Accueil
Nos derniers articles
Salle de redaction
Jeux gratuits
Flash special
Histoires à suivre
Jeux Olympiques de Pékin 2008
Violences et propagande Made in China
9 Commentaires sur le Parti communiste
Camps et trafic d'organes en Chine
Shen Yun Celebration du Nouvel An chinois
Gao Zhisheng
Instant terrestre
Culture chinoise traditionnelle
VIDEOS - 9 commentaires sur le Parti communiste
Archives
Divine Performing Arts



New Tang Dynasty Television

Radio Son de l'espoir

Powered by  MyPagerank.Net

RSS Newsfeed

Monitor website

Accueil arrow International arrow La révolution de safran des bonzes birmans
La révolution de safran des bonzes birmans Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Aurélien Girard, La Grande Époque   
07-10-2007

 

La marche des moines, Rangoun, le 24 septembre
La marche des moines, Rangoun, le 24 septembre. Plus de 100 000 moines et manifestants défilent en chantant des prières de paix et de compassion. (AFP/Getty Images)
A Rangoun, les militaires birmans ont, malgré la pression internationale, chargé la foule plusieurs jours de suite et tiré à balles réelles, faisant déjà des dizaines de morts – dont un journaliste japonais tué à bout portant d’une balle dans le cœur. Les moines bouddhistes, qui ont impulsé le plus grand mouvement de protestation en Birmanie depuis près de 20 ans, ne renoncent pourtant pas. À la frontière entre choix politique et «choix du ciel», le mouvement birman porte les odeurs mélangées de la poudre et de l’encens. C’est depuis 1988 le plus grand et le plus sérieux espoir de changement pour ce pays vampirisé par une junte corrompue, qui semble prendre le chemin du pire en coupant tous les moyens de communication vers l’extérieur.


Ce n’est pas une révolution, bien que ce soit un phénomène dont la survenue était aussi imprévisible qu’un orage déclenché par le battement d’aile d’un papillon – pour reprendre la fameuse analogie. En Birmanie, les moines bouddhistes sont depuis la mi-septembre à la tête du plus large mouvement pour la démocratie depuis 1988. Mais la junte militaire a mis en place depuis la fin de la semaine dernière une recette implacable : isolement et terreur.


Tout commence – pour la partie visible en tout cas – le 15 août avec l’augmentation des prix de l’essence et du gaz (prix de l’essence doublé, prix de l’essence quintuplé) qui a entraîné une hausse massive et globale des prix, interdisant par exemple à la plupart des birmans l’accès basique aux transports et donc à leur travail.


Cette hausse s’explique par le contexte mondial de raréfaction des carburants fossiles, que la Birmanie subit comme presque tous les pays, malgré ses importantes ressources souterraines : sous-développée, elle n’est en effet pas capable de raffiner le pétrole et doit donc importer son essence, sur un modèle similaire à celui de l’Iran qui, cet été, a aussi connu des émeutes suite à une hausse des prix à la pompe.
À partir du 19 août, des manifestations ont éclaté à différents endroits de la Birmanie, d’abord uniquement contre la hausse des prix. À la grande différence du mouvement de 1988 initié par des étudiants, la vague de protestation a cette fois été lancée par des moines bouddhistes, dont le nombre est comparable à celui des militaires (aux alentours de 400 000) et qui suscitent un grand respect populaire ; le régime birman s’est d’ailleurs souvent appuyé sur eux pour se maintenir.


«Les moines ont une place centrale dans la vie et la culture birmane», dit Simon Billenness, vice président de l’association Campaign for Burma. «Ils ont une légitimité que les militaires ne peuvent diminuer. C’est pourquoi c’est une menace si grande pour le monopole du pouvoir par les militaires.»
Près de 90 % de la population birmane est bouddhiste. Ceci a un temps laissé espérer que les militaires n’oseraient pas s’attaquer à des membres du clergé. La force a cependant été utilisée dans la région de Pakokku début septembre. Malgré l’absence de blessés graves, le fait que l’armée ait dispersé un rassemblement incluant de nombreux moines a été vécu comme une grave offense. Les moines ont alors demandé des excuses et ne les recevant pas, ont brièvement pris «en otage» une vingtaine de soldats, qu’ils ont ensuite relâchés.


Le pas symbolique le plus important est venu ensuite : les moines ont commencé de façon unie à refuser les aumônes venant de militaires, ce qui est une insulte extrêmement grave et «l’équivalent d’une excommunication dans le catholicisme», explique Billenness.


Les rassemblements ont ensuite continué, en province comme à Rangoun avec au milieu des moines de plus en plus de laïques, puis des pancartes d’appel à la démocratie, puis des portraits d’Aung San Suu Kyi, « la Dame », au milieu des images de Bouddha pieusement portées par les moines. En un clin d’œil, les rassemblements contre la vie chère étaient devenus un appel à la chute de la junte militaire.

