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Le témoignage de Dianna Zhang : elle raconte son histoire de
famille, illustrant le sort de milliers de Chinois victimes des
violences et des manigances du PCC.
Le soleil couchant dans une campagne de Chine. Photo Cancan Chu/GettyImages | « Ici aux Etats-Unis, j’ai une maison avec un peu de terrain. Assise
dans la cuisine et regardant le terrain derrière la maison, souvent je
pense à ma grand-mère. Elle possédait alors un arpent de terre dans une
campagne reculée de Chine. Ce morceau de terre a changé sa destinée et
celle de toute sa famille.
Ma grand-mère et mon grand-père
vivaient dans une région très pauvre de la Chine, entourée de
montagnes, et ils arrivaient à peine à trouver de quoi nourrir 4
enfants. Mon grand père allait à bicyclette jusqu’à la grande ville de
Wuhan vendre de petites marchandises pour soutenir la famille. Plus
tard, ils ont acheté un arpent de terre dans leur ville natale.
Après
que le Parti communiste chinois (PCC) ait pris le pouvoir en Chine, il
a été demandé que chacun remplisse un formulaire faisant la liste de
tout ce qu’il possédait. Ma grand-mère était très honnête, elle écrivit
: un arpent de terre. Le PCC la catégorisa alors comme « propriétaire
foncière. » Mais il a propagé l’idée que les propriétaires fonciers
étaient de mauvaises gens parce qu’ils appauvrissaient les autres et
que par conséquent le parti devait tout leur reprendre, publier leurs
noms et les ré-éduquer.
Beaucoup de gens possédant des terres
furent torturés et exécutés. A l’époque, ma grand-mère avait autour de
60 ans et demeurait à Pékin avec ma tante. Elle fut forcée de nettoyer
chaque jour les toilettes publiques et les passages communautaires. Sa
journée terminée elle devait se tenir devant le portrait de Mao Zedong,
confesser ses fautes, et se laver l’esprit avec l’enseignement de Mao.
Le
gouvernement de la ville de Pékin en eut assez d’avoir à faire aux
propriétaires fonciers et décida de les éliminer. Ma grand-mère dut
quitter Pékin et s’en alla à Wuhan pour vivre avec sa seconde fille. A
Wuhan, elle fut confrontée à la même chose et dut quitter la ville et
retourner au fin fond de la campagne. Elle mourut peu de temps après.
Mes
tantes à Pékin et à Wuhan se reprochaient l’une l’autre la mort de
grand-mère pour ne pas avoir suffisamment pris soin d’elle. Pas un
instant elles ne pensèrent à la souffrance que lui avait causée la
terrible cruauté du PCC qui avait volé la terre de notre famille
privant ma grand-mère de toute possibilité de survivre. Pendant les 20
années qui suivirent, ma tante à Pékin ne ménagea pas ses efforts pour
devenir membre du Parti et finalement elle fut acceptée avant qu’elle
ne prenne sa retraite.
Etre l’enfant d’un propriétaire foncier
n’était pas une petite affaire. Les enfants n’avaient aucun espoir de
promotion et leur possibilité d’accès à une éducation était moins que
sûre. Aussi loin que je me souvienne, mes tantes et mon père écrivirent
des piles de lettres aux dirigeants du parti leur expliquant que
c’était une erreur d’avoir catégorisé notre famille comme propriétaires
fonciers – leur bout de terrain était bien trop petit pour correspondre
au standard de la propriété foncière. Sous tant de pression, ma famille
ne put semble-t-il jamais respirer librement.
Lorsque j’eus 8
ans, mes parents furent envoyés dans les montagnes reculées pour
travailler comme laboureurs et ils m’emmenèrent avec eux. La région
était pauvre. Un jour mon père ramena une saucisse à la maison. Pour la
mettre en sécurité il la suspendit à un fil de fer accroché en travers
de la pièce, très vite tous les rats et les chats du village
accoururent. Ils se battaient pour la saucisse se balançant sur le fin
fil de fer comme des acrobates.
Tous les gens éduqués furent
envoyés pour être ré-éduqués. Mes parents, architectes, n’avaient aucun
espoir d’exercer leur métier. Ils n’avaient jamais fait pousser de riz,
coupé du bois ou porté de l’eau. A présent ils devaient travailler dur
et être aussi efficaces que les paysans de la région s’ils voulaient
survivre. Le PCC n’aimait pas les gens qui pensaient indépendamment de
lui. Il voulait humilier les gens éduqués et s’assurer qu’ils
suivraient les ordres du parti. Et cela n’a pas changé jusqu’à
aujourd’hui.
Le frère de ma mère obtint son diplôme universitaire
d’archéologie au moment où Mao demandait à chacun d’exprimer
ouvertement tout reproche envers le PCC. Beaucoup de gens s’ouvrirent
et s’exprimèrent avec confiance, espérant que leurs suggestions
aideraient le PCC et le pays à devenir meilleurs. Mon oncle était une
personne circonspecte. Lorsqu’on lui demanda d’exprimer ses reproches
il se contenta de dire « on pourrait améliorer la nourriture à la
cafétéria . » Pour cette simple phrase, il fut qualifié de « droitier »
et forcé de labourer la terre pendant 20 ans. Jamais il n’eut la chance
d’exercer la profession pour laquelle il avait étudié. Le sort de ceux
qui en dirent davantage fut bien pire et beaucoup n’y survécurent pas.
Le
sort de ma famille n’a rien d’extraordinaire en Chine. Avec les
histoires des membres de ma famille, de mes camarades de classe et de
mes professeurs, je pourrais remplir un livre. Mais pourtant, les gens
ne connaissent pas la vraie nature du PCC qui utilise la violence, le
meurtre, la persécution et la propagande pour garder son pouvoir. Il
continue à tuer des grand-mères sans raison et des sœurs se disputent
encore se reprochant des crimes que lui seul a commis.
Alors que de plus en plus de gens en Chine en viendront à connaître les Neuf commentaires sur le Parti communiste,
ils seront plus nombreux à voir la véritable nature de ce parti, et ne
voudront plus rien avoir à faire avec. Il y a un mois, j’ai publié une
déclaration renonçant à toute association avec la Ligue de la jeunesse
communiste dont j’ai été membre lorsque j’étais au collège. En
comprenant aujourd’hui dans son ensemble le tout du PCC, j’ai honte
d’avoir été associée à son nom dans le passé. »
Version anglaise disponible ici.
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