fermé ses portes à midi et un client, arrivé dix minutes plus tôt avec l'intention de retirer 20 000 livres, a été fermement éconduit.

Environ un milliard de livres (2,07 milliards de dollars CA) auraient été retirés de l’institut, le vendredi 14 septembre, soit 4 ou 5 % de la totalité des dépôts détenus dans la banque par son million et demi de clients, selon la presse.

La Banque d'Angleterre (BOE) a dû venir au secours de cette huitième banque britannique, spécialisée dans le crédit immobilier, en lui accordant les fonds nécessaires au financement de ses opérations «pendant que celle-ci travaille à régler son problème de liquidités».

Cette opération rarissime a fait plonger l'action de la Northern Rock à la Bourse de Londres vendredi, la banque perdant plus de 30 % de sa valeur.

Le directeur général de la Northern, Adam Applegarth, a assuré, vendredi, que son institut n'avait pas encore eu besoin de puiser dans le prêt d'urgence de la BOE, accordé «seulement au cas où nous en aurions besoin».

«Northern Rock restera capable de fonctionner normalement», a assuré pour sa part le ministre des Finances, Alistair Darling.

Mais ses propos rassurants n'ont pas réussi à apaiser les craintes des clients.

«Ma tête me dit qu'il n'y pas de problème, mais mon coeur me dit le contraire», a expliqué, samedi, à l'AFP un comptable quinquagénaire qui patientait depuis plusieurs heures déjà devant la succursale de Golders Green, dans le nord de Londres.

«La banque a suffisamment d'actifs. Nous sommes largement couverts. Je devrais le savoir en tant que comptable, mais je veux quand même retirer mon argent», a-t-il ajouté.

Tous les épargnants ne montraient pas le même flegme. «Ils ne nous ont donné aucune assurance», s'est insurgé un quadragénaire, refusant comme ses compagnons d'infortune de dévoiler son identité.

Les prospectus arides distribués par la banque ont renforcé ce sentiment. Une petite phrase sibylline stipule en effet que seules les deux mille premières livres déposées à la banque sont garanties à 100%. Trente-trois milles autres livres le sont à 90 %. Mais rien n'est mentionné quant au reste, s'inquiète-t-on dans la file d'attente.

Vendredi, un couple d'anciens hôteliers a même organisé un sit-in devant une succursale de la Northern Rock à Chelthenham (centre-ouest de l'Angleterre), parce qu'ils ne pouvaient pas retirer sur Internet un million de livres (2,07 millions de dollars CA) de leur compte. La police a dû intervenir pour les déloger.

«Cet argent nous permet de subvenir à nos besoins», a plaidé l'ancienne hôtelière.

La presse britannique s'est montrée très sévère vis-à-vis du gouvernement. Le premier ministre «Gordon Brown doit accepter la responsabilité de cette bulle (immobilière) : pendant les dix ans qu'il a passés au ministère des Finances, il a été content de profiter d'une fausse prospérité fondée, non pas sur une hausse de la productivité mais des prix de l'immobilier», a ainsi accusé le Daily Telegraph.

La Northern Rock, cinquième établissement britannique en ce qui concerne le crédit hypothécaire, est le premier institut du pays à être aussi durement touché par les répercussions de la crise des crédits immobiliers à risque (ou subprime) aux États-Unis.

Le tabloïd Sun, quotidien à plus grand tirage du pays, a dénoncé quant à lui le fait que «la banque a continué à prêter aux clients des montants jusqu'à [...] 125 % de la valeur de leur propriété, malgré les avertissements sur l'instabilité économique et l'imminence d'une chute de l'immobilier».





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