Aung San Suu Kyi en pleurs

Le clergé bouddhiste ne demande plus maintenant la baisse des prix ou des excuses, mais l’ouverture d’un réel processus vers la démocratie.


C’est un signe évident de la valeur réelle de la «Convention Nationale» dont le pouvoir birman a annoncé avec forces trompettes la finalisation, le 3 septembre. Cette Convention, entièrement contrôlée par la junte, est censée doter la Birmanie d’une Constitution et définir une feuille de route vers une «démocratie disciplinée». Mais elle est vue par l’essentiel des observateurs comme une mascarade.
Fait exceptionnel, probablement signe d’une inquiétude de la junte et d’une volonté d’apaiser les esprits, l’opposante birmane Aung San Suu Kyi, assignée à résidence depuis 2003, a été autorisée à sortir brièvement de sa maison à Rangoun le samedi 22 septembre pour saluer des moines boud-dhistes qui manifestaient. Les gardes armés bloquant l’avenue au bord du lac Inya où se trouve la résidence de Mme Suu Kyi avaient ouvert le passage à un millier de bonzes et autant de sympathisants.


Aung San Suu Kyi, 62 ans, en compagnie de deux femmes, s’est mise à pleurer en saluant respectueusement les bonzes parmi lesquels certains ont, d’après l’AFP, également éclaté en sanglots. «Longue vie à Aung San Suu Kyi, qu’elle soit libérée bientôt», ont scandé ensuite des civils qui défilaient avec les moines.
«Alors que le mouvement de protestation s’intensifie, la junte essaie d’apaiser les moines et les manifestants, et de diminuer ainsi la tension», a commenté Aung Thu Nyein, analyste birman exilé en Thaïlande.

La montée en puissance, les violences visibles et les autres...
Après la rencontre d’Aung San Suu Kyi, le pacifisme des démonstrations est resté, mais non l’apaisement – au sens espéré de «démobilisation» –, 3 000 personnes dans les rues à Rangoun les 21 et 22 septembre, 30 000 le 23, 100 000 le 24, 25, 26... Les avertissements du régime sur la sévérité des sanctions n’ont arrêté personne, et les manifestants n’ont donné aucun prétexte à une répression. Celle-ci a quand même commencé le 26 septembre par des coups de matraques, des bombes lacrymogènes. Et même des tirs à balles réelles, qui se sont intensifiés le 27 septembre ; exemple, cette «balle perdue» en plein cœur du journaliste japonais Kenji Nagai, dont une vidéo montre qu’elle a été tirée à bout portant par un militaire alors que le journaliste était à terre et tentait d’attraper sa caméra.
Le bilan officiel est aujourd’hui d’une dizaine de morts, ce dont doutent la plupart des diplomates à voix basse, et le Premier ministre anglais Gordon Brown à voix haute.
Plusieurs monastères à Rangoun ont été attaqués par l’armée, comme celui de Ngwekyaryan envahi par les forces de sécurité dans la nuit du 26 au 27 septembre ; une centaine de moines y ont été violemment arrêtés et n’ont pas été revus.
La même nuit, des responsables de la Ligue Nationale pour la Démocratie, le parti d’Aung San Suu Kyi, ont également été arrêtés.
Des témoins ont dit avoir ensuite vu de nombreux camions militaires chargés de moines quittant Rangoun vers une direction inconnue.
Avec le risque d’un bain de sang malgré la pression internationale, la peur semble avoir gagné les manifestants, qui, si dans le meilleur des cas étaient simplement arrêtés, risqueraient la torture et des dizaines d’années de prison. Samedi dernier, ils n’étaient plus que quelques centaines dans les rues de Rangoun, dont le centre-ville était quadrillé par l’armée, à manifester pacifiquement malgré les coups de matraques.


La stratégie de l'isolement
L’inquiétude principale des défenseurs de la cause démocratique birmane en exil est le risque d’isolement du pays. Cet isolement avait permis les massacres de 1988 dont la nouvelle n’a été diffusée que bien plus tard. Cette même philosophie du retranchement a conduit au déplacement de la capitale à Pyinmana, au Nord et dans les terres, avec comme volonté l’éloignement des côtes et la prévention d’un blocage du pays en cas de soulèvement populaire.
Les militaires birmans auxquels font face les manifestants sont des jeunes recrutés dans les campagnes et qu’on forme à penser qu’ils font partie d’une élite, contre laquelle toute attaque signifie le risque de chaos pour le pays. Le fait que l’armée ait pu tirer sur des moines désarmés alors qu’ils avaient été les seuls relativement épargnés lors du soulèvement de 1988 en dit long sur les actions extrêmes auxquelles la junte militaire est prête à  se livrer.
À partir du 28 septembre, toutes les communications Internet ont été bloquées par la junte, qui a tenté de le justifier par des problèmes techniques sur un câble sous-marin.


«Il y a urgence à aider les journalistes birmans et étrangers afin qu’ils puissent continuer d’accomplir leur devoir d’information. Ce régime est criminel, comme en témoigne l’assassinat du vidéoreporter japonais, et tente par tous les moyens de créer une situation de huis clos. La répression qui s’accompagne de dizaines de morts et de centaines, voire de milliers d’arrestations s’accélère, mais le flot d’informations se tarit. La communauté internationale doit se mobiliser aujourd’hui pour empêcher ce black-out de l’information», affirment Reporters sans frontières et la Burma Media Association.
D’après Reporters sans frontières, des journalistes présents à Rangoun trouvent pratiquement impossible d’accéder au centre ville. Plusieurs publications birmanes ont d’autre part fermé après avoir refusé de publier des articles de propagande. Leurs responsables ont expliqué que le public ne trouverait aucun intérêt à acheter des publications qui ne pourraient pas parler des manifestations.


Réactions internationales inquiètes
L’isolement faisant le jeu de la dictature, l’idée de sanctions contre la Birmanie est accueillie froidement par les démocrates birmans eux-mêmes, qui considèrent que celles-ci ne nuiraient qu’au peuple et pas à la junte militaire ; cette dernière trouverait toujours dans la corruption et les accords avec le régime chinois de quoi se maintenir. L’idée d’une médiation, comme celle engagée samedi 29 septembre par l’émissaire de l’ONU, le Nigérian Ibrahim Gambari, pourrait être plus porteuse et offrir une porte de sortie à la junte. Le rapporteur spécial de l’ONU pour la Birmanie, Paulo Sergio Pinheiro estime dans le même ordre d’idées que les manifestations en Birmanie peuvent mener à une évolution positive du régime, si la communauté internationale privilégie le dialogue avec les autorités plutôt que les menaces.


La pression est là cependant : les États-Unis ont gelé les comptes en banques sur leur territoire des membres de la junte et interdit de visa une quarantaine de ses membres.
La France a, elle, indiqué multiplier les démarches auprès de la Russie, de la Chine et de nombreuses capitales asiatiques, pour qu’elles exercent des pressions afin que la junte birmane cesse la répression, ce que la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a relayé en appelant à la responsabilité des pays voisins de la Birmanie, citant notamment «la Chine mais aussi l’Inde et les pays de l’ASEAN».
La Russie par contre, ne décolle pas de son jugement qu’il s’agit d’un «problème intérieur birman», et la Chine, tout en appelant à la retenue de toutes les parties, refuse de condamner la répression.

La Chine en arbitre
C’est que la Birmanie est une pièce importante sur l’échiquier stratégique chinois : par l’intermédiaire des groupes sino-birmans Wa, issus de l’ex-parti communiste birman, le régime communiste chinois a un point d’entrée au Nord-Est du pays, un relais d’influence intérieur qu’il cultive depuis des années. Plus généralement, la Birmanie est pour le régime chinois une protection contre l’Inde et une voie d’accès privilégiée vers l’océan Indien. Juste après les massacres de la place Tian An Men en 1989, Pékin et Rangoun ont dans ce cadre négocié un accord à un milliard et demi de dollars pour l’implantation de radars et de systèmes de communications sur le sol birman, puis pour des bases d’interceptions de signaux sur des îles birmanes, donnant au régime chinois des oreilles sur le trafic maritime régional, ainsi que sur l’Inde, la Thaïlande et le Bangladesh.


La junte birmane bénéficie donc du soutien sans faille du parti communiste chinois qui ne pourra envisager de participer à une solution de médiation que s’il est sûr de pouvoir garder le contrôle sur la Birmanie. Les activistes birmans en Occident ne s’y trompent pas, comme le «collectif 8888» aux États-Unis qui considère la Chine comme directement responsable de la mort de moines et la déclare «ennemi n°1», en appelant au boycott des Jeux Olympiques 2008.





Digg!Reddit!Del.icio.us!Google!Live!Facebook!Slashdot!Netscape!Technorati!StumbleUpon!Spurl!Wists!Simpy!Newsvine!Blinklist!Furl!Fark!Blogmarks!Yahoo!Smarking!Netvouz!Shadows!RawSugar!Ma.gnolia!PlugIM!Squidoo!BlogMemes!FeedMeLinks!BlinkBits!Tailrank!linkaGoGo!



 
< Précédent   Suivant >
Nos derniers articles

Recevez $20 en clicks CADEAUX pour votre publicité !

Recevez $20 en clicks CADEAUX pour votre publicité !

Recevez $20 en clicks CADEAUX pour votre publicité !

Cached by PHP-Hypercacher