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Accueil arrow International arrow Dix morts dans la pire attaque contre la force africaine
Dix morts dans la pire attaque contre la force africaine Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Agence France-Presse   
02-10-2007
Soldats de l’Union africaine au Soudan.
Soldats de l’Union africaine au Soudan. Ils ont récemment été la cible d’un attentat meurtrier dans leur base d’Haskanita. (Don Emmert/AFP/Getty Images)
KHARTOUM – La force africaine déployée au Darfour a subi son attentat le plus meurtrier, avec dix morts, alors que se préparent de cruciales négociations de paix entre gouvernement et rebelles de cette région de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile.

Dans un communiqué, le chef de la mission africaine au Soudan (AMIS), Rodolphe Adada, a condamné avec véhémence l'attaque survenue, le 29 septembre à 16 h 30 GMT, contre la base d'Haskanita, dans le sud du Darfour.

Il s'est dit «outragé» et a estimé que ses auteurs, sans désigner de responsable, «n'ont aucun désir de paix et aucune considération pour les souffrances du peuple du Darfour qu'ils prétendent représenter».

Le texte a confirmé la mort de dix membres des personnels de l'AMIS, ajoutant que sept avaient été sérieusement blessés et que 50 étaient portés disparus. Des équipements et du matériel ont été dérobés.

L'attaque a été menée par des hommes lourdement armés, arrivés à bord de 30 véhicules et qui ont réussi à entrer sur la base africaine, selon ce texte.

M. Adada a eu une série d'entretiens avec les responsables soudanais pour examiner les répercussions de cette agression.

Le commandant de la force africaine, le général nigérian Martin Agwai, se trouvait à Haskanita le 30 septembre pour enquêter et superviser l'évacuation des blessés, selon le porte-parole de l'AMIS, Noureddine Mezni.

Contrairement à M. Adada, le général Agwai a laissé entendre dans un communiqué que l'attaque serait l'oeuvre d'un des nombreux groupes rebelles.

«Les groupes rebelles qui s'impliquent dans de telles violences et commettent de tels carnages minent leur propre crédibilité dans toute négociation», a-t-il souligné, jugeant «regrettables» de tels actes «quelques semaines avant les négociations de paix de Tripoli».

Les pertes de l'AMIS, qui compte 7000 hommes venus de 26 pays, s'élevaient au 1er avril à 17 morts. Ce jour-là, cinq soldats sénégalais avaient été tués dans une attaque attribuée à des rebelles de la faction du Mouvement de libération du Soudan (SLM) de Minni Minawi, pourtant signataire de l'accord de paix de 2006 avec le gouvernement.

Les groupes rebelles du Darfour n'ont jamais paru aussi divisés sur ces négociations de paix, réclamées avec insistance par l'ONU et l'UA et dont le début a été fixé au 27 octobre à Tripoli.

Cette pression internationale ne semble pas pour le moment produire d'effet sur l'un des principaux chefs rebelles, Abdel Wahid Mohamed Nour, qui exige une trêve réelle sur le terrain avant toute négociation.

Un autre groupe rebelle, et non des moindres, le SLM d'Ahmed Abdel Chafi bien implanté dans le sud du Darfour, a également demandé le report de la date des pourparlers, jusqu'à la mise en place d'une trêve.

Mais d'autres groupes, parmi la nébuleuse des factions rebelles, se sont déclarés prêts à aller à Tripoli, après avoir participé à une réunion en août en Tanzanie parrainée par l'UA et l'ONU.

La force africaine au Darfour, souvent perçue comme inefficace en raison d'un manque de moyens et de financement, doit être remplacée dans les mois qui viennent par une force plus robuste, associant les Nations Unies.

Cette force dite hybride doit être composée de 26 000 soldats et policiers chargés du maintien de la paix au Darfour, en guerre civile depuis 2003.

Le conflit, opposant les forces gouvernementales et leurs alliés – des miliciens arabes appelés Janjawid – aux rebelles de souche africaine, a fait quelque 200 000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés, selon des organisations internationales.

Khartoum conteste ce chiffre, parlant seulement de 9000 morts, ainsi que celui des déplacés dans une région aussi vaste que la France et peuplée par quelque 6 millions de personnes.




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