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Les effets de la crise pourraient avoir des répercussions sur la consommation des ménages. (Andreas Rentz/Getty Images News) Certains essaient de rassurer pour ne pas créer de panique, en prétextant que la crise actuelle aura un impact limité sur le système financier mondial, et d’autres anticipent des scénarios de ralentissement ou encore de récession économique généralisée. Il y a aussi ceux qui, considérant que tous les ingrédients d’une catastrophe sont réunis, sont persuadés qu’il s’agit cette fois d’une crise économique de grande ampleur, sans précédent historique, et prétendent même que la crise sera dévastatrice.
A l’heure actuelle l’estimation des conséquences réelles de la diffusion de la crise financière dans l’économie est trop difficile à faire, car le décalage entre la sphère économique et la sphère financière est important. Personne n’a une vision claire de ce que sera l’économie mondiale au cours des douze prochains mois. C’est pourquoi la majorité des économistes préfèrent évoquer une «crise financière» plutôt qu’une «crise économique.»
Les dernières statistiques sur l'économie américaine sont décevantes
Pour empêcher que la crise financière actuelle freine la croissance économique, Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), a déjà fait savoir que la Fed était prête à agir de manière appropriée pour maintenir la machine économique en fonctionnement. Les dernières statistiques de l’emploi américain se sont montrées très décevantes avec 4 000 suppressions d’emploi pour le mois d’août, alors que le consensus était de 110 000 créations d’emploi. Il s’agit du premier déclin en matière d’emploi depuis quatre ans. Le mauvais chiffre de l’emploi est souvent considéré comme un signe précurseur d’une croissance future nettement inférieure à son potentiel. D’autres statistiques disponibles sur l’économie américaine amplifient des inquiétudes : les défauts sur les prêts de subprime dont le taux a désormais dépassé 14 %, poursuivent leur progression et les saisies de logement ont augmenté de 50 % en un an, d’après les statistiques de Mortgage Bankers Association publié début septembre. Selon le dernier sondage trimestriel de Nabe (National Association for Business Economics), l’association américaine des économistes d’entreprises, presque la moitié des économistes considèrent que le point bas de la détérioration du marché immobilier sera atteint au plus tôt au quatrième trimestre 2007, voire plus tard.
Les banques centrales doivent accoder leurs violons
Le fait que la Banque centrale européenne (BCE) ait privilégié le statu quo et renoncé à relever ses taux directeurs montre que la crise financière actuelle est préoccupante et que la croissance dans la zone euro pourrait en être affectée. «Il y a un risque de contagion à l’économie réelle aux Etats-Unis», a estimé Jean-Claude Trichet, gouverneur de la BCE, selon l’AFP. «Nous devons suivre très attentivement ce qui va se passer», a-t- il souligné, en ajoutant devoir «rester en alerte». D’après l’enquête de l’Association Française des Trésoriers d’Entreprise (AFTE) auprès de 876 de ses membres publiée fin août, près d’un quart des grandes entreprises françaises sont concernées par les répercussions de la crise, 23 % des personnes ayant répondu estiment que leur propre entreprise est concernée par la crise du subprime, et 70 % pensent que la crise des marchés peut entraîner un ralentissement économique généralisé, et que celui-ci sera déclenché par une crise immobilière aux USA.
Des voix s’élèvent pour reprocher à la Réserve fédérale américaine (Fed) d’avoir favorisé au cours des dernières années, par sa politique monétaire accommodante, la formation de bulles spéculatives par l’endettement. C’est notamment le cas du gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. Dans une interview parue dans le quotidien Le Monde, Christian Noyer affirme que «la crise a été alimentée initialement par des excès commis aux EtatsUnis dans la distribution des crédits et par une insuffisante valorisation des risques sur les marchés financiers.»
La croissance mondiale 2007 revue à la baisse
Les différentes projections de croissance commencent à être revues à la baisse même si pour l’instant les effets de contagion à la sphère économique restent limités. L’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) a déjà averti que la crise des prêts hypothécaires américains impactera la croissance dans les grands pays industrialisés, rapporte l’AFP. «Le secteur immobilier devrait peser plus lourdement et plus longtemps que prévu» sur l’économie, a indiqué Jean-Philippe Cotis, l’économiste en chef de l’OCDE. Le Fonds monétaire international (FMI) a lui aussi annoncé fin août que la crise financière aurait un «certain impact» sur la croissance mondiale.
Il est encore trop tôt pour mesurer l’ampleur de la crise, mais l’ajustement brutal à la sphère réelle ne peut pas être exclu. S’agit-il d’une simple revalorisation du risque financier ou sommes-nous au début d’un «effet domino» qui provoquerait une récession globale ? Le débat reste ouvert.
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