Accueil L'actualité Ecologie / Environnement Les animaux de ferme, des races en voie d’extinction |
|
|
Les animaux de ferme, des races en voie d’extinction |
|
|
|
|
Écrit par Héloïse Roc, La Grande Époque
|
|
23-09-2007 |
|
L’agriculture intensive est en train de courir à sa perte. Comment ? En se concentrant sur un nombre trop restreint de races animales, comme la Holstein dans le secteur laitier, le cochon Duroc dans le secteur porcin ou les poulets Rhode Island Red et Leghorn, avec à la clef «un risque d’extinction de plusieurs autres espèces» indigènes et patrimoniales ainsi qu’une dangeureuse «érosion de la diversité». (Frédérick Morin/AFP)
Une race d’animaux d’élevage disparaît chaque mois dans le monde, ce qui inquiète l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), alors que les associations écologistes, de défense de la nature, de la biodiversité et de la variété des espèces centrent leur attention uniquement sur la protection de la faune sauvage. Il faut en effet se demander pourquoi la disparition des animaux domestiques n’intéresse personne… Devant ce vide associatif, la FAO lance un cri d’alarme car un millier de races environ ont entièrement disparu au cours du 20e siècle. La FAO demande a la communauté internationale d’adopter un plan pour stopper cette hémorragie de disparition des espèces, et de maintenir coûte que coûte la diversité des animaux de ferme, pour protéger les réserves alimentaires mondiales.
Des races menacées d'extinction présentent des caractéristiques uniques
Alexander Müller, sous-directeur général de la FAO s’est adressé aux participants de la première conférence technique internationale sur les ressources zoogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture : «Les solutions que ces ressources offrent pour l’amélioration de la production animale seront d’une importance considérable au cours des prochaines décennies, le changement climatique et l’émergence de maladies du bétail virulentes soulignent la nécessité de préserver la capacité d’adapter nos systèmes de production agricole.» En effet les nombreuses races menacées d’extinction présentent des caractéristiques uniques, de résistance aux maladies et d’endurance aux phénomènes climatiques futurs. Elles pourront être utiles pour affronter l’avenir et pour la sécurité alimentaire des générations futures. «Les ressources zoogénétiques sont importantes pour tout un chacun, mais elles le sont plus particulièrement pour les populations des pays en développement, souvent parmi les plus pauvres», a insisté M. Müller, en accentuant l’obligation d’aider les gardiens de troupeaux dans les pays pauvres, qui veillent sur une grande partie de la diversité génétique animale.
Pour la rentabilité, des races plus productives ont été choisies
La sélection des animaux de ferme s’est faite dans les pays occidentaux. Depuis plus de 30 ans, les races à haute rentabilité ont été préférées, tandis que les races traditionnelles ont été progressivement évincées. Malheureusement ce phénomène de diminution de la biodiversité, chez les animaux de ferme, atteint désormais de nombreux pays en voie de développement, et se traduit par la disparition d’une race par mois depuis sept ans en moyenne. Doris Leuthard, conseillère fédérale suisse aux affaires économiques, a souligné l’intention de la Suisse qui s’efforce de protéger la diversité animale du pays, avec 90 races de bovins, chevaux, porcs, moutons et chèvres, tout en sachant que les autres pays n’ont pas forcément les moyens d’assurer ces efforts de conservation. Les scientifiques du groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR) s’inquiètent : «De nombreuses races d’élevage africaines, asiatiques et latino-américaines sont menacées d’extinction. Il sera impossible de sauver toutes les races menacées.» C’est pourquoi ils demandent l’établissement rapide de banques de gènes afin de conserver le sperme et les ovaires des races en voie d’extinction.
|
|
|
|
|
|