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Les talibans rejettent l'offre de Karzaï |
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Écrit par Nasrat Shoiab, Agence France-Presse
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02-10-2007 |
Hamid Karzai, le président afghan. (Massoud Hossaini/AFP/Getty Images) KANDAHAR – Les talibans ont à nouveau rejeté le 30 septembre, sans surprise, une offre de négociations du président Hamid Karzaï pour mettre un terme à la spirale des violences en Afghanistan, en maintenant leur exigence d'un départ des 50 000 soldats étrangers du pays.
Le chef d'État afghan avait de nouveau proposé des négociations, le 29 septembre, en allant bien plus loin que précédemment, puisqu'il faisait miroiter aux insurgés la possibilité de postes gouvernementaux.
Mais le porte-parole des rebelles, Youssouf Ahmadi, a déclaré à l'AFP que «Tant [que les troupes étrangères] ne se seront pas retirées, nous ne parlerons pas au gouvernement Karzaï».
«Les talibans ne sont pas intéressés par des postes au gouvernement, ministère ou quoi que ce soit, mais nous voulons le départ des troupes étrangères et nous restons sur notre position», a-t-il affirmé.
Pour les talibans, il n'y a «rien de neuf» dans les propos de Karzaï.
Le chef de l'État s'est dit prêt à discuter d'une fin des hostilités à peine cinq heures après l'une des pires attaques-suicides des talibans qui a tué 30 personnes à Kaboul, tout en condamnant énergiquement ces actes commis «contre l'humanité» et «l'islam».
Il avait même acquiescé à la question de savoir s'il comptait parmi ses interlocuteurs possibles ses pires ennemis en Afghanistan dont la tête est mise à prix par Washington, le mollah Omar, chef suprême des talibans, et l'autre fondamentaliste rebelle du parti Hezb-i-Islami, Gulbuddin Hekmatyar. L'invitation est pour «tous les Afghans», avait-il dit.
«Il y a des élections, venez vous présenter», leur a aussi dit Karzaï. «Et s'ils demandent “président, donnez-nous tel ou tel poste ministériel sans qu'il y ait de combats” […] j'accepterai immédiatement», avait-il déclaré.
Mais il a réitéré son refus d'un retrait des soldats étrangers qui l'aident à asseoir son autorité et à contrer les violences croissantes, comme l'ont toujours réclamé Hekmatyar et les talibans en réponse à ses offres.
La condition d'acceptation de la démocratie posée par Karzaï et l'insistance des rebelles au départ des troupes internationales revient à «un refus l'un de l'autre», a estimé l'analyste Waheed Mujda, pas très optimiste sur une percée après ces déclarations.
Le porte-parole présidentiel, Homayun Hamidzada, a toutefois affirmé qu'un «sérieux débat» était en cours sur cette offre entre différents groupes existant sous la bannière des talibans, mais pas ceux rattachés à Al-Qaïda.
«Nous n'attendons pas que quelque chose se produise maintenant. C'est un processus qui prendra du temps», a-t-il affirmé.
Pour l'heure, les combats continuent. Trois civils, deux femmes et un enfant, ont été tués lors de combats opposant les talibans aux soldats afghans dans la province est de Paktya, le 29 septembre, selon des sources officielles.
Un responsable provincial a déclaré que les civils avaient été victimes d'un tir de mortier des talibans, qui ont perdu sept hommes après l'intervention de forces internationales.
Dans la ville de Kandahar, chef-lieu de la province du même nom dans le sud afghan, deux policiers ont été tués et deux blessés, le 30 septembre, par l'explosion d'une bombe, attachée à un téléphone portable, qu'ils tentaient de désamorcer. Un cameraman d'une télévision locale qui filmait l'opération a été grièvement blessé et hospitalisé, selon la police.
L'engin avait été placé sur une route menant à la base aérienne de l'OTAN de cette région.
Chassés du pouvoir en 2001 par une coalition internationale, les talibans ont accru leurs attaques contre les forces locales et étrangères, usant notamment d'engins explosifs télécommandés et d'attaques-suicides.
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