La Chine a émis dimanche un rappel à l'ordre aux médias locaux et étrangers en réaffirmant le monopole de l'agence officielle Chine Nouvelle pour la distribution et la publication des informations d'agences étrangères, une mesure guidée à la fois par des intérêts politiques et commerciaux. En Chine, la presse est entièrement controlée par l'Etat. Source: Getty Images | « L'agence Chine Nouvelle, en tant qu'agence d'information d'Etat, est l'institution légalement autorisée à exercer une administration unifiée sur la diffusion de l'actualité et de l'information en Chine fournies par les agences de presse étrangères », a indiqué Chine Nouvelle dans une série de réglementations publiée dimanche, comprenant 22 articles et concernant les textes, les photos, l'infographie et « les autres formes » d'informations de presse. Ces articles n'ont aucun caractère nouveau, mais rappellent les règles en vigueur, selon lesquelles aucun média chinois ne peut s'abonner directement aux services des agences de presse étrangères. Les utilisateurs chinois « ne peuvent, en aucune circonstance, souscrire, traduire, éditer ou publier des informations de presse diffusées par des agences étrangères », réaffirme l'agence. Chine Nouvelle rappelle aussi qu'aucune information ne pourra être diffusée si elle menace l'unité nationale, la souveraineté et l'intégrité territoriale, la sécurité nationale, la réputation ou les intérêts de la Chine. Ces dernières années, Chine Nouvelle et le département de la propagande du Parti communiste chinois avaient mis en garde à plusieurs reprises les journaux locaux et les médias étrangers contre toute forme de collaboration directe, alors que certains groupes de presse chinois tentent, tant bien que mal, de s'affranchir progressivement de la propagande. En avril, l'Administration d'Etat de la radio, du cinéma et de la télévision avait rappelé l'interdiction aux chaînes locales d'utiliser les images internationales qui ne passent pas par la télévision centrale (CCTV). Le rappel à l'ordre de dimanche intervient dans une logique de strict contrôle des médias par le pouvoir communiste, avec des remises au pas régulières. En août, à deux ans des jeux Olympiques de Pékin, la Chine a mis en prison deux collaborateurs de journaux étrangers, Zhao Yan, collaborateur du New York Times à Pékin, et Ching Cheong, reporter pour The Straits Times de Singapour à Hong Kong.
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