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Les montagnes au Japon sont considérées comme des divinités. On dit que les divinités du sommet descendent dans les plaines rizicoles au gré des saisons agraires, puis suivent le cycle de l’eau et de la récolte (Toshifumi Kitamura/AFP) Un symposium international sur la question de la biodiversité dans les montagnes s’est tenu à Tokyo le 27 juin dernier, au sein de l’université des Nations unies. Les montagnes représentent un cinquième de la surface émergée du globe et hébergent près d’un vingtième de la population mondiale, des communautés qui sont de plus en plus urbanisées et cultivant des terres de plus en plus vastes. De plus, à l’heure où la question de l’accès à l’eau potable devient cruciale, il faut aussi garder à l’esprit que les montagnes forment un gigantesque réservoir d’eau douce. Elles abritent, en particulier au Japon, bon nombre de sites religieux de la plus haute importance. Toutes ces données font que les montagnes sont au centre de la problématique de la biodiversité.
Au Japon, les montagnes sont considérées comme résidences divines
Pour faire face aux changements que subit cet environnement si particulier, les Nations unies ont proposé une charte de développement durable, adoptée à la suite de la conférence de Bishkek tenue au Kirghizistan pendant l’année internationale de la montagne (2001-2002). Les différents orateurs ont aussi insisté sur l’importance des coutumes et des méthodes locales de préservation de l’environnement (planter des arbustes pour limiter l’érosion des sols, cultiver des espèces locales qui n’appauvrissent pas les sols...). La position du Japon dans ce débat est un peu particulière. Pays développé, le Japon exploite peu ses montagnes alors qu’elles recouvrent près de 70 % de la surface du territoire. Elles sont longtemps restées intactes, notamment en raison de la religion Shinto qui confère aux montagnes le statut de résidences divines : les montagnes ne pouvaient être exploitées que jusqu’à 50 % de leur hauteur.
28 parcs nationaux couvrent 5,5% du territoire japonais
De nos jours, elles doivent faire face à un important flot de touristes, ce qui entraîne des problèmes de gestion des déchets et de suractivité à certaines périodes de l’année. L’activité humaine a aussi modifié l’équilibre biologique naturel de ces zones : introduction d’espèces exogènes, accroissement de certaines populations d’animaux sauvages (cerfs...). Mais les montagnes japonaises ne sont pas pour autant en danger. Depuis 1926, année de l’ouverture du premier parc national du Japon, les autorités n’ont cessé de créer de nouvelles réserves protégées. Aujourd’hui, 28 parcs nationaux couvrent environ 5,5 % du territoire japonais (73 000 hectares de moyenne). De plus, trois sites montagneux sont inscrits au Patrimoine Mondial de l’Humanité (UNESCO) : Shiretoko (dans l’île d’Hokkaido), Shirakamisanshi (au nord d’Honshu) et Yakushima (au sud du Kyushu). Couvrant près de 25 degrés de latitude, les montagnes japonaises sont et devraient rester des sites accueillant une biodiversité très variée.
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