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La campagne qui fait scandale en Italie. (Andreas Solaro/AFP) Le célèbre photographe Oliviero Toscani a une nouvelle fois choqué l’Italie en présentant le mardi 25 septembre 2007 sa campagne contre l’anorexie. Sur ces affiches, Isabelle Caro, une jeune comédienne française de 25 ans prête son image pour lutter contre la maladie dont elle est atteinte depuis l’âge de 13 ans. A travers la diffusion du slogan «No Anorexia», le photographe tente d’alerter l’opinion publique sur une nouvelle tendance qui gagne du terrain : le phénomène des «Pro-ana». Arrivé aux États-Unis au début de ce siècle, ce dernier n’a cessé de se répandre à travers le monde par l’intermédiaire d’internet et de certaines stars hollywoodiennes dont Nicole Richie, la célèbre fille de Lionel Richie, Paris Hilton, petite-fille du fondateur des hôtels Hilton, les jumelles Olsen (en particulier une) ou encore d’autres célèbres autres mannequins. Mais quelle est ce phénomène ? Qu’est ce qui pousse des milliers de filles a y tomber ? Quelles en sont les conséquences ?
Un mode de vie dangereux
Le mouvement pro-ana est un mouvement d’anorexiques considérant que leur maladie n’en est pas une mais plutôt un mode de vie. Les filles adhérant à ce courant peuvent se reconnaître à l’aide d’un fin bracelet rouge mais partagent leurs expériences le plus souvent à travers chat et blog internet. Malgré la prise de conscience des autorités et leur volonté de désactiver les sites prônant ce mode de vie, il est assez facile de les retrouver en tapant certains mot clé sur un moteur de recherche. En faisant une recherche sur Internet, on est rapidement orienté vers ces sites fermés initialement puis recréés ailleurs.
Ainsi, on peut y lire beaucoup de témoignages. Dinavida, une internaute partage son expérience : «une fois qu’ Ana (personnification de l’anorexie) est en nous, il est difficile de s’en défaire», elle avoue même : «je fais partie de plusieurs forum prônant l’anorexie, parce que maintenant sans Ana, je me sens perdue». Ces blogs fleurissant, le député Francois Vannson proposa le 26 février 2007 la loi suivante : «Est prohibée la diffusion des sites Internet promouvant, incitant et encourageant les adolescents à devenir anorexiques». En effet, pour lui, «nous devons réagir ; car la vie d’adolescents est en jeu. Il s’agit là d’un sujet extrêmement grave face auquel on ne peut laisser une telle dérive prendre le pas».
L’ampleur de ce phénomène est tel qu’un autre mouvement s’est lancé en parallèle : le mouvement des Pro-mia prônant la boulimie. Ainsi, une jeune fille témoigne : «Ana et Mia ont toujours été présentes, et quand je suis Chloé, elles s’expriment». Elle rajoute : «Ne me jugez pas, ce site est pro-ana, donc passez votre chemin si cela vous est intolérable».
Une maladie véhiculée par les figures de mode
Ana Carolina Ratson est peut-être la malheureuse ambassadrice des «Pro-ana». En effet, cette mannequin brésilienne de 18 ans, prêtant malgré elle son prénom à ce mouvement, est morte d’une infection généralisée le 15 novembre 2006 après avoir été hospitalisée trois semaines plus tôt pour une infection urinaire. Elle mesurait 1,74 m pour 40 kilos seulement. Sa tante Mirthes Reston, travaillant pour l’Equipe, l’une des plus grandes agences de mannequins du Brésil, déclara alors à la presse : «Elle n’avait aucune résistance et les médicaments ne faisaient plus d’effet en raison de son extrême faiblesse».
Mais après le décès de Luisel Ramos, une autre mannequin de 22 ans à qui l’on avait conseillé de maigrir pour devenir célèbre, Madrid fut la première à interdire aux mannequins dont la maigreur étaient «excessive» de défiler sur la passerelle Cibeles, grand rendez-vous mondial. Ainsi, cinq mannequins dont l’indice de masse corporelle (IMC) était inférieur à 18 ont été exclues. A noter que l’IMC d’une femme en bonne santé se situe entre 18,5 et 24,9, critère sanitaire de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le médecin espagnol chargé de cette affaire affirma qu’ «il ne faut pas que la jeunesse prenne comme exemple des modèles trop maigres».
Un combat pour la vie
Ainsi les médecins donnent l’alerte sur cette maladie qui progresse sans faire de bruit. En effet, selon le ministère de la Santé, 2 % des filles âgées de 12 à 18 ans serait atteintes de troubles anorexiques, parfois même à en mourir. L’association américaine de psychiatrie (DSMIV) qui penche depuis plus d’une trentaine d’année aux États-Unis sur les problèmes mentaux nous indique les deux grandes conséquences de cette maladie : les risques physiques dont la déshydratation, des désordres hormonaux, des déficits en minéraux essentiels et l’atteinte des organes vitaux ; les troubles psychiatriques tel que la dépression, l’anxiété, la dépendance aux drogues et à l’alcool, des troubles de l’obsession et des tendances suicidaires.
Isabelle Caro donne un joli message d’espoir à toutes les personnes atteintes de cette maladie : «Je me bats pour la vie, même si elle est peut-être dure, elle vaut la peine d’être vécue». Elle ajoute : «Il est dans mon devoir de montrer jusqu’où cette maladie peut mener et j’espère que cela va faire réagir de nombreuses jeunes filles commençant un régime».
